Jeux

Onimusha : Warlords

Beat'em all | Edité par Capcom | Développé par Capcom

3/5
One : 15 janvier 2019
15.01 à 09h56 par

Test : Onimusha : Warlords sur Xbox One

De retour du Royaume des Morts

Dix-huit ans quasiment jour pour jour après sa sortie sur Playstation 2, Onimusha : Warlords revient sur les consoles actuelles pour le plus grand plaisir des fans. Et pourquoi pas en profiter pour se faire connaitre auprès de la nouvelle génération ? Retour en détail sur un jeu culte et sur les maigres apports de cette nouvelle édition.

Testé sur Xbox One X, jeu non-optimisé.

2001, remember the time. Début du XXIème siècle, l’odyssée de l’espace n’a pas eu lieu, la fin du monde a été reportée à 2012 et le bug de l’an 2000 est déjà un lointain souvenir. Après avoir vendu des millions d’exemplaires de Resident Evil et décliné la formule sous une autre forme via la franchise cousine Dino Crisis, Capcom décide de reprendre une fois de plus la formule secrète. Le géant japonais l’incorpore alors à une nouvelle licence, cette fois-ci sous la direction du génial Keiji Inafune, se déroulant durant l’ère Sengoku dans le Japon féodal. Onimusha : Warlords nous place dans la peau de Sanomasuke, samouraï de retour au pays suite à l’appel au secours de sa belle, qu’il devra sauver des mains des démons qui désirent la sacrifier pour relâcher leur roi sur terre. Si le pitch ultra classique et déjà-vu ne surprendra personne, Onimusha se démarque dans son respect total des codes du survival-horror comme ils ont été définis par Alone In the Dark. Château hanté, démon affamés et vicieux, expériences et rites païens : tous les codes du genre sont parfaitement retranscris. L’ambiance crade et sans concessions, couplée à une direction artistique magnifique, autant pour le bestiaire que pour les environnements, rend le jeu totalement singulier et d’une beauté à l’épreuve du temps.

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Reprenant évidemment la mythologie japonaise, le jeu se permet également des références à l’univers de Lovecraft et à tout un pan du cinéma d’horreur nippon. Si le scénario reprend quasi-intégralement les poncifs et attentes liés au genre, le script quant à lui est impeccable et une fois lancé dans l’aventure, les rebondissements, combat de boss et nouveaux environnements s’enchainent à vitesse grand V. Un peu trop peut-être, tant le jeu est finalement extrêmement court et peut se terminer d’une traite en ayant juste l’impression d’avoir eu affaire à la première partie d’un titre qu’on aimerait parcourir plus longtemps. Quatre petites heures et puis s’en va. Tout cela en prenant bien évidemment le temps de fouiller partout et en ayant visité les vingt étages du royaume des ombres, mode survival déguisé et totalement optionnel, qui mettra vos nerfs à rude épreuve. Autant dire qu’une fois habitué, le jeu se plie sans soucis en un couple d’heures. C’est peu certes, mais chaque minute de l’aventure est une réussite et restera gravé dans vos mémoires pour pas mal de temps.

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Concernant le gameplay, comme indiqué précédemment, le jeu reprend à l’identique les déplacements et caméra de Resident Evil. La principale différence étant que 99% des combats s’effectueront au corps à corps, la main sur le katana, même si la peur vous assaille. Et c’est la que tout le génie du jeu opère, car même si les ennemis se feront de plus en plus robustes, le stress des munitions des premières heures d’un Resident Evil disparait totalement pour laisser place à l’apprentissage des combats et de la gestion des gardes et contre-attaque. Plutôt réputé comme difficile à sa sortie, le gameplay est devenu beaucoup plus aisé avec le temps et l’apprentissage pour devenir un banal parcours de santé aujourd’hui.

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Au bout de quelques minutes d’aventure, Samonosuke sera gravement blessé et héritera du gantelet des Oni, lui permettant d’aspirer l’âme des démons et d’utiliser les pouvoirs magiques de la foudre, du feu ou du vent pour déclencher des attaques magiques. Si les points de compétence dans les beat’ em all sont une feature tout ce qu’il y a de plus classique actuellement, ce n’était pas le cas à l’époque. De fait, il faudra trancher en lamelle le plus d’ennemis possibles pour améliorer vos armes et pouvoirs de façon à disposer des moyens suffisants pour vaincre les nombreux -et splendides- boss du jeu. Le système classique de clés et objets plus ou moins folkloriques à utiliser pour passer à la section suivante est également couplé à des verrous magiques qui resteront fermés tant que vous n’aurez pas boosté les levels de vos différents pouvoirs. Cela oblige à ne pas esquiver les combats et à prendre le temps d’upgrader votre équipement. L’absorption d’âmes de couleurs différentes vous permet également de remplir vos jauges de vie et de pouvoirs d’Oni, sachant que l’absorption n’est pas automatique et nécessite de charger votre gantelet en laissant enfoncer la touche B avant qu’ils ne disparaissent à tout jamais. Il faudra faire preuve de stratégie pour ne pas se retrouver en mauvaise posture au milieu d’un combat. On profitera également de quelques petites séquences dans lesquelles on prendra le contrôle de Kaede, amie ninja du héros, plus rapide, mais sans les pouvoirs des Oni et qui pourra ouvrir certaines portes grâce à son passe-partout.

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Concernant ce remaster HD, difficile de ne pas être déçu au premier abord par ce qui s’apparente presque à un jeu Xbox émulé sur Xbox One X. Mais en soit, Capcom n’a jamais promis de remake à la manière de Resident Evil Rebirth et on ne peut donc pas dire qu’il y a eu tromperie sur la marchandise. Si le jeu reste encore très joli, même en comparaison des standards actuels, ne vous attendez à rien de plus qu’une définition supérieure, un framerate continuellement stable en 60 FPS et une absence totale d’aliasing. Le jeu propose désormais l’affichage en 16/9, avec forcément une perte sur le cadre, mais rien de choquant et le mode 4/3 reste sélectionnable à tout moment pour les puristes. Concernant le gameplay, l’ajout d’un déplacement moderne avec le stick gauche, permet de jouer avec beaucoup plus d’aisance. Encore une fois, les vieux de la vieille pourront retrouver les sensations masochistes d’époque en jouant directement avec la croix de direction. A noter également la possibilité de changer d’armes immédiatement à la volée en appuyant simplement sur la gâchette droite. Le choix d’avoir placé l’activation de la carte en un click sur le stick gauche est quand à lui nettement plus discutable, cette dernière s’affichant par inadvertance dans les moments tendus ou l’on peut en venir à maltraiter son stick. Le jeu permet également de choisir entre les voix originales japonaises ou le doublage anglais d’époque.

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Bien que nous n’ayons aucunes infos sur les raisons de l’éditeur, on peut tout de même regretter plusieurs choix éditoriaux. Tout d’abord, pourquoi avoir fait le choix de la version originale Warlords, alors que Genma Onimusha, sorti un an plus tard sur Xbox, proposait des coups, ennemis et mouvements supplémentaires ? Pourquoi ne pas proposer également, à la manière de Devil May Cry Collection, directement une compilation des quatre volets principaux de la série, quitte à les proposer également en vente à l’unité en téléchargement ? Des questions évidemment sans réponses, même si l’on peut espérer voir un jour réapparaitre les suites avec un traitement au moins similaire à cet épisode.

3/5
Si l’on peut reprocher le manque de contenu et de nouveautés de ce retour tardif, difficile de faire la fine bouche devant un jeu magnifique supportant aussi bien l’épreuve du temps. Beau, passionnant et pouvant se targuer d'une belle résistance face aux standards actuels, Onimusha : Warlords mérite d’être (re)découvert en 2019, ne serait-ce que pour nourrir l’espoir que Capcom décide de sortir les trois suites directes au jeu, dont la plupart sont toujours exclusives à la Playstation 2.

+

  • Direction artistique irréprochable.
  • Gameplay à l’épreuve du temps.
  • Fluide et propre techniquement parlant.
  • La classe de Samanosuke et la grâce de Kaede.

-

    • C’est trop court !
    • Pourquoi ne pas avoir opté pour la version Genma ?
    • Pourquoi pas une Onimusha Collection ?
    • Aucun bonus à se mettre sous la dent.