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Ninja Gaiden: Master Collection

Compilation | Edité par Koeï-Tecmo | Développé par Team Ninja

4/5
One : 10 juin 2021
16.06 à 09h23 par - Rédacteur en Chef

Test : Ninja Gaiden: Master Collection sur Xbox One

Mais l’hommage est-il à la hauteur de Ryu Hayabusa ?

Entre 2004 et 2012, Ryu Hayabusa ne s’est pas seulement contenté de briser des crânes à coup d’Izuna Drop dans Dead or Alive. Il était aussi et surtout le principal protagoniste d’une saga que l’on n’avait plus croisé depuis des années 80 et qui allait donner ses lettres de noblesse au mot « épreuve » : Ninja Gaiden. Trois épisodes, diverses déclinaisons et des années d’absence plus tard, on retrouve Ryu pour revivre sur Xbox One et Xbox Series l’intégralité de ses aventures. Opportunité ou opportunisme ?

Relancer à nouveau la machine Ninja Gaiden sur une console Xbox a fait souffler chez votre serviteur un grand vent de nostalgie. Le premier contact établi avec Ryu Hayabusa s’était fait lui aussi au printemps, avec dans les mains une manette Xbox, voilà 17 ans maintenant. Ninja Gaiden représente à titre personnel un jeu majeur à l’échelle d’une vie de joueur, un titre capable d’apporter une immense dose de satisfaction quand la réussite est au bout du chemin, cela après vous avoir fait passer par toutes les définitions possibles de l’échec. Posé, technique, requérant une bonne dose de concentration et de patience, Ninja Gaiden premier du nom est un beat’em all assez unique en son genre, même lorsque l’on le compare à ses suites. Il faut dire qu’avec Ninja Gaiden II, les développeurs conduits alors par le fantasque Tomonobu Itagaki avaient fait boire à Ryu Hayabusa une grande outre de Red Bull. Autrement plus rapide, vif et explosif que son prédécesseur, Ninja Gaiden II avait réussi le tour de force d’en conserver grandement l’exigence. Plus varié, plus fou (mais certainement moins « romantique »), ce second épisode se vit rejoint quelques années plus tard par un Ninja Gaiden 3 qui marquait le pas. Dynamique comme l’épisode II, il n’en avait toutefois pas la magnificence ni la richesse. Privée de d’Itagaki à sa tête, la Team Ninja semblait alors éprouver quelques difficultés à renouveler la formule Ninja Gaiden ; Il fallut attendre 2012 et la version « Razor’s Edge » de Ninja Gaiden 3 pour disposer d’un épisode revu, corrigé, finalement apte à figurer aux côtés de ses aïeux.

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La bonne nouvelle avec Ninja Gaiden Master Collection, c’est que c’est justement l’épisode Razor’s Edge qui est proposé pour Ninja Gaiden 3. Du côté du premier et du second épisode, on retrouve les versions « Sigma », celles-là même qui sortirent sur Playstation 3 lorsque Ninja Gaiden cessa d’être une exclusivité Xbox. Sans poser un véritable problème, car ces versions Sigma ont pour vertu de proposer une expérience mieux équilibrée que dans les épisodes d’origine (et ajoutent divers contenus additionnels), on peut légitimement se demander à l’heure du choix ce qu’il convient de faire : craquer pour la Master Collection ou acheter les épisodes séparément dans leurs versions rétrocompatibles. On rappelle que Ninja Gaiden Black (Xbox Originale) et Ninja Gaiden II (Xbox 360) sont proposés avec une optimisation Xbox One X qui leur permet d’ores et déjà d’afficher une qualité technique et graphique très satisfaisante. Au-delà de cela, sachez que le second épisode dans sa version Sigma (celle de la Master Collection donc) est largement censuré : les hectolitres de sang et membres qui volent sont remplacés par des gerbes de « slime » vert et bleu du plus mauvais goût. L’édulcoration opérée par Ninja Gaiden Sigma 2 a toujours quelque chose de contrariant quand on a joué à l’original. Côté premier épisode, on profite toutefois de décors autrement plus détaillés et travaillés au regard de la version proposée par la Xbox Originale.

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La sélection des versions alterne ainsi le bon choix (Ninja Gaiden 3) et le plus discutable (Ninja Gaiden 2). L’expérience de jeu n’a cependant pas pris une ride et conserve toutes ses qualités, le long d’une bonne grosse trentaine d’heures de jeu pour l’ensemble. En contrepartie, il faut composer aussi avec les défauts traditionnels de la saga. On retrouve menus pas toujours très fonctionnels (ceux du premier épisode, notamment) mais surtout le placement bordélique de la caméra auquel il convient de se réhabituer/se faire violence à accepter. Ninja Gaiden Master Collection n’est pas un remaster mais une compilation sensiblement retouchée côté affichage : attendez-vous donc à de nombreuses prises de tête avec la caméra qui part là où il ne faut pas, ou ce saut que vous étiez certain d’avoir bien préparé et qui se termine mollement à l’étage du dessous. Si l’on peut comprendre que ce genre de chose ne puisse être réglé tant d’années après, de surcroit dans un portage, on aurait toutefois aimé un brin d’uniformisation dans les commandes. La garde n’est pas placée au même endroit entre Ninja Gaiden 1/2 et le 3 (sans motif réellement impérieux), ce qui conduit à de jolis cafouillages en passant d’un jeu à l’autre. A noter également que cette « Collection » présente les trois titres de façon distincte : pas de menu commun, pas de possibilité de passer rapidement d’un jeu à l’autre. Chacun est traité comme un titre à part entière, ce qui devrait ravir cependant les chasseurs de succès puisque l’on dénombre les habituels 1000 points pour chaque titre.

A voir également : comparatif Xbox One vs Xbox Series X vs Rétrocompatibilité pour les trois Ninja Gaiden

Agrémentés de modes de jeux alternatifs (défis, contre-la-montre, score), d’un mode de difficulté abaissant significativement la difficulté ainsi que de plusieurs personnages jouables comme Ayane ou Momiji, les trois Ninja Gaiden ont par ailleurs plutôt bien vieilli d’un point de vue graphique. Proposé en 4K et 60 images par seconde sur Xbox Series X et Xbox One X (le jeu ne dispose pas d’optimisation spécifique à la nouvelle génération), Ninja Gaiden Master Collection est propre, à défaut d’être composé de jeux que l’on peut qualifier de beaux aujourd’hui. Dans tous les cas la direction artistique soignée fait encore son effet et l’éclectisme demeure au rendez-vous, Ninja Gaiden ne manquant jamais une occasion de nous faire voyager. Ca marche moins bien sur le troisième épisode qui prend un pli moins mystique, compensant toutefois cela par des effets gores à outrance, ceux-là même qui font défaut à Ninja Gaiden Sigma 2. Côté sonore enfin, rien à redire du côté des musiques qui assurent parfaitement leur rôle. On profite de voix en japonais ou en anglais, avec côté textes l’intégralité disponible en français.

Pour aller plus loin : Test en vidéo de Ninja Gaiden Master Collection sur Xbox Series X par Creasy Buscemi

Cresasy Buscemi a lui aussi posé ses mains sur la compilation et nous en livre une critique complète au format vidéo. A visionner sans plus attendre !

4/5
A défaut de pouvoir jouir d’un Ninja Gaiden 4 que l’on ne cesse d’attendre depuis bientôt dix ans, nous avons avec Ninja Gaiden Master Collection l’occasion de renouer avec une immense saga du beat’em all. Pour le meilleur et pour le pire, Ninja Gaiden n’a en 2021 absolument rien perdu de ce qui fait sa singularité. Dynamisme, défi, moments épiques sont au rendez-vous comme nulle part ailleurs. Mais on ne peut ignorer la difficulté de composer avec cette caméra amatrice de placements douteux ; peut-être aurions-nous également aimé disposer d’un habillage plus travaillé pour l’ensemble, ou d’un contenu bonus plus généreux pour les fans. Malgré cela la compilation porte en elle trois jeux allant du bon au cultissime, et face à un portage propre à défaut d’être flamboyant, on peut difficilement éviter de vous inviter à y jouer. On se demande simplement sur Xbox One et Xbox Series si les version Xbox & 360 rétrocompatibles n’assurent pas déjà suffisamment bien leur travail de mémoire… Surtout Ninja Gaiden 2.

+

  • Saga culte, indispensable pour les joueurs de beat’em all
  • Portage propre et sans accrocs
  • Un peu plus d’accessibilité avec le niveau de difficulté « héros »
  • La bonne version de Ninja Gaiden 3…

-

    • … Mais pas celle de Ninja Gaiden 2, archi-censurée
    • Les défauts d’origine demeurent (la caméra, notamment)
    • Pas d’effort particulier sur l’enrobage de la compilation