Jeux

Mass Effect 3

RPG | Edité par Electronic Arts | Développé par BioWare

10/10
10.0/5
360 : 08 mars 2012

Test : Mass Effect 3 sur Xbox 360

Troisième et dernier volet de la trilogie des aventures du commandant Shepard, Mass Effect 3 arrive enfin pour apporter la conclusion que tant de joueurs attendaient de pieds fermes. Cette fois-ci non seulement le titre a pour vocation de satisfaire le joueur lamdba, mais il lui incombe aussi de clore en beauté une histoire complexe. Bioware est-il tombé dans le piège de la surenchère d’action ? Voilà en tout cas un jeu ambitieux qui, disons le clairement, risque de laisser plus d’un joueur sur le carreau. Explications.

C’est la saison des moissons

Décidément, là où le commandant Shepard passe, la galaxie s’embrase. Après avoir sauvé la citadelle des moissonneurs et déjoué les plans de l’augure et des récolteurs, on pouvait croire que les ennemis de la vie organique auraient compris qui était le plus fort. Que nenni, bien au contraire. Cette fois les moissonneurs ont décidé d’utiliser les grands moyens. Il n’est plus l’heure de jouer, ils lancent la totalité de leurs forces sur la galaxie, en commençant par la planète bleue. Et comme Goldorak n’est pas disponible, c’est encore à Shepard de sauver le monde. Vu l’ampleur des forces ennemies, le seul moyen de mettre un terme à cette guerre va être de se diriger vers la citadelle, et de faire en sorte de recruter un maximum d’alliées. Car comme le dit l’adage : l’union fait la force. Evidemment, jamais rien n’est simple, et des dissensions internes pourraient bien tout gâcher.



Comme de coutume chez Bioware, la narration de Mass Effect 3 est exemplaire. Pour le coup, elle surclasse même largement celle de son ancêtre. Il faut dire que le studio a mis les petits plats dans les grands, particulièrement en termes de mise en scène. C’est bien simple : on se croirait devant un film hollywoodien. Durant les diverses cinématiques comme durant les dialogues, le soin du détail apporté à cet aspect est édifiant. Même pendant les phases d’exploration ou de fusillades, une profusion de détails donne presque vie au jeu. Encore une fois, le monde de Mass Effect démontre sa complexité et sa cohérence. Pour enfoncer le clou, le Codex qui se remplie au fur et à mesure de votre progression est une véritable mine d’informations démontrant le travail de recherche scientifique dont a fait preuve le studio pour donner corps à son univers.

Evidemment, toute cette qualité d’écriture aurait rapidement pu devenir un calvaire si la localisation du jeu était ratée. Rassurez-vous il n’en est rien, bien au contraire. La série des Mass Effect propose un doublage d’une qualité rare, et ce troisième opus ne déroge pas à la règle. Non seulement le jeu d’acteur est exceptionnel, mais il s’adapte en plus parfaitement aux lèvres des personnages. L’immersion est donc totale, et aucun dialogue (écrit ou parlé) ne fera défaut à ce jeu.

Adieu mon RPG

Enfonçant le clou déposé par Mass Effect 2, sa suite prend la direction d’une action toujours plus soutenue et d’un scénario linéaire. Bien entendu, de nombreux choix seront disponibles, et le jeu incorpore de plus l’intégration de ceux faits dans Mass Effect 1 et 2 pour peu que vous ayez gardé et importé correctement vos sauvegardes. Ainsi, chaque partie semble personnalisée et unique, prenant en compte toutes vos actions passées. Mais ces choix ne sont pas structurants. Vous recevrez des messages ingame spécifiques, aurez accès à des dialogues différents et vous rencontrerez des têtes connues, mais rien ne bouleversera le scénario global du jeu. Les développeurs ont en effet pris le parti de recentrer l’histoire sur un synopsis de base, et tant pis s’il faut user de pirouettes scénaristiques pour retomber sur ses pattes. Prenons un exemple simple que vous verrez des la première heure de jeu. Si durant Mass Effect 1 vous aviez décidé qu’Udina sera le représentant humain au conseil de la citadelle, tout est normal. Mais si vous en aviez décidé autrement en nommant Anderson à sa place, vous serez surpris d’apprendre que ce dernier a entre-temps démissionné et laissé sa place à … Udina.



Comme d’habitude dans ce genre de jeu, la quête principale laissera le joueur souffler de temps à autre, lui laissant le temps de s’occuper des nombreuses quêtes annexes. Ces dernières sont de deux types. Soit il s’agit de missions à l’instar des missions principales, soit il s’agit simplement de trouver des objets en scannant les planètes de la galaxie et de les rapporter à une personne de la citadelle. Rassurez-vous, Bioware semble avoir compris les critiques émises à l’encontre de Mass Effect 2 sur ce plan là. Scanner les planètes n’est plus un calvaire et s’effectue bien plus rapidement. Voilà qui permet de ne pas briser ostensiblement le rythme du jeu. Dommage que les allers-retours dans les minis zones de la citadelle continuent de le plomber. Si ces quêtes sont assez répétitives et peu recherchées, elles apportent beaucoup à la crédibilité du monde, et permettent surtout à Shepard d’ajouter à l’effort de guerre.

Niveau combat, le jeu a peu évolué. On retrouve toutefois des petits ajouts comme la possibilité d’attraper un ennemi qui se trouve à couvert de l’autre côté du mur où vous êtes vous même caché. C’est plutôt du côté de l’évolution des personnages qu’il faudra chercher du neuf. En effet, à l’instar du travail effectué sur Dragon Age 2, le studio propose désormais pour chaque compétence des choix cornéliens sur la manière de monter les pouvoirs. Choisirez-vous d’augmenter des dégâts de votre onde de choc ou sa portée ? Voilà qui permet de mieux personnaliser sa manière d’appréhender les combats et d’apporter un peu de replay value à l’aventure. Autre petite nouveauté : la possibilité pour Shepard d’apprendre de ses coéquipiers en les côtoyant. Après certains dialogues il sera possible d’apprendre une de leur compétence spécifique et de l’ajouter aux siennes.



Mass multiplayer online Effect RPG ?

Si toutes les meilleures choses ont une fin, celle de Mass Effect 3 arrivera aux alentours de 43 heures de jeu (en comptant toutes les quêtes annexes et un maximum de préparation galactique). Voila une durée de vie plutôt correcte, proche de celle du second opus, mais moins artificielle, avec moins de temps perdu dans l’exploration de planètes. Mieux encore, ces 43 heures sont surtout 43 heures de bonheur que vous ne verrez pas passer. Il faut dire que la réalisation technique de haute volée et une bande son incroyable font de ce voyage intergalactique un véritable régal pour les yeux et les oreilles. A ce titre, le jeu gère impeccablement le 5.1, et les possesseurs d’un bon home-cinema ou d’un casque Tritton vont se régaler. Clôturant la trilogie, Mass Effect 3 se devait de proposer une fin en apothéose. Les joueurs qui s’attendaient à quelque chose de très classique et attendu risquent d’être particulièrement surpris. Pour le coup, soyez certains que cette fin va faire couler énormément d’encre. Osé et original, le grand final montre à quel point l’univers créé par Bioware est cohérent d’un bout à l’autre. En parlant de cohérence, signalons que le DLC de la version collector est bien mieux intégré à l’histoire que ne l’était Zaeed pour Mass Effect 2. On pourrait même le qualifier d’obligatoire vu sa qualité.



Contrairement à la plupart des jeux du genre, et conformément à la nouvelle politique d’Electronic Arts, Mass Effect 3 continuera de vous occuper même lorsque la campagne sera achevée. Contre toute attente, le jeu propose un mode multi-joueur véritablement solide qui risque de vous occuper un bon bout de temps. Bien sûr on pourra regretter que le nombre de cartes se limite à 6 (jusqu’au probable prochain DLC), mais l’ensemble est suffisamment addictif pour passer outre ce défaut. Comme Mass Effect est un RPG, son mode en ligne part sur les mêmes bases avec la possibilité de faire progresser ses avatars. Vous avez bien lu, il n’est pas question de diriger le commandant Shepard, mais des illustres inconnus envoyés sur le front pour aider à l’effort de guerre. D’ailleurs chaque victoire en ligne vous octroiera un bonus de préparation pour augmenter les chances d’obtenir la véritable fin dans la campagne. Intéressante, cette interaction n’est malheureusement pas très poussée.

Dans les faits, chaque partie de ce mode en ligne demandera à quatre joueurs de coopérer (n’espérez pas vous la jouer solitaire) pour venir à bout de onze vagues successives d’ennemis. Lors des vagues trois, six et dix, un objectif aléatoire sera ajouté pour pimenter la partie et empêcher le groupe de camper sur ses positions. Lors de la toute dernière vague, il faudra juste survivre jusqu’à ce que la navette vous évacue. Chaque objectif réussi apportera de l’argent qui pourra ensuite être dépensé dans des pack aléatoires d’équipement. Bien pensé, ce système s’inspire du principe des booster de cartes Magic (ou Pokemon). Il est dommage qu’on ne puisse pas s’échanger ensuite les équipements superflus, mais cela procurera au moins une excellente durée de vie à ce mode.

Malgré des défauts, Mass Effect 3 force l’admiration devant le travail titanesque fourni par son studio géniteur. Certes, Mass Effect 3 n’a plus rien d’un RPG, et décevra forcement ceux qui l’attendent en tant que tel ; mais il reste néanmoins un grand jeu, tel qu’il n’en existe qu’une poignée par génération de consoles. A une aventure solitaire passionnante et dotée d’une mise en scène aux petits oignons, le jeu s’offre le luxe d’ajouter un mode en ligne solide et étrangement addictif. Mass effect 3 clôture donc en beauté une trilogie qui avait commencée sur les chapeaux de roue ; tant pis si certains seront laissés pour compte par le parti pris de Bioware.

+

  • Fin ambitieuse…
  • Ecriture des dialogues et du codex de haute volée
  • Univers du jeu toujours aussi cohérent.
  • Mode multijoueur addictif
  • Mise en scène époustouflante

-

    • … Qui ne plaira pas à tous.
    • Seulement 6 cartes en multi
    • Exploration réduite à peau de chagrin
    • Des choix qui semblent peu structurants
    • N’est plus vraiment un RPG