Jeux

John Carpenter’s Toxic Commando

FPS | Edité par Focus Entertainment | Développé par Saber Interactive

7/10
One : 12 March 2026 Series X/S : 12 March 2026
11.03.2026 à 18h00 par

Test : John Carpenter's Toxic Commando sur Xbox

Tous ensemble pour éradiquer la menace zombie

Nous y voilà : après un premier essai plus ou moins convaincant au cours de la Gamescom de 2025, nous avons pu mettre les mains sur John Carpenter’s Toxic Commando, un FPS coopératif où quatre joueurs doivent faire équipe pour affronter une énième menace zombie. Le postulat sent le réchauffé, le déjà-vu, manque peut-être même d’originalité, et pourtant quand nous avons saisi notre manette entre nos mains et que nous sommes partis en guerre, on s’est vite rendu compte que le jeu de Saber Interactive n’était pas dénué de qualités, que du contraire. Explications musclées.

La cinématique d’introduction du jeu – qui débute même avant votre arrivée dans les menus – donne le ton. Une escouade de quatre mercenaires se trouve au volant d’une jeep et a accepté une mission d’apparence très simple : transporter un colis d’un point A à un point B sans poser de questions, le tout pour la modique somme de 250 000 dollars chacun. Alléchant, tout du moins au départ. En effet, dès son arrivée face au gigantesque mur qui encercle une zone ayant subi une catastrophe bien mystérieuse, l’escouade se rend compte, en pénétrant dans un tunnel que quelque chose cloche. Ni l’une ni l’autre, une créature explosive se jette sous les pneus du véhicule qui s’immobilise. C’est à ce moment que démarre alors l’aventure, avec un tutoriel pour bien comprendre le principe du jeu.

Toxic Commando 3

Nos premiers pas – dans le tunnel précédemment cité – nous permettent de prendre la mesure des possibilités offertes ici. FPS classique d’apparence, John Carpenter’s Toxic Commando nous offre une maniabilité intuitive et facile à prendre en main qui ne perturbera pas ceux et celles qui sont adeptes de ce genre de jeu. On porte deux ou trois armes, on vise avec une gâchette et tire avec l’autre, on dispose d’une attaque au corps-à-corps, d’un accessoire, de soins et de la possibilité de sprinter, sauter, s’accroupir. Des possibilités que l’on retrouve couramment dans un FPS et qui s’avèrent ici tout à fait efficaces et pertinentes. Après avoir récupéré l’un ou l’autre objet, les premiers ennemis surgissent.

Ces zombies ne nous opposent forcément aucune résistance puisqu’ils sont lents et peu nombreux. Malgré tout, cette première approche procure d’excellentes sensations quant au feeling des armes. La percussion des tirs, le recul de l’arme automatique ou encore les bruits des détonations sont autant d’éléments qui nous ont semblé d’excellente facture. Saber est un studio qui a développé de nombreux jeux de tir et il est clair que l’expérience engrangée sur les projets précédents se ressent dans celui-ci.

Ce tutoriel nous offre également l’opportunité de découvrir plusieurs subtilités offertes par le jeu, ce qui lui permet d’ailleurs de se démarquer de la concurrence. On commence avec le véhicule, qui occupe une place importante dans nos déplacements. Outre le fait que l’on peut se déplacer plus rapidement (et accessoirement écraser la menace qui se dresse sur notre route), il est également équipé d’un treuil qui peut être accroché à différents éléments de décor. Cela peut servir à ouvrir des portes ou des bâtiments fermés, ou à trouver du butin.

Parmi les trouvailles que l’on peut faire se trouve d’ailleurs l’un des éléments essentiels du jeu : les pièces détachées. Ces pièces, vitales, vont vous permettre de débloquer des armes, de l’équipement mais aussi et surtout de construire / réparer des éléments de défense pour les petites bases que vous devez protéger des assauts répétés de vos ennemis. L’intérêt de tout cela ? Il est double. Non seulement, cela vous facilite la vie au cours de vos missions, ce qui n’est déjà pas négligeable en soi, mais en plus cela pousse les joueurs à explorer les cartes. Malin.

L’exploration, justement, parlons-en. John Carpenter’s Toxic Commando dispose, au lancement, de huit missions scénarisées. C’est peu. Mais ce qui est intéressant c’est que chaque mission jouée se déroule sur une carte qui est générée aléatoirement par le jeu. Cela signifie donc concrètement que deux parties ne peuvent pas se ressembler, en dépit d’un objectif qui reste inchangé. C’est franchement astucieux et cela repousse le sentiment de redondance qui est inhérent à ce type de jeu.

Une fois sur la carte en question (que vous pouvez consulter en appuyant sur une simple touche), vous constatez qu’il y a l’objectif à atteindre, mais aussi et surtout toute une série d’éléments visibles différents. Cela peut être la présence d’un véhicule, d’une cache d’armes, mais aussi de points mystérieux représentés par un point d’interrogation. Ajoutez à cela des pastilles spécifiques au jeu, et vous obtenez là un cocktail varié et intéressant de choses à découvrir. Vous l’avez donc compris : John Carpenter’s Toxic Commando est un titre qui vous pousse à explorer l’environnement dans lequel vous évoluez. On peut même franchement avancer qu’il est nécessaire d’en faire le tour au risque de se retrouver en fin de mission dans l’incapacité de repousser les ennemis que vous devez affronter.

Toxic Commando 2

En termes de structure, les missions vous imposent des objectifs variés que vous pouvez atteindre en passant par des étapes intermédiaires. Globalement, même si ces dernières sont sensiblement différentes, on peut tout de même dire que la structure reste similaire. C’est donc du côté de l’exploration que les choses changent. Outre les armes et véhicules à récupérer,  John Carpenter’s Toxic Commando vous invite à fouiller les lieux afin de glaner des monnaies qui peuvent être employés une fois de retour dans le HUB où vous vous préparez entre les différentes missions.  C’est d’ailleurs là, à cet endroit (qui prend l’allure d’une base ouverte), que vous pouvez personnaliser l’aspect de votre personnage et de votre arsenal. Plus intéressant, c’est là aussi que vous pouvez améliorer vos armes en achetant des accessoires (viseur, bouche, crosse, chargeur…) qui vont considérablement booster votre équipement. Une étape que l’on ne doit pas négliger et qui, encore une fois, vous pousse à l’exploration.

Venons-en maintenant au gameplay à proprement parler. Au-delà de l’aspect classique précédemment expliqué, John Carpenter’s Toxic Commando vous offre l’opportunité de sélectionner une classe parmi les quatre proposées. Évidemment, en fonction de celle choisie, vous disposez d’un pouvoir particulier ainsi que d’un arbre à talents qui vous permet de booster vos compétences de manière active et/ou passive. Pour débloquer des points à employer dans l’arbre en question, vous devez évidemment passer de niveau, ce qui ne pourra se faire qu’en jouant, tuant des ennemis et accomplissant des objectifs. La montée en puissance de votre personnage est bien réelle et l’on voit la différence assez rapidement.

Par contre, comme dans tous les jeux de ce genre, c’est la répétition des mêmes missions qui vous pousse à faire évoluer votre personnage qui, une fois bien équipé, s’en sortira bien dans les difficultés supérieures (4 difficultés au total). Ce principe crée forcément de la redondance – qui est atténuée par les cartes générées aléatoirement – et une répétition qui ne sont pas du gout de tout le monde. Heureusement pour les joueurs, en changeant de classe, il est toujours possible de renouveler l’expérience. Ces classes sont d’ailleurs amenées à fonctionner en synergie et ont été construites pour être complémentaires. Non seulement, cela fonctionne sur papier, mais c’est aussi terriblement vrai sur le champ de bataille. On profite d’ailleurs de l’occasion pour rappeler que John Carpenter’s Toxic Commando est un jeu pensé pour être joué avec des joueurs. Si vous souhaitez le faire en solo, c’est faisable, évidemment, mais on peut vous garantir que l’IA (bien que relativement réactive) manque parfois d’intelligence. On a également eu l’impression, à certains moments, d’être la cible privilégiée des adversaires, ce qui est toujours ennuyant.

Toxic Commando 1

Du côté du bestiaire, John Carpenter’s Toxic Commando joue aussi la carte de la simplicité avec des zombies en veux-tu en voilà. On retrouve également des créatures aux capacités plus spécifiques (comme dans Back 4 Blood ou Left 4 Dead) : agripper un allié, le plaquer au sol, attaquer à distance, se faire exploser à notre contact… Véritables menaces, ces monstres doivent être identifiés et éliminés le plus rapidement possible au risque de poser de réels problèmes à notre escouade. Plus intéressantes, certaines créatures – comme les plantes par exemple – sont nettement plus créatives. On peut également saluer la présence de (petits) boss ou encore de ces vagues d’ennemis à éliminer qui n’ont rien à envier à World War Z. Bref, un panel de possibilités et de menaces qui nous tiennent en haleine et qui nous placent sous tension. C’est d’autant plus vrai avec la difficulté sélectionnée qui peut rendre votre séjour particulièrement ardu. Comme dit précédemment, la gestion de vos déplacements et de l’escouade est une priorité qu’il ne faut absolument pas négliger.

Du côté de la technique, John Carpenter’s Toxic Commando est un titre qui se montre solide mais qui ne parvient jamais à nous décrocher la mâchoire. L’expérience est fluide, assez agréable à regarder, mais on ne peut pas s’empêcher de constater certaines textures baveuses ou certains éléments qui dénotent. Cela étant, le jeu compense cela par des cartes semiouvertes ainsi que par un grand nombre d’ennemis à l’écran. Un choix cohérent et pertinent qui a du sens avec l’expérience viséeEn termes de direction artistique, par contre, c’est un peu moins excitant dans la mesure où le jeu se montre relativement terne. Même son de cloche du côté du bestiaire et du visuel des quatre membres de l’escouade qui sont, au final, assez génériques. Enfin, sur la partie sonore, comme on vous l’a dit précédemment, tout ce qui concerne les bruitages des armes est d’excellente facture. Les doublages, exclusivement en anglais, le sont tout autant, tandis que la musique s’inscrit parfaitement dans cette œuvre qui nous envoie directement dans les films des années 80. On retrouve donc des sonorités tout à fait en accord avec cette ambiance, ce qui nous convient parfaitement.

7/10
Avec ses cartes générées aléatoirement, sa tension omniprésente et une bonne petite équipe de quatre joueurs, John Carpenter’s Toxic Commando pourrait parfaitement se faire une place dans le milieu déjà bien chargé des FPS coopératifs multijoueur. Évidemment, il faut faire une croix sur l’IA trop peu réactive ou encore sur la boucle de gameplay qui reste répétitive. Mais heureusement, tout cela est contrebalancé par des éléments des plus intéressants comme les différentes classes et leur arbre de talents respectifs ainsi que le sentiment de montée en puissance qui reste satisfaisant. Pari réussi pour Saber Interactive qui nous livre, une nouvelle fois, un jeu d’action de qualité.

+

  • Arbres de talents intéressants ;
  • Véritable montée en puissance ;
  • Feeling des armes au top ;
  • Gameplay simple et intuitif ;
  • Coopération inévitable ;
  • Cartes générées aléatoirement ;
  • Fun et drôle.

-

    • Techniquement correct mais sans plus ;
    • Répétition inhérente au genre ;
    • Peu de missions ;
    • IA limitée ;
    • Parfois trop sage.