Jeux

Little Nightmares 2

Aventure | Edité par Bandai Namco

4/5
One : 11 février 2021
12.02 à 14h43 par - Rédacteur

Test : Little Nightmares 2 sur Xbox One

Silence, ça tue

Près de quatre ans après l'arrivée du surprenant Little Nightmares, les Suédois de Tarsier Studios nous embarquent à nouveau dans une aventure aux frontières du réel. En reprenant les codes du premier épisode, ce nouveau titre va tout de même avoir la lourde mission de se renouveler pour conserver l'effet de surprise et éviter le déjà-vu. Les développeurs ont-ils réussi à réaliser un titre à la hauteur des nouvelles attentes suscitées par le succès du premier épisode ? Voici la réponse, sans trembler.

C’est reparti pour un tour. Comme si les développeurs de Tarsier Studios ne nous avaient pas suffisamment fait frissonner en 2017 avec un premier Little Nightmares, l’équipe suédoise nous propose de découvrir un deuxième épisode qui marche évidemment sur les traces du premier. Doté de mécaniques de gameplay très simples, Little Nightmares II nous propose de suivre les pérégrinations de Mono, un personnage au visage masqué par un sac en papier, dans une aventure qui se joue de façon très linéaire, dans des environnements en 3D que l’on parcoure en scrolling horizontal la plupart du temps. Petite nouveauté tout de même, les développeurs ont intégré un peu plus de profondeur à certains passages, laissant ainsi un rôle un peu plus important encore aux décors immenses, grandioses et pesants qui entourent Mono.

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Car la force première de Little Nightmares II, tout comme son prédécesseur, c’est de proposer un univers réellement atypique et difficilement comparable, si ce n’est peut-être à certaines œuvres de Tim Burton. Le jeu dispose d’une direction artistique hautement maitrisée, et de bout en bout, nous entrainant au milieu d’une forêt pour débuter, pour nous amener progressivement vers des environnements qui peuvent se révéler anxiogènes comme l’école, l’hôpital ou les rues balayées par une forte pluie, le tout renforcé par une surutilisation de teintes froides comme le bleu, une couleur que l’on associe souvent à la peur. L’univers propose ainsi une réelle diversité très appréciable, d’autant que les décors sont à la fois sobres, fournis et magnifiquement réalisés. Mono paraît régulièrement minuscule face au monde et aux ennemis qui l’entourent, ce qui renforce d’autant plus le sentiment de vulnérabilité de ce petit personnage attachant. Malgré quelques petits copiers/collers, les aménagements des zones explorées sont bien réalisés, généralement à l’aide de meubles ou d’éléments de décors très soignés. La musique quant à elle se fait discrète, souvent pour laisser la place à des bruits inquiétants, mais elle sait aussi s’imposer dans des moments cruciaux, en indiquant au joueur qu’il est temps de laisser tomber la petite balade tranquille pour passer aux choses sérieuses.

Et le gameplay n’est pas en reste. En reprenant les bases du premier épisode, Little Nightmares parvient à apporter quelques nouveautés et surtout à donner un vrai rythme dans ses phases de jeu. Entre énigmes, plateformes, exploration, infiltration et même courses-poursuites, tout est fait pour que l’on ne s’ennuie jamais. Les énigmes sont plutôt fidèles à ce que l’on a connu précédemment avec l’ajout néanmoins d’un compagnon de route qui va nous suivre durant une bonne partie de l’aventure et apporter son aide pour nous faire la courte-échelle ou contribuer à débloquer certains passages en poussant des objets impossible à déplacer seul par exemple. Tout reste très simple et ce second personnage, non jouable malheureusement, apporte un peu de profondeur à des phases qui ne sont jamais trop compliqué à résoudre. Du fait de son caractère linéaire, le jeu nous pose généralement dans une zone suffisamment restreinte pour nous obliger à faire fonctionner notre matière grise et à tâtonner sans jamais nous frustrer.

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De la frustration en revanche il peut y en avoir dans d’autres circonstances, comme durant l’utilisation d’une masse face à des ennemis qui ont tendance à feinter durant leur tentative d’agression envers Mono, ou pendant un passage très délicat qui nécessite de pointer une lampe torche vers des mannequins qui s’animent une fois la lumière éteinte. Une toute petite partie du jeu, mais qui fait perdre de longues minutes et parfois son calme. Heureusement les checkpoints sont souvent bien placés et permettent d’appréhender la majorité des passages délicats comme un bon vieux die’n'retry, forçant le joueur à recommencer parfois une grosse dizaine de fois avant de parvenir à trouver la bonne stratégie face à la situation qui pose problème. De quoi faire faire un joli bond à la durée de vie qui plafonne à une demi-douzaine d’heures pour venir à bout des cinq chapitres proposés.

Les phases d’infiltration quant à elle sont assez basiques mais s’apprécient bien entre deux moments un peu plus crispants. La jolie galerie d’ennemis apporte là aussi un peu de tension lorsqu’il s’agit de passer dans le dos d’un ennemi ou de trouver la cachette idéale pour éviter de se faire repérer. Les développeurs de Tarsier Studios ont également pensé à ajouter deux types de collectibles avec d’un côté des chapeaux à collectionner et à équiper, et des ombres dont la nature vous sera donnée au cours de l’aventure. Deux éléments qui poussent à étudier les chapitres dans les moindres recoins pour les joueurs qui aiment fouiner, et qui sont absolument facultatifs pour les autres. On termine avec les courses-poursuites, moments de forte intensité durant lesquels un, ou des, ennemi(s) vous poursuivent pour vous faire la peau et oblige à réagir rapidement face aux obstacles qui se dressent sur votre route. La piste musicale s’emballe et les éléments de décors s’animent sous l’épaisseur du danger qui approche pour en faire des passages qui mettent un bon coup d’adrénaline. Tous ces passages se goupillent assez bien, emballés dans un scénario sans aucun dialogue mais suffisamment puissant pour laisser le joueur avec des images plein la tête à la fin de son aventure.

4/5
On imaginait qu'il serait difficile de proposer une expérience renouvelée après le très bon Little Nightmares mais nos doutes se sont évaporés en quelques secondes seulement. Le nouveau projet de Tarsier Studios est une grande réussite sur bien des plans, et un savant mélange des genres qui permet au titre de ne jamais s'essouffler. Au delà de quelques passages un peu frustrants, Little Nightmares II procure des sensations de jeu intenses, couplées à une direction artistique absolument splendide. On en a encore quelques frissons rien que de le dire.

+

  • Ambiance glauque à souhaits
  • Galerie de personnages excellente
  • Mélange des genres très appréciables
  • Capable de faire monter le stress très vite

-

    • Mannequins de l'enfer un peu frustrants
    • Quelques chutes de framerates par endroit
    • Pas de vraie coop à deux joueurs