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NieR Replicant ver.1.22474487139

Action/RPG | Edité par Square Enix | Développé par Toylogic

4/5
One : 23 avril 2021
26.04 à 15h33 par - Rédacteur en Chef

Test : NieR Replicant ver.1.22474487139 sur Xbox One

Prenez un chewing gum Emil

Si l’on est en 2011 et que l’on regarde le NieR original d’un œil neutre, exempt de la dimension toute autre que lui a conféré NieR Automata, on peut ne pas être forcément surpris par le funeste sort auquel il semblait alors destiné. Après tout, ce n’est pas la première ni la dernière bizarrerie imaginée par Yoko Taro, les joueurs de Drakengard peuvent en attester. Oui mais voilà : en dépit d’un démarrage chaotique dans les charts, NieR est parvenu à arracher à son public aussi modeste que passionné une réputation de "presque-chef-d’œuvre", dépassant tout ce que l’on aurait pu imaginer. De quoi permettre, onze ans plus tard, la sortie sur Xbox One de NieR Replicant ver.1.22474487139.

Rendue à la gloire qu’elle mérite et pour laquelle des voix s’élèvent depuis plus de dix ans, la licence NieR fait donc un bon dans le passé après nous avoir servi un NieR Automata qui restera assurément dans les annales de l’ère Xbox One/PS4. Avec NieR Replicant ver.1.22474487139, ou plus simplement le « remaster de NieR », nous avons enfin, tous autant que nous sommes sur les deux générations de consoles se chevauchant, l’opportunité de jouer à un titre dont on a régulièrement entendu parler. Tout cela sans vraiment pouvoir y accéder facilement, NieR dans sa version Xbox 360 n’ayant jamais été rendu rétrocompatible sur Xbox One. Bref, l’heure est donc venue pour les joueurs qui veulent savoir pourquoi et comment NieR est devenu le jeu auquel il faut avoir absolument joué, de le découvrir. Commençons toutefois par une précision : la version choisie pour ce remaster est la « Replicant », autrement dit celle qui fut proposée au public japonais sur PS3 en 2010. De notre côté, nous autres joueurs Xbox 360 (et PS3 en occident) avions eu droit à la version « Gestalt » ; il s’agit du même jeu, à la différence que l’on incarne dans Replicant un jeune homme combattant pour sauver sa sœur malade dans un monde en ruine. Dans Gestalt, on incarnait le père de cette même petite fille en danger. Si l’on aurait aimé pouvoir retrouver dans ce remaster l’approche père/fille que nous avons connu sur Xbox 360, ce n’est là qu’une affaire de sensibilité. Rien d’autre puisque l’aventure se déroule plus ou moins de la même façon. On s’adapte très vite à cette nouvelle donne si l’on a déjà joué à NieR ; dans le cas contraire, il n’y a forcément rien à signaler.

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Il faut bien sûr avec NieR Replicant, comme ce fut le cas avec NieR Automata, apprécier le côté très fantasque de son créateur. Le character design est reconnaissable entre mille, naviguant entre classicisme et absurdité, sobriété et excès. Il ne semble ne jamais y avoir de juste milieu dans NieR Replicant, conférant à son monde une identité propre. On évolue pourtant au sein d’un univers qui semble à certains égards n’avoir ni début ni fin. Ce monde a connu un immense retour en arrière d’un point de vue technologique, tout juste après avoir frôlé l’extinction. On navigue alors dans quelque chose où les éléments futuristes sont des vestiges du passé et où le présent se vit dans de petits villages au gré de la culture, la pèche, l’élevage… Et la crainte de voir les ombres engloutir ce qu’il reste d’humanité. Le mal dont souffre la sœur du héros risque d’ailleurs de causer sa transformation en ombre ; aussi part-il à la recherche d’une solution pour la sauver.

Dans sa quête, le jeune héros rencontre des personnages tous aussi fous les uns que les autres. Le monde de NieR est relativement peu peuplé mais chacun des acteurs principaux de l’aventure brille par le soin qui lui a été apporté. On ne vous dit rien et vous laisse le soin de les découvrir, pour des moments parfois très drôles, d’autres fois poignants, ou alors d’une vulgarité débridée, absurde. Si l’on prend chaque élément à part, NieR Replicant n’est pas forcément le jeu le plus original du monde ; il y a même dans sa structure très dirigiste quelque chose qui sonne encore plus aujourd’hui comme quelque chose de dépassé. Tout est très balisé, les allers-retours font loi et il faut comme dans NieR Automata jouer plusieurs fois l’aventure pour en découvrir la véritable fin (les parties successives ne sont pas toutes aussi longues que la première, ni identiques rassurez-vous). Une fin supplémentaire a d’ailleurs été ajoutée à ce remaster. Cependant, tout mis bout à bout, NieR Replicant déploie quelque chose d’assez unique, de prenant. Le genre de jeu dont on accepte les défauts pourvu qu’il continue encore et encore à nous raconter son histoire. Cette façon que le jeu a de nous envelopper dans on univers, il la doit beaucoup à sa bande-originale. Conduite par Keiichi Okabe, portée par la voix d’Emi Evans, la BO de NieR Replicant est probablement l’une des plus belles qu’ait connu le jeu vidéo. Vraiment.

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Pour autant, bien qu’il porte en lui un univers atypique et magique dès lors que l’on y adhère, NieR est un jeu qui a souffert en son temps d’un gameplay imparfait, imprécis et chiche en bonnes sensations. C’est dans ces conditions que l’on peut voir d’un bon œil un remaster, mais qu’en est-il vraiment ? Sans révolutionner la formule ou atteindre le niveau du travail opéré par PlatinumGames sur NieR Automata, le développeur Toylogic nous offre un NieR Replicant plus souple et dynamique que par le passé. Ca se laisse jouer sans encombre, même si l’on aurait aimé une palette de coups un peu plus riche et surtout des pouvoirs magiques gérés autrement. On dispose ici de la possibilité de mettre en pause pour modifier rapidement les magies attribuées à LB et RB ; ça fait le travail mais cela a tendance à hacher le rythme. De notre côté, on a rapidement opté pour un duo de pouvoirs qui nous semblait le plus pratique et sauf nécessité, on en a rarement changé. Le jeu n’est de toute façon pas bien difficile, l’IA étant globalement très attentiste. Si toutefois vous veniez à éprouver des difficultés, sachez que le mode facile peut être complété par la gestion automatique des combats.

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Si l’on est assez patient et compréhensif pour compose avec ce genre -un peut désuet- d’action/RPG certainement trop dirigiste (on augmente notre niveau à coup d’expérience sans pouvoir toucher aux attributs) en dépit d’un bon nombre de quêtes secondaires à accomplir, il y a ici matière à passer un très bon moment. C’est d’autant plus vrai que d’un point de vue technique, NieR Replicant est un remaster plus que correct. L’original n’était pas bien beau, même au moment de sa sortie, et il trouve ici une seconde jeunesse plus convaincante. A défaut d’être beau c’est net, les PNJ ont été retravaillés pour un résultat honorable et on profite surtout d’un framerate à 60 images par seconde globalement stable. Il y a encore quelques petits temps de chargement entre chaque zone, mais rien qui vienne trop hacher le rythme. On l’accepte d’ailleurs plus facilement qu’avant, lorsque se dressent devant nous des villages tels que Littoral ou Falaise, absolument laids dans la version originale et désormais plus agréables à regarder. Terminons par un mot sur les doublages, disponibles en anglais et en japonais (les textes sont en français). Eh bien pour une fois, et en dépit de la qualité du travail des Japonais, on aurait envie de vous conseiller la version anglaise. D’excellente qualité, le doublage anglais donne une certaine dimension à plusieurs personnages dont il serait dommage de se priver.

4/5
En tant que remaster, NieR Replicant ver.1.22474487139 affiche une performance très honorable, loin du portage paresseux que l’on aurait pu craindre. C’est propre à défaut d’être devenu subitement beau et les quelques ajustements de gameplay suffisent à rendre l’expérience abordable. En tant que jeu, NieR Replicant reste ce qu’il est : une aventure atypique, portée par des personnages hauts en couleur et une bande-originale magistrale. On peut bien sûr être gêné par des mécaniques de jeu dirigistes, parfois vieillottes, et des combats simplistes. Mais avec une certaine dose d’acceptation on peut enfin découvrir, dans de bonnes conditions, un jeu pas comme les autres et qui, à bien des égards, mérite amplement son étonnante réputation.

+

  • Bande-originale magistrale
  • Galerie de personnages uniques
  • Univers étrange et prenant
  • Remaster plutôt propre et fluide
  • Doublages anglais comme japonais excellents

-

    • Structure de jeu assez vieillotte et dirigiste
    • Combats encore assez légers, malgré diverses améliorations
    • Propre certes, mais toujours pas très beau