Jeux

Ken le Survivant : Fist of the North Star

Beat them'all | Edité par Koei

2/5
360 : 05 novembre 2010
21.01 à 09h38 par - Rédacteur en Chef |Source : http://xbox-mag.net/

Test : Ken le Survivant : Fist of the North Star sur Xbox 360

L'arrivée d'une adaptation vidéoludique des aventures de l'homme aux sept cicatrices a toujours quelque chose de particulier. Entre nostalgie et crainte de voir une nouvelle fois ce prestigieux nom se fendre d'une production morte avant de le savoir, c'est les mains moites et le corps tremblotant que l'on se lance dans Fist of the North Star : Ken's rage. Car derrière ce jeu se cache le développeur Koei, dont la longue liste de beat'em all est adulée par certains autant qu'elle est détestée par d'autres. Sera-t-il la bonne étoile de Ken ?

Nanto de fourrure et hauts couteaux

Après Gundam et ses mechas, c’est au tour d’une autre licence prestigieuse tout droit sortie du Japon d’intégrer la grande famille des Musou, connus chez nous comme Dynasty Warriors. Ces beat’em all ultra bourrins, véritables chants à la gloire du matraquage de boutons, sont devenus les fers de lance des studios Koei. Jouissant d’une communauté de fans acquise à ce concept, le développeur nippon a créé la surprise en annonçant Fist of the North Star : Ken’s rage. Pour celles et ceux qui auraient vécu dans une grotte népalaise ces dernières années ou, vous êtes excusés, trop jeunes pour avoir vécu son avènement, c’est du manga Hokuto no Ken (Ken le survivant chez nous) que ce Fist of the North Star est adapté. Une œuvre profonde sur fond de monde post-apocalyptique, vite conspuée dans nos contrées à cause de son caractère (très) violent. Matériau de base inspirant une certaine brutalité, genre qui réside sur la castagne pure et dure… l’addition semble créée pour donner un résultat parfait. Mais est-il seulement suffisant pour rendre hommage à une licence culte comme celle-ci ? Le titre s’ouvre sur une cinématique qui ne manquera pas de hérisser le poil de plus d’un joueur, tant elle renvoie aux bons souvenirs passés à suivre les aventures de Kenshirô. Un petit tour dans les options pour voir avec plaisir qu’il est possible de conserver les voix japonaises, de régler le niveau de violence (couleur du sang essentiellement) et le niveau de difficulté. On retrouve également une partie du menu dédiée aux statistiques de jeu mais aussi et surtout faisant office d’encyclopédie sur le monde de Ken, à l’image de ce que l’on retrouve dans de nombreux Dynasty Warriors. Un ajout appréciable qui permettra aux néophytes d’en apprendre un peu plus sur les personnages de cette histoire, même s’il serait dommage de découvrir l’œuvre de cette façon uniquement. Il est désormais temps de se lancer dans la légende de Ken, seul mode présent au début du jeu, et qui par la suite s’enrichira rapidement d’autres contenus.



De sa première apparition face à Zeed jusqu’à l’affrontement final contre le colosse Raoh, sans oublier ses retrouvailles avec Shin et les autres maitres du Nanto, rien n’a été mis de côté. L’œuvre est respectée du mieux possible. Certains dialogues sont fidèlement retranscrits et la modélisation des personnages se veut elle aussi convaincante, à l’exception peut-être des costumes hors-sujet et de Mamiya, qui illustre à merveille la récente fusion des studios Koei et Tecmo (Dead or alive). La narration cependant est réduite à son plus simple appareil. Avec un bref résumé des faits sur fond d’images fixes, entrecoupées de quelques échanges verbaux entre les personnages principaux, ici on fait dans le minimalisme. En dépit de cette simplicité, cela suffit à placer correctement les éléments importants du scénario et introduire au fur et à mesure l’histoire de ces personnages ô combien charismatiques. Une bonne partie des figures de Hokuto No Ken seront d’ailleurs jouables, en l’occurrence Rei, Mamiya, Shin, Toki, Souther, Jagi et bien entendu Raoh. C’est bien moins important que ce à quoi Koei nous habitue et certains manques, comme Yuda, déçoivent un peu. Malgré tout, chaque personnage se veut différent à jouer de l’autre et chacun bénéficie d’un bon traitement quant à son intégration dans l’histoire.

Mais place avant tout à notre héros et son aventure, longue de quatorze chapitres, pour une durée avoisinant les sept heures en ligne droite (et bien plus si l’on s’attèle à remplir les objectifs secondaires). Une histoire qui se vivra dans un monde post-apocalyptique du début à la fin, pour le meilleur et pour le pire. Graphiquement, rien de bien intéressant à l’horizon, les environnements sont vides et redondants, oscillants entre plaines, villes et quelques rares intérieurs. On reste globalement sur une qualité supérieure à ce que propose d’ordinaire Koei, mais loin, très loin des références du genre. Des références que Fist of the North Star semble tenté d’approcher, ce mode histoire se définissant beaucoup plus, dans ses mécaniques, comme un beat’em all classique plutôt qu’un Dynasty Warriors. Enfin du nouveau serait-on tenté de dire. Oui mais dans un secteur hautement concurrentiel comme celui-ci, Ken va avoir du mal à tenir la cadence.

Une étoile du nord un peu trop à l’ouest

Le mode Légende se déroule donc simplement comme un « battez les tous » ordinaire : on avance et on frappe jusqu’à affronter le boss qui marque la fin du niveau. Le souci, outre la platitude du level design, c’est que le fond est relativement pauvre et sans ambitions. Les attaques de base sont très peu nombreuses (bien que la technique soit au rendez-vous et permette des enchainements infinis) et surtout, marquées par un effet très mal senti de ralentissement volontaire, et ce à chaque coup porté. Le temps d’arrêt est variable, jusqu’à près d’une demi-seconde lors de coups puissants, ce qui résulte d’affrontements hachés en plus d’un rythme très étrange, en opposition totale avec la nervosité du genre. De plus, Ken est très lent, autant dans ses déplacements que dans ses attaques. Un vrai papy.

Heureusement, les combats rapportent des points de compétences qu’il est possible d’échanger entre chaque niveau contre différentes améliorations : puissance d’attaque, défense, aptitudes spéciales, combos améliorés etc. Le système est bien pensé, les améliorations sont nombreuses et le tout ajoute une petite touche de personnalisation qui se révèle appréciable et addictive. Cet arbre des compétences permet également d’améliorer ses attaques spéciales et d’en débloquer de nouvelles. Ces techniques, inspirées de celles du manga, parviennent à apporter une pointe de rythme et sont d’autant plus jouissives qu’elles touchent la fibre nostalgique. Frapper l’adversaire avec une pluie de coups de poing tel que le faisait Ken dans l’animé apporte un agréable sentiment de puissance. Un sentiment qui se décuple pendant les combats face aux boss en un contre un, et qui s’achèvent toujours sur un Quick Time Event illustrant le déchainement de Ken. On regrettera tout de même l’absence de mise en scène forte pouvant apporter des moments épiques comme dans l’œuvre originale. La progression est donc globalement lente, et d’autant plus frustrante que Fist of the North Star est un comble pour un jeu de la famille des Warriors de Koei : il y a trop peu d’ennemis. On se retrouve très souvent à combattre des groupes de moins de dix vilains, ainsi qu’à courir après les deux derniers pour permettre à une porte de s’ouvrir et d’avancer. Le pire étant que Ken ne dispose que de peu d’attaques de zone et à la porté très réduite. Tout ceci accentue la lourdeur du tout et donne même un intérêt capital au taunt (provocation) : il permet de faire se regrouper les ennemis et de les éliminer plus rapidement. Koei avait-il conscience des soucis de rythme que créerait cet aspect ?



Mais ne perdez pas espoir, nous avons seulement évoqué le mode histoire avec Ken. Certes il est le plus long et est celui qui donne son sens au scénario mais contre toute attente, c’est dans les autres personnages et les autres modes de jeu que Fist of the North Star se sauve du naufrage. Paradoxalement, le maillon faible du jeu est son propre héros ! Les autres, jouables pour certains en mode Légende, offrent un gameplay plus souple, plus vif comme Rei ou Toki, ou brutal et jouissif comme Raoh. La progression gagne en rythme ce qu’elle perd en nostalgie et Fist of the North Star se révèle, même s’il reste très loin des références du genre, plutôt agréable à jouer. Et si vous évoluez un peu avec Ken en mode Légende, vous débloquerez rapidement le mode Fiction. Mettant en scène ces mêmes protagonistes dans des scénarios parallèles, ce mode tend à se rapprocher de ce qu’offrent les Dynasty Warriors : une grande carte avec des zones à contrôler, des lieutenants à abattre pour se hisser jusqu’au général et remporter la victoire. Un mode qui permet au jeu d’encaisser plus facilement la pauvreté de son level design, et qui surtout, introduit un plus grand nombre d’ennemis pour des missions plus courtes et mieux rythmées. Même avec Ken, ce mode est agréable et tous ces personnages et leurs modes de jeu respectifs offrent au final une bonne durée de vie au soft. A cela s’ajoute un Time Attack à l’occasion duquel il faudra éliminer le plus rapidement possible les boss du jeu pour voir son nom figurer sur les classements en ligne. Le tout est enrobé par des voix japonaises de grande qualité qui se mêlent à un fond musical discret mais efficace, quoiqu’un peu répétitif à la longue. Le contenu proposé est consistant mais il faudra donc garder à l’esprit que Fist of the North Star s’appréciera différemment que l’on soit habitué ou non des productions made in Koei. Mais d’un côté comme de l’autre, Fist of the North Star demeurera au mieux un jeu honnête, au pire une grande déception.

Les premières aventures de Kenshirô sur Xbox 360 ne parviennent pas à convaincre. Trop peu ambitieux pour être un bon beat'em all au sens propre, trop peu respectueux des attentes légitimes des fans pour être un bon Dynasty Warriors, le titre de Koei est assis entre deux chaises et ne parvient pas à faire son choix. Une incertitude communicative qui fait de ce jeu un titre qui s'appréciera à différents degrés sans jamais être l'hommage attendu à l'homme aux sept cicatrices.

+

  • Certains personnages intéressants à incarner
  • Le mode Fiction pour les amateurs de Dynasty Warriors et assimilés
  • Les voix japonaises
  • Bonne durée de vie
  • Respect du scénario

-

    • Ce qui n'est absolument pas le cas pour Kenshirô
    • Rythme trop lent et haché
    • Palette de coups limitée
    • Trop peu d'ennemis
    • Manque de moments épiques