Jeux

L.A. Noire

Action/Aventure | Edité par Rockstar Games | Développé par Team Bondi

4/5
360 : 20 mai 2011

Test : L.A. Noire sur Xbox 360

Quand Rockstar annonce un nouveau jeu, tous les regards sont tournés vers eux. Quand en plus ils annoncent placer le joueur dans la peau d’un enquêteur dans une ambiance proche des films « noirs », les langues commencent déjà à pendre. Si on rajoute en plus la promesse d’une grande liberté d’action et un grand souci du détail, forcement, L.A. Noire était attendu comme un prétendant au jeu de l’année. Au final, que vaut donc cette plongée dans les années 40 ?




Black and White


Nous sommes en 1947 à Los Angeles. Cole Phelps, ancien héros de guerre revenu d’Okinawa est aujourd’hui membre du service de l’ordre de la ville. Simple larbin à ses débuts, il va rapidement se retrouver propulsé sous les feux de la rampe grâce à l’enquête qui changera sa vie. Vous l’aurez compris, c’est vous qui dirigerez Cole Phelps au jour le jour. Si la possibilité de se balader librement dans toute la ville est présente, il vous incombera surtout de résoudre l’une après l’autre les 21 enquêtes qui constituent le cœur de l’histoire du jeu. Si au début, ces dernières sont simplistes et n’ont pas de lien entre elles, vous tomberez rapidement sur des affaires bien plus complexes et entremêlées. Sachez à ce sujet que l’équipe de la Team Bondi s’est grandement inspirée de faits divers réels d’époque. Il en résulte un vrai sentiment d’authenticité. D’ailleurs le studio ne s’est pas arrêté là dans son souci de retranscription des faits, et la cité des anges semble plus vraie que nature. Chaque lieu, chaque panneau d’affichage, chaque personnage, chaque voiture… tout a été modélisé avec le plus grand soin pour nous propulser quelques décennies en arrière. Même au niveau sonore, les musiques des autoradios sont d’époques.



Le travail de retranscription est véritablement remarquable, et est affiné grâce à un travail exemplaire au niveau de la modélisation des visages. Les différents protagonistes semblent plus vivants que jamais, et il est possible de décrypter leurs émotions rien qu’en les observant. Pour ce faire, la Team Bondi a mis au point un moteur de capture de mouvements basé sur de véritables acteurs. Les amateurs de séries TV seront ravis de reconnaître par exemple le Matt Parkman de Heroes ou le docteur Bishop de la série Fringe. On pourra toutefois regretter que malgré l’excellent doublage de rigueur, et comme toujours chez Rockstar, la version française se cantonne à des sous-titres partiels. Les amateurs de VO apprécieront, les autres risquent d’avoir du mal avec des dialogues sous titrés en pleine course poursuite, ou des dialogues de fond (un passant dans la rue par exemple) non traduits. De plus, il n’est pas rare que certains dialogues s’affichent trop rapidement pour avoir le temps de tout lire (syndrome Alpha Protocol). Heureusement, le jeu permet grâce à une fonction Mémo de garder l’historique des conversations importantes.

Elémentaire mon cher Phelps

Véritable cœur du jeu, les enquêtes constituent la partie la plus innovante. C’est aussi ici que la déception risque de pointer le bout de son museau. Vous pourrez donc visiter différents lieux, généralement dans l’ordre de votre choix, y récolter des indices, puis interroger les suspects. Le véritable problème, c’est qu’au final la linéarité est de mise. Contrairement à ce qu’on nous avait vendu – et conformément à ce que nous avions relevé lors de notre first-look – les enquêtes sont très rigides et ne peuvent êtres résolues que d’une seule façon. L’esprit d’initiative du joueur n’est que rarement sollicité, et vos seuls choix seront finalement portés sur l’ordre de visite des lieux. Une fois sur place, il y aura un certain nombre d’indices à trouver pour faire avancer l’enquête. Le jeu propose d’emblée des aides indiquant par des vibrations et des indications sonores envoyées au joueur qu’il se trouve près d’un indice ou qu’il en reste encore à trouver. S’il est possible de désactiver ces aides, le jeu n’est pas conçu pour, et le joueur se retrouve alors à marteler le bouton A un peu partout pour en trouver le maximum. Mais le plus frustrant reste les interrogatoires figés, puisqu’il n’incombe au joueur que de savoir si un témoin ment ou non, en lui présentant une preuve si nécessaire (Phoenix Wright es-tu là ?). D’ailleurs, même si on oublie des indices ou si les témoins sont mal interrogés, la résultat final de l’enquête n’en sera que peu ou prou modifié.



Concernant le reste du jeu, il lorgne là aussi dans le classicisme. Comme dans un GTA, il sera possible de réquisitionner n’importe quel véhicule pour explorer librement la ville, qui pour le coup est quand même gigantesque. Aller d’un bout à l’autre peut facilement prendre un bon quart d’heure. Ce sera d’ailleurs assez préjudiciable lorsqu’en route pour un lieu d’enquête, un appel de police vous demandera en renfort pour une fusillade à l’extrême opposée. Probablement consciente du phénomène, l’équipe en charge du jeu vous donnera la possibilité d’effectuer des voyages rapides en demandant à votre partenaire de conduire. Mais vu que la conduite est plutôt agréable (bien plus souple que dans GTA IV en tout cas) ce serait dommage d’en abuser, surtout que la ville contient pas mal de « collectables » à dénicher. Parmi les autres types de phases de jeu, il sera bien souvent nécessaire de courir après un suspect en fuite, d’en tabasser un ou encore mieux de jouer de la gâchette. Dans ce dernier cas de figure, les fusillades sont plutôt simples, vu qu’il suffit de rester à couvert et d’attendre le bon moment pour tirer en profitant d’une visée semi automatique. Heureusement finalement vu la faible réactivité du personnage quand il s’agit de se mouvoir ou de se mettre à couvert. D’ailleurs, à dire vrai, tout est un peu trop simple dans le jeu. On ne bloque jamais plus de quelques minutes, et même si une scène d’action devait vous mettre en échec, il est possible de la passer purement et simplement. On se laisse guider dans ces successions d’épreuves sensées ajouter de la variété, mais globalement, le jeu a tendance à trop se répéter, surtout dans les petits crimes de rues.

C’est reparti comme en 40

Si le constat parait à ce point plutôt négatif, il n’en est rien. Une fois la déception passée, on se prend tout de même au jeu. S’il n’est pas révolutionnaire, LA noire reste plutôt efficace, et ce en grande partie grâce à sa narration à toute épreuve. Les personnages sont comme toujours chez Rockstar profonds et loin des clichés pré-établis. Si l’ambiance générale n’est peut-être pas assez « Noire », elle accrochera tout de même le joueur grâce à des dialogues croustillants et souvent critiques vis-à-vis de la société de l’époque. En vérité L.A. Noire est un jeu d’aventure plutôt bien ficelé, mené par des personnages forts et une histoire qui tient la route. Malgré les tares du gameplay, ceux qui attendent avant tout d’être transportés dans une histoire palpitante seront pleinement comblés. Ils auront pour eux une longue quête d’environ 25 heures, qu’ils pourront tenter de recommencer pour décrocher les tant attendues 5 étoiles dans chaque enquête.



On en a déjà parlé, L.A. Noire a pour lui un très grand souci du détail. Graphiquement le jeu s’en sort plutôt bien, malgré un affichage parfois tardif des textures. On lui pardonnera toutefois cet écart vu la taille de la ville et un horizon relativement lointain. Le jeu propose un cycle jour/nuit et une légère gestion de la météo, même si ceux-ci n’auront pas grand impact sur la conduite. L’ambiance sonore est pour sa part de bonne qualité. On a déjà parlé des musiques et des doublages, mais les bruitages divers ne sont pas en reste, et sont particulièrement bien rendus avec une bonne installation 5.1.


http://www.dailymotion.com/video/xi0let

Décevant, LA noire l’est forcement. Sur le papier le jeu avait l’air révolutionnaire, mais dans les faits, le jeu se révèle bien trop classique. Les phases d’enquêtes, pas assez ouvertes, ne laissent pas assez de place à l’esprit d’analyse du joueur. Heureusement, le jeu se rattrape par un minutieux souci de reproduction historique et une écriture de grande classe (comme toujours chez Rockstar). Les amateurs de jeux d’aventure seront comblés. Dommage qu’au final LA Noire ne soit que cela, alors qu’il aurait pu être bien plus.

+

  • Très bonne ambiance sonore
  • Personnages non manichéens
  • Dialogues savoureux
  • Une ville immense
  • Modélisation faciale aux petits oignons
  • Background extrêmement recherché

-

    • Enquêtes trop dirigistes
    • Des quêtes secondaires redondantes
    • Maniabilité un peu rigide
    • Ambiance pas assez « Noire »
    • Pas de doublage français