Test : MARVEL MaXimum Collection sur
Un MaXimum de jeux moyens
La première chose à analyser sur ce genre de compilation c’est bien évidemment l’interface qui permet d’accéder à chaque des jeux présents. Au total ce sont six titres rattachés à l’univers de la Marvel qui sont disponibles, avec X-Men: The Arcade Game, Captain America and the Avengers, Spider-Man and the X-Men: Arcade’s Revenge, Spider-Man and Venom: Maximum Carnage, Venom/Spider-Man: Separation Anxiety et Silver Surfer. Six titres, parfois déclinés dans différentes versions en fonction des machines où ils sont sortis, ce qui nous permet d’accéder en réalité à 13 jeux plus ou moins différents. On peut tout de même se demander pourquoi Marvel Super Heroes: War of the Gems (Super Nintendo, 1996) n’a pas été intégré même si on imagine que Capcom n’a pas souhaité cédé ses droits.
Comme souvent avec ce genre de collection, les développeurs américains de Limited Run Games ont soigné leur galerie bonus avec la présence d’un lecteur de musique et des archives contenant des publicités papier, des manuels et des boitiers cartonnés sur lesquels on peut zoomer pour en profiter du mieux possible. L’écran de sélection du jeu est plutôt bien organisé, avec une page par titre et la possibilité de sélectionner la version que l’on souhaite en un clic. Question de droits oblige, vous ne trouverez pas les noms officiels des machines de l’époque, remplacés par des «Super», «Mega», «8-bit», «Portable» et «Gear» qui permet tout de même de différencier les variantes des consoles Nintendo et Sega.
En jeu, on trouve également tout un tas d’options dites «de confort» avec la possibilité d’étirer l’écran en 16/9, d’appliquer différents filtres comme le CRT, capable de reproduire les lignes d’un écran cathodique ou Dot Matrix pour imiter l’écran de la Gameboy. Une douzaine de bordures sont également disponibles pour masquer les affreuses bandes noires du mode 4/3, mais celles-ci restent finalement assez banales et on aurait préféré avoir des habillages réellement dignes de l’univers Marvel. Impossible de passer à côté de la fonction «sauvegarder» / «charger» bien évidemment, avec la possibilité de se créer un checkpoint à tout moment et pour n’importe quel jeu. L’indispensable fonction «rembobinage» est également de la partie, et se montre suffisamment précise pour passer outre la difficulté parfois excessive de certains titres.
X-Men: The Arcade Game
Sans grande surprise, Limited Run Games a décidé d’afficher X-Men: The Arcade Game en tête de gondole de sa compilation. Sorti en 1992 dans les salles d’arcade, le beat’em up de Konami se démarquait par sa capacité à accueillir six joueurs, dans le but de déjouer les plans de Magnéto. Assez court, le titre propose tout de même une expérience intacte avec la possibilité de jouer à 4 en local, ou à 6 en ligne (sans lag avec le rollback netcode mais avec l’obligation d’avoir un abonnement Switch Online, Xbox Game Pass ou PlayStation Plus sur consoles), et d’incarner Cyclope, Wolverine, Tornade, Colossus, Nightcrawler ou Dazzler, pour des modèles 2D composés de gros sprites bien classes. Jeu arcade oblige, l’aventure n’est pas très longue mais suffisamment intense pour qu’on y prenne un minimum de plaisir.
Captain America and the Avengers
Sorti dans un premier temps sur borne d’arcade, avant d’avoir droit à un portage édité sur Megadrive et Super Nintendo, Captain America and the Avengers est en revanche une vraie déception. Jouable à 4 dans sa version d’origine et à 2 dans la version parue sur la console de Sega (la version Super Nintendo est étonnement absente), le titre nous embarque dans une aventure assez molle en compagnie de personnages bien trop petits et peu détaillés, et aux animations limitées par rapport aux standards de l’époque. Contre toute attente, c’est la version NES de Captain America and the Avengers qui a retenu notre attention, puisque celui-ci prend la forme d’un jeu de plateforme très réussi. On y contrôle alternativement le Cap’ et Hawkeye, dans le but de libérer Vision et Iron Man (qui sont jouables dans les versions Arcade et Megadrive). Une jolie surprise, à condition de faire abstraction d’une technologie 8-bit qui ne met pas forcément en valeur nos super-héros.
Spider-Man and the X-Men: Arcade’s Revenge
Même si certains titres de cette compilation ne sont pas franchement à la hauteur de l’événement, Spider-Man and the X-Men: Arcade’s Revenge est encore un cran en dessous. Disponible en quatre versions (Super Nintendo, Megadrive, Game Boy et Game Gear), le titre reprend globalement le même level-design d’une console à l’autre. Au-delà du côté sympathique de pouvoir comparer les différentes machines de l’époque, le jeu possède une maniabilité atroce (et c’est encore pire sur les portables), des animations bâclées, pour un intérêt proche du zéro. Dans un titre qui s’apparente plutôt à un jeu de plateformes, on ne prend aucun plaisir à contrôler Spider-Man et les quatre X-Men jouables (Storm, Gambit, Cyclope et Wolverine), pour un titre qui représente typiquement ce que pouvaient être les jeux à licence dans les années 90 : développés rapidement avec l’espoir de rentabiliser rapidement les frais liés aux droits d’exploitation de la franchise.
Maximum Carnage et Separation Anxiety
Difficile de dissocier Spider-Man and Venom: Maximum Carnage et Venom/Spider-Man: Separation Anxiety. Deux beat’em up sortis à un an d’intervalles sur les deux machines 16-bit de l’époque, la Megadrive et la Super Nintendo, dans des versions quasiment identiques. Le game-design est relativement convenu, pour l’un et pour l’autre, et on avance dans les niveaux un peu machinalement, avec un côté répétitif qui s’installe assez rapidement. Etrangement, Maximum Carnage est plus intéressant que sa suite, que ce soit sur le plan technique (même si on reste très loin d’un Batman Returns pourtant sorti deux ans plus tôt), ou sur le game-design avec des phases alternatives qui permettent de souffler entre deux séquences de baston. Seul intérêt du décevant Separation Anxiety : la possibilité de jouer en coopération à deux joueurs, en incarnant Spider-Man et Venom.
Silver Surfer
Silver Surfer traine une sacrée réputation derrière lui. Sorti sur NES en 1990, en exclusivité pour le territoire nord-américain, cette adaptation des aventures du Surfeur d’Argent est ultra punitive, et donc atrocement difficile. Bonne nouvelle, on peut désormais user et abuser de la fonction rembobinage pour redécouvrir ce titre sous un tout nouvel angle. Prenant la forme d’un shoot’em up, tantôt horizontal, tantôt vertical, Silver Surfer devient assez plaisant à jouer à partir du moment où l’on arrive à cumuler suffisamment de power-up pour éliminer les ennemis à l’écran sans trop de difficulté. Reste que la hitbox de notre héros est abominable, tandis que certains pièges tendus relèvent du sadisme. Une expérience intéressante malgré tout, mais qui sera sans doute vite oubliée une fois terminée.
+
- Interface agréable à parcourir
- Quelques bonnes surprises
- Une poignée de titres jouables en coop
-
- Sélection de jeux assez moyens
- Pas mal de doublons
- Où est Marvel Super Heroes: War of the Gems ?
- Habillages peu inspirés