Jeux

Penny’s Big Breakaway

Plateformes | Edité par Private Division | Développé par Evening Star

7/10
One : 21 February 2024 Series X/S : 21 February 2024
26.02.2024 à 17h00 par - Rédacteur en Chef

Test : Penny's Big Breakaway sur Xbox Series X|S

L'acrobate, sur un fil

Après Sonic Mania, qui reste paradoxalement un des meilleurs jeux de la franchise, le développeur australien Christian Whitehead s'est lancé dans un nouveau chantier d'envergure. Celui de créer le studio Evening Star, et de se lancer sur un projet totalement inédit basé sur une nouvelle franchise, en 3D cette fois-ci. Avec l'aide de l'éditeur Private Division, le créatif est parvenu à donner naissance à Penny's Big Breakaway, pour un résultat particulièrement décevant.

C’est un grand jour pour Penny. En tant qu’acrobate spécialiste du yo-yo, notre jeune artiste s’apprête à participer au gala organisé par et pour l’Empereur Eddie. Mais pour espérer montrer ses talents face au grand chef, il faut tout d’abord trouver le moyen d’éviter la longue attente qui mène aux coulisses en usant des capacités de notre héroïne pas comme les autres. Au détour d’une ruelle, elle tombe sur un objet capable de faire ressortir tout le potentiel de son yo-yo, et ainsi lui offrir toute une palette de mouvements dévoilés en partie dans ce tutoriel qui fait office d’introduction. Au bout du chemin, l’heure du spectacle est enfin arrivée, tandis qu’un événement totalement imprévu transforme notre acrobate aimée du peuple en véritable ennemie de la nation.

Vous l’aurez compris, malgré ses airs de jeux de plateformes à l’ancienne, Penny’s Big Breakaway s’articule autour d’un mode Histoire scénarisé. De petites séquences animées viennent d’ailleurs agrémenter l’ensemble durant quelques moments clés. Question découpage, le titre d’Evening Star propose onze mondes différents, composés de deux à cinq niveaux auxquels viennent parfois s’ajouter un boss. Et c’est sans doute là le plus gros point positif du jeu, qui mise beaucoup sur la taille de son contenu et sa rejouabilité, du moins si on le compare aux autres productions du genre. Au total, c’est une bonne quarantaine de niveaux qui sont proposés, dont quelques niveaux bonus à débloquer via le menu. Pour le reste, la progression est assez classique avec l’obligation de terminer un niveau pour passer au suivant. Pas de monde ouvert, pas d’interconnexion entre les différents lieux visités, on retrouve ici le déroulé des jeux de plateformes old-school et ça n’a franchement rien de dérangeant.

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Et on ressent cette volonté de servir une expérience à l’ancienne jusque dans l’interface du jeu. Penny’s Big Breakaway propose ainsi des menus qui ne sont pas sans rappeler la charte graphique des premiers Sonic, comme un clin d’oeil à Sonic Mania, la précédente production du studio australien. Malgré ces quelques petits éléments empruntés aux prémices du genre, les développeurs d’Evening Star ont tout de même chercher à se différencier pour proposer une expérience de jeu résolument originale. En révélant le potentiel de son yo-yo, notre jeune héroïne dispose de tout un tas de capacités, on l’a dit, dont certaines sont inédites pour le genre. Ainsi, il est possible de suspendre le yo-yo en l’air et de s’y balancer comme sur la liane d’un arbre. Le dash est également de la partie, tout comme la possibilité de prendre peu plus de vitesse en jouant les équilibristes sur notre indispensable accessoire.

De quoi apporter un peu de profondeur au gameplay, et dont le principal reproche se trouve dans son incapacité à se montrer précis pour diverses raisons. C’est fâcheux pour un jeu de plateformes, et sans chercher à viser la perfection d’un jeu Mario, on aurait tout de même préféré ne pas avoir à faire la comparaison avec l’ignoble Sonic the Hedgehog de la Xbox 360. Même si Penny’s Big Breakaway ne souffre évidemment pas des mêmes tares que le jeu de Sega sortis en 2006 (et c’est tout de même le minimum syndical), on peste régulièrement contre l’impossibilité de bouger la caméra et les difficultés à bien juger un saut pour retomber sur une plateforme plutôt que directement dans le vide. Cela arrive malheureusement très souvent, et même si les checkpoints ne sont pas spécialement éloignés, c’est terriblement frustrant.

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L’autre élément particulièrement raté du jeu, ce sont ses combats. Pourchassée par les gardes de l’Empereur Eddie, Penny doit régulièrement se défaire d’une armée de manchots. Pour cela, on met de côté les plateformes pour finalement se retrouver dans des batailles de sagouins dans lesquelles on martèle les boutons pour éviter de se faire attraper. Si cinq manchots parviennent à vous saisir en même temps, c’est direction le dernier checkpoint visité et un point de vie en moins. C’est terriblement ennuyeux même si heureusement on peut généralement éviter ces bestioles particulièrement têtues. Pour ne pas rendre le jeu trop difficile, les développeurs ont tout de même eu la bonne idée de pénaliser le score du joueur plutôt que de l’obliger à recommencer un niveau en entier lorsque ses points de vie tombent à zéro. Même chose avec les collectibles à ramasser et les missions annexes à remplir, des tâches totalement facultatives mais qui permettent d’adapter le challenge au niveau du joueurv, avec la possibilité de débloquer des niveaux bonus plus difficiles et de faire grimper le score, là encore.

On regrette tout de même un bon manque d’inspiration sur le level-design général du jeu. Alors que le titre s’efforce de proposer de nombreux éléments différents, comme des trampolines, des vis, des propulseurs, des tyroliennes, et même des objets capables de transformer temporairement notre yo-yo en boule de bowling, en hélice d’hélicoptère ou en petit dragster, le tout manque cruellement de rythme et il est très rare de ressentir de la satisfaction à voir les actions s’enchainer comme ça pouvait l’être dans un bon Sonic. Au final c’est presque tout le contraire puisque les phases de jeu les plus satisfaisantes sont en réalité les combats de boss, au point de regretter qu’ils ne viennent pas conclure systématiquement chaque monde parcouru.

De la déception également du côté de la direction artistique, qui mélange les couleurs chaudes et froides pour des tableaux bariolés qui ne fonctionnent pas vraiment. Seuls quelques mondes parviennent à sortir du lot, comme le «Saharzap», une sorte de désert de sable bleu parsemés de composants électroniques. Sans être mémorables, les musiques sont intéressantes et rappellent les meilleures heures du genre. En revanche, on ne comprend pas trop comment le titre a pu embarquer avec lui autant de bugs de collision, avec parfois la nécessité de redémarrer la partie au précédent checkpoint.

7/10
Difficile de bien rentrer dans Penny's Big Breakaway. Les imprécisions de gameplay, les quelques difficultés pour en maitriser les différents mouvements et la caméra pas toujours idéalement placée sont une grosse source de frustration sur les premières heures de jeu. Une fois bien en main, le titre d'Evening Star est déjà un peu plus agréable à jouer (et surtout moins frustrant), aidé par de trop rares fulgurances en termes de level-design et des affrontements de boss qui relèvent le niveau général. Pas grand chose à reprocher du côté du contenu, avec une grosse quarantaine de niveaux répartis sur onze mondes et une rejouabilité bien présentes. Un excellent titre dans l'intention donc, mais qui se révèle bien trop imparfait dans l'exécution, ce qui ne lui permettra sans doute pas de rester dans les mémoires.

+

  • Univers agréable à parcourir
  • Imaginé pour tous les publics
  • Boss très sympas à combattre
  • Très bonne rejouabilité
  • Quelques environnements chouettes

-

    • Gameplay qui manque de précision
    • Combats ultra fouillis et répétitifs
    • Level-design loin d'être fou-fou
    • Sensation de vitesse pas assez appuyée
    • Caméra pas toujours bien placée
    • Beaucoup de bugs