Jeux

Marathon

FPS | Edité par Sony Interactive | Développé par Bungie

8/10
One : 05 March 2026 Series X/S : 05 March 2026
16.03.2026 à 18h35 par

Test : Marathon sur Xbox

Un démarrage compliqué mais un potentiel évident

Plus de 30 longues années après la sortie du tout premier jeu, Marathon est ressuscité par Bungie, le studio à qui l’on doit Halo et Destiny. Un retour que l’on n’attendait pas forcément et qui s'est pourtant concrétisé au début du mois de mars avec l’arrivée d’un nouvel opus à destination des machines actuelles. Fini l’expérience solo, avec Marathon, Bungie s’attaque au FPS d’exfiltration, un genre spécifique qui ne s'adresse pas à tous les joueurs.

Marathon, c’est avant tout un jeu de science-fiction qui nous plonge dans un futur lointain. Le vaisseau éponyme n’a plus donné signe de vie pendant 100 ans avant de réapparaitre mystérieusement. C’est à ce moment-là que nos personnages – des coureurs – sont envoyés sur place. Leur mission ? Piller la colonie que devait créer / mettre en place le vaisseau qui gravite dans l’espace. Un objectif périlleux et dangereux qui ne plait pas à tout le monde et qui vous entrainera forcément vers la mort. Heureusement, si votre enveloppe charnelle est amenée à périr et disparaitre, vous pouvez transférer votre esprit dans un nouveau corps afin de repartir en missions autant de fois que vous le souhaitez. Un concept qui est au cœur même de l’expérience proposée par Bungie. Et soyons clairs : cette expérience ne plaira pas à tous les joueurs.

Comme n’importe quel jeu, Marathon débute avec une introduction qui nous plonge pleinement au cœur de son univers de science-fiction. Un univers qui intrigue, qui passionne même, et qui profite d’une présentation d’une rare efficacité, poussée par une direction artistique qui n’a nulle autre pareille et qui est portée par une bande-son fantastique (sur laquelle nous reviendrons un peu plus bas). Le lore, franchement complet, se développe au gré des missions que vous allez accomplir. Des vidéos, des interventions et surtout de (trop ?) nombreux textes vont venir compléter et approfondir l’univers dans lequel vous débarquez avec vos gros sabotsBien entendu, seuls les plus patients d’entre vous prendront le temps de lire les documents de ce jeu qui est, rappelons-le, exclusivement multijoueur. Ce choix, c’est ce qui explique cette structure éparpillée qui nous impose des contrats pour pouvoir comprendre le monde dans lequel nous nous trouvons. Malheureusement, en dépit d’un lore vraiment complet et complexe, on ne peut que regretter qu’il n’y ait pas davantage de possibilités pour le découvrir car le travail réalisé par le studio aurait mérité une véritable mise en lumière.

Marathon 3

Bref, l’introduction passée et la mise en contexte détaillée, c’est le moment de prendre les commandes de notre « runner » au travers d’un tutoriel assez court qui nous laisse découvrir le gameplay proposé par Bungie. FPS au sens classique du terme, on se retrouve donc à la première personne avec une maniabilité relativement simple qui n’est pas sans rappeler Destiny en un peu moins rapide. Ce n’est pas non plus le Master Chief et ses sauts lunaires, mais plutôt un mélange équilibré entre les deux précédentes propositions du studio. C’est nerveux, précis, et il ne faut que quelques minutes pour prendre en mains les commandes qui sont intuitives et naturelles, tout du moins si vous êtes un habitué des FPS. Évidemment, jeu d’exfiltration oblige, Marathon nous impose une gestion de l’inventaire qui n’est pas forcément évidente et qui, surtout, n’est pas détaillée ni suffisamment expliquée dans le tutoriel. C’est en mission et donc directement dans le grand bain que vous ferez vos armes, quitte à y laisser la vie, bien entendu.

Mais avant de se lancer vient le passage obligatoire et nécessaire de la préparation. Pour faire simple, avant de vous rendre sur la colonie, vous devez sélectionner l’équipement que vous allez embarquer au cours de votre mission. Au cours de la première partie, logiquement, vous partez avec le minimum que le jeu vous offre : une arme, quelques balles et des objets de soin (bouclier et vie). Et c’est à peu près tout. Le reste de votre arsenal (améliorations, armes, boost…), vous allez devoir vous le procurer en explorant les lieux. La petite subtilité de ce genre de jeu tient à votre capacité (ou non) à vous exfiltrer de là. En somme, si vous y parvenez, vous gardez tout ce que vous avez trouvé. Si vous mourez, par contre, vous perdez tout l’équipement que vous aviez embarqué. C’est punitif, terriblement frustrant parfois, mais cela va donner lieu à des moments de stress et, surtout, à des dilemmes. Faut-il continuer sa route et tenter d’atteindre l’objectif ? Vaut-il mieux battre en retraite et tenter de fuir la planète ? Dois-je essayer de compléter ma mission coute que coute ? Que veulent mes coéquipiers ? Tant d’interrogations potentielles auxquelles il faut répondre seul ou en équipe, tant de réponses qu’il faut trouver rapidement, au risque de se faire surprendre et de se faire tuer.

Autre point d’intérêt avant de partir en mission : les objectifs. Au fil de vos « runs », vous allez débloquer la possibilité de travailler pour la faction de votre choix. Concrètement, chacune d’entres elle vous propose une série d’objectifs à atteindre sur le terrain. Si vous y parvenez, vous gagnez de l’expérience qui vous permet de débloquer des récompenses, d’accéder à une armurerie de plus en plus complète et, surtout, d’acheter des bonus passifs qui peuvent vous aider lors de vos parties. Comme dans tout Roguelike qui se respecte, outre la progression de votre personnage que vous perdez une fois mort, vous avez ici la possibilité d’acheter des avantages qui persisteront d’une partie à l’autre. Ainsi, en ramenant suffisamment d’objets de vos pillages, vous engrangez de l’argent qui peut être employé pour peaufiner votre équipement et surtout vos compétences, ce qui n’est pas négligeable du tout puisque cela peut vous donner des avantages (sensibles mais drastiques) sur vos adversaires. Vous l’avez donc compris, plus vous jouez (et plus vous rentrez de mission), plus vous engrangez des bonus pour les parties suivantes. C’est ainsi que l’on parvient à devenir plus résistant, plus dangereux, ce qui est tout aussi vrai pour vos adversaires.

Marathon 2

Une fois votre objectif fixé et votre équipement fin prêt, vous êtes désormais parés à partir en mission. Chaque partie se joue à 3 et le chat vocal de proximité est largement conseillé par le jeu (tout comme l’utilisation du casque est dûment recommandée). Nous l’avons donc activé. Ensuite, et avant de rejoindre votre escouade, vous devez sélectionner une carte parmi les trois proposées (qui sont divisées selon la difficulté). Le peu de cartes proposées à la sortie du jeu est indéniablement l’un de ses plus gros points faibles. On sait que Marathon est pensé comme un jeu service, mais il faut tout de même reconnaitre que c’est très léger pour démarrer. Même si vous débutez à un endroit différent à chaque partie, vous finissez tout de même par arpenter assez vite les mêmes bâtiments, les mêmes cachettes, ce qui fait que le sentiment de redondance pointe le bout de son nez assez tôt dans le jeu.

Revenons maintenant sur les missions en question et sur le déroulement de cette dernière. Vous débutez donc à un endroit qui change à chaque run. Vous êtes déployés aux côtés de deux compagnons et il est possible de consulter une carte sommaire sur laquelle sont indiqués différents lieux. En vous mettant d’accord (en vocal ou à l’aide d’un ping), vous commencez alors à vous déplacer. Étant donné que la mort et la défaite sont synonymes de fin de mission et de la perte de votre équipement, la tension est directement bien présente. On avance alors vers l’objectif que nous nous sommes fixés et le pillage peut alors commencer. Fouille, déplacement, observation sont les mots-clés de votre avancée qui sera perturbée par deux types d’adversaires. D’une part, vous pourrez croiser d’autres équipes de joueurs qui ont le même objectif et qui se feront une joie de récupérer les objets que vous aurez déjà récupérés ou que vous avez embarqués avec vous au cours de la mission.

C’est là que l’on peut voir clairement se déployer les talents dont bénéficie chacune des classes présentes dans le titre. Marathon est un jeu qui reprend le principe du « hero shooter » qui a notamment été démocratisé par Blizzard. Chaque personnage, pour un total de 7 disponibles, dispose donc de ses propres capacitésallant du repérage d’ennemis à la possibilité de déployer un écran de fumée en passant par le piratage. Ajoutez à cela deux compétences passives et vous vous retrouvez avec un choix relativement étendu pour un lancement. Concrètement, dans le jeu, tout cela nous a semblé plutôt fonctionnel et cela n’a pas dénaturé du tout l’expérience, que du contraire.

Marathon 1

Là où les choses s’avèrent sensiblement plus complexes, c’est au niveau de la seconde menace : les droïdes. Vous l’avez peut-être vu dans les bandes-annonces, mais Marathon est un titre qui mêle PVP et PVE, ce qui signifie que vous allez devoir affronter les ennemis qui se trouvent sur place ou qui sont régulièrement envoyés sur le champ de bataille. Si, sur le principe, c’est une excellente idée, c’est aussi et surtout un véritable problème tant vos adversaires peuvent être excessivement puissants. Il nous est souvent arrivé de tomber sur un ennemi beaucoup trop fort pour nous qui a éliminé notre escouade en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. C’est forcément un choix des développeurs, mais en l’état, c’est surtout un réel souci pour les joueurs. C’est d’autant plus vrai que leur nombre est parfois disproportionné, que nous n’avons pas forcément le temps de fouiller le moindre bâtiment que nous sommes déjà encerclés.

Vous l’aurez compris, en l’état, Marathon n’est pas un jeu des plus accueillants et il est vraiment difficile de le recommander à des joueurs inexpérimentés (FPS ou jeu d’extraction). Dommage ! Ce constat, vraiment gênant vous l’avez compris, est contrebalancé par une réelle tension de tous les instants. Le fait d’entendre les tirs des ennemis retentir au loin crée forcément une appréhension. Le bruit des pas, au-dessus de vous ou de l’autre côté d’un mur, nous force à avancer prudemment, de peur d’être surpris. Cela donne lieu à des affrontements tendus, nerveux, poussés par le gameplay millimétré et maitrisé de Bungie.

Terminons, comme toujours, par un petit tour de la partie technique du jeu qui, ne tournons pas autour du pot, est franchement solide. Notre test, réalisé sur Xbox Series X, est un franc succès. Nos différentes parties se sont déroulées dans de parfaites conditions : fluidité à toute épreuve, réseau béton, aucun bug visible à l’écran ou qui vienne ternir l’expérience. De notre point de vue, c’est donc un sans-faute. Ce constat est tout aussi valable pour la direction artistique du titre de Bungie qui s’avère extrêmement réussie. Cela commence par l’introduction, cela se ressent dans les menus et tout au long des interactions que nous débloquons au fil de nos missions et cela se concrétise vraiment sur le champ de bataille avec des couleurs vives et « flashy », des éléments volants, des murs étranges, des bâtiments arrêtés en plein vol…

Bref, une direction artistique d’une rare originalité qui ne plaira pas à tout le monde, c’est une évidence, mais qui nous a franchement tapé dans l’œil et qui est d’une audace peu commune, surtout à l’heure actuelle. Et comme si cela ne suffisait pas, le travail réalisé sur la partie sonore est du même acabit. Il faut dire que les morceaux composés par Ryan Lott (Tell Me Why) sont d’excellente facture.  L’ambiance est soulignée et certains titres favorisent vraiment l’immersion dans l’univers proposé par le jeu de Bungie. Du grand art, vraiment.

8/10
Marathon est un jeu d’extraction, mais c’est aussi et surtout une expérience à part entière qui ne ressemble à aucune autre grâce à sa direction artistique, ses musiques et son lore exceptionnels. Le savoir-faire de Bungie en termes de gameplay est également l’un de ses atouts et on ne peut que regretter le peu de cartes proposées au lancement ainsi que la difficulté des combats PVE qui est excessive et frustrante. Au-delà de ça, si vous passez le côté répétitif, qui est inhérent au genre, vous avez là un titre singulier aux nombreuses qualités qui devrait se bonifier avec le temps, si on lui laisse l’occasion de le faire évidemment. C’est tout ce qu’on lui souhaite de notre côté…

+

  • Lore étendu ;
  • Maniabilité intuitive et efficace ;
  • Tension omniprésente ;
  • Techniquement irréprochable ;
  • Bande son exceptionnelle ;
  • Visuel original et audacieux ;
  • Affrontements réussis.

-

    • Peu de cartes ;
    • Enormément de lecture ;
    • Parfois frustrant ;
    • IA beaucoup trop forte.