Jeux

Mio: Memories in Orbit

Metroidvania | Edité par Focus Entertainment | Développé par Douze Dixièmes

9/10
One : 20 January 2026 Series X/S : 20 January 2026
19.01.2026 à 17h01 par - Rédacteur en Chef

Test : Mio: Memories in Orbit sur Xbox

Le fin Mio de l'histoire

Tout juste cinq ans après Shady Part of Me, le studio français Douze Dixièmes revient avec une seconde production, dans un style bien différent. Toujours sous la houlette de l'éditeur Focus Entertainment, l'équipe de Sarah Hourcade nous propose cette fois-ci de partir à l'assaut de Mio: Memories in Orbit, un Metroidvania exigeant, pour une aventure qui promettait déjà beaucoup lorsque nous avions pu l'essayer lors de la Gamescom 2024. Notre première très bonne impression s'est-elle confirmée ?

Un an et demi après l’avoir découvert lors de la Gamescom 2024, il nous tardait de remettre la main sur Mio: Memories in Orbit. Pour la petite anecdote, sachez que le jeu est prêt depuis plusieurs mois mais que le petit studio français a tout fait pour éviter d’entrer en concurrence avec l’ogre Hollow Knight: Silksong, quitte à patienter jusqu’à ce début d’année 2026 pour s’offrir une fenêtre dégagée, sans qu’un autre Metroidvania exigeant ne vienne lui faire de l’ombre.

Question ambiance, on est toutefois bien loin de l’univers du jeu de la Team Cherry. Mio: Memories in Orbit nous met dans la peau d’un petit androïde qui reprend vie dans l’Arche, un immense vaisseau spatial totalement délabré. Très vite, il comprend qu’il est désormais le seul en capacité de retrouver les souvenirs de la structure, et de comprendre ainsi ce qui a causé son arrêt.

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Une aventure qui prend la forme d’un Metroidvania donc, avec des zones qui deviennent accessibles à mesure que l’on récupère de nouvelles compétences, sur une carte unique que l’on dévoile petit à petit. Si le genre permet bien souvent de proposer un level-design intéressant, on peut clairement dire que de ce point de vue là, les développeurs de Douze Dixièmes se sont parfaitement imprégnés des meilleurs jeux du genre. On prend beaucoup de plaisir à explorer l’Arche, tout en cherchant à en révéler les moindres secrets. La première heure de jeu est d’ailleurs assez perturbante puisque la carte n’est pas accessible d’entrée de jeu. Un choix qui oblige à établir des points de repère pour ne pas se perdre, et qui reste totalement cohérent avec l’idée de découvrir un monde nouveau. Et même après cette étape déroutante, ne vous attendez pas à avoir une carte ultra détaillée, puisqu’il y a dans ce Mio: Memories in Orbit une vraie volonté d’inviter le joueur à tirer une véritable satisfaction des faits accomplis.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu ne nous ménage pas, mais sait aussi comment nous récompenser. Globalement, le titre propose des phases de plateformes ponctuées de quelques combats, mais ne multiplie pas les points de sauvegarde pour autant. Malgré tout, l’intelligence du level-design permet de créer des connexions naturelles entre diverses zones, notamment grâce à la présence d’ascenseurs et de raccourcis. On prend un grand plaisir à découvrir de nouvelles parties du vaisseau, d’autant que les environnements sont très diversifiés, parfois remplis de systèmes mécaniques, quand d’autres sont plutôt occupés par une nature dense ou totalement verglacés. C’est à la fois sombre et lumineux, calme et nerveux, et l’envie d’y retourner est toujours très forte, et d’autant plus après avoir débloqué de nouvelles compétences. Sans trop en dire sur ce sujet, afin de ne pas vous gâcher la surprise, sachez quand même que certaines d’entre elles offrent une dimension inédite à l’exploration, et donnent carrément envie d’explorer à nouveau l’intégralité du vaisseau pour dénicher d’éventuels passages qui auraient pu nous échapper.

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Mais tout n’est pas simple quand on est dans la peau de Mio. Le jeu n’est d’ailleurs pas à mettre entre toutes les mains, avec un game-design qui demande parfois beaucoup de volonté, même si quelques options d’accessibilité sont présentes pour ceux qui n’ont pas l’âme du sacrifice. De manière générale, les combats ne sont pas aussi difficiles que dans un Hollow Knight, et l’esprit du jeu de Douze Dixièmes se veut finalement plus proche d’un Ori. Les phases de plateformes sont parfois bien retorses, même si l’élégance et de notre héros filiforme et la fluidité sans faille du titre donne l’envie de se dépasser. On ne rechigne pas à enchainer les sauts, les double-sauts ou les accroches au grappin avec souplesse, le tout saupoudré d’une chorégraphie toute en agilité et en virtuosité. Mio: Memories in Orbit est d’une précision à toute épreuve, où chaque erreur n’appartient qu’à vous, ce qui pousse naturellement à s’améliorer au coup d’après.

Une vraie courbe de progression que l’on ressent aussi bien dans ces phases de plateformes que dans les affrontements de boss. Systématiquement, la première rencontre avec un boss se transforme en carnage, synonyme d’une mort qui vous ramène au dernier point de sauvegarde. Et puis on recommence, on assimile les patterns au fur et à mesure, pour finir par l’emporter grâce à la maitrise accumulée au fil des échecs. On peut y passer une bonne demi-heure, échouer de justesse à plusieurs reprises, mais tout est fait pour donner l’envie de retourner au charbon en se disant que la prochaine sera la bonne. Pour ceux qui ne veulent pas miser sur le potentiel de leur courbe de progression, une option d’accessibilité permet de diminuer la barre de vie des boss après chaque échec, ce qui doit logiquement permettre de faciliter les choses à court terme.

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Malgré tout, cette difficulté de base doit permettre de se forcer à assimiler le système de modificateurs. En effet, Mio possède un certain nombre de slots disponibles pour équiper différentes options à acheter auprès du marchand ou à récupérer quelque part dans le vaisseau, souvent dans un endroit secret. Cela permet de se rajouter un point de vie, de voir la barre de santé des ennemis, de payer moins cher la récupération de vie aux fontaines de nacre ou d’activer un coup brutal après avoir utilisé son grappin par exemple. Ces modificateurs sont nombreux, et le nombre de slots limités de Mio oblige forcément à faire des choix. Gagner plus de puissance au détriment des points de vie, ou inversement, les possibilités d’association sont nombreuses tout en conservant un système très souple, là encore. Une combinaison de modificateurs peut être envisagée pour se débarrasser plus facilement d’un boss, tandis qu’on optera pour d’autres choix devant une phase de plateforme. Le principe pousse à essayer diverses builds, sans que l’on soit obligé de passer un temps infini dans le menu.

De bonnes idées, sublimées par une direction artistique absolument splendide. Mio: Memories in Orbit nous plonge dans des décors à l’aspect crayonné, dont les teintes froides offrent une atmosphère mélancolique qui fonctionne parfaitement. Le tout est porté par des thèmes musicaux divers, sur fond de musique électronique à la fois organique et cryptique composée par Nicolas Gueguen. Tout est réuni pour nous embarquer dans cet univers singulier, sans véritable fausse note. D’autant qu’il n’y a rien à redire non plus concernant la partie technique, avec un titre qui ne souffre d’aucun ralentissement, ni d’aucune autre forme de bug qui aurait pu gâcher l’expérience de jeu. Un travail remarquable à tous niveaux.

9/10
En se lançant pour la première fois dans le genre du Metroidvania, l'équipe du petit studio Douze Dixièmes ne se doutaient sans doute pas qu'elle parviendrait à atteindre un tel degré de maitrise. Que ce soit sur la question du level-design, de la direction artistique ou même de la courbe de progression, tout est pensé pour que le joueur profite d'une expérience tout à fait ludique, en profitant par ailleurs d'une ambiance mélancolique si particulière qu'elle donne envie de s'y replonger à chaque instant.

+

  • Gameplay souple et réactif
  • Toujours très fluide
  • Level-design intelligent
  • Une bonne dose de challenge
  • Direction artistique splendide

-

    • Sentiment de solitude prononcé
    • Parfois difficile de trouver son chemin