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Prince of Persia 2 : L’Ame du Guerrier

Action/Aventure | Edité par Ubisoft

8/10
360 : 01 décembre 2004
09.12 à 00h32 par - Rédacteur |Source : http://www.xbox-mag.net/

Test : Prince of Persia 2 : L'Ame du Guerrier sur Xbox

Un peu moins d’un an après nous avoir fait vibrer dans d’inoubliables aventures acrobatiques, le Prince de Perse revient et comme souvent dans ces cas-là, il n’est pas content. Traqué par un monstre amateur de jeunes funambules bien musclés, l’homme tente vainement d’échapper à son destin funeste. Rongé par la peur et fatigué de devoir fuir sans cesse, c’est un Prince de fort méchante humeur que l’on retrouve en ce début de mois de décembre.

Tu es un homme, mon fils

Eh oui, la principale nouveauté de cette Âme du Guerrier, c’est le côté « dark » du héros. Ce prince, qu’on a découvert aussi drôle qu’insolent, pas vraiment galant et plutôt insouciant, a bien changé depuis qu’on l’a quitté. Le fait d’avoir perturbé le cours du temps a mis le Dahaka en pétard. Ce monstre invincible, cousin germain du célèbre Némésis de Resident Evil, n’a de cesse de poursuivre le prince afin de le tuer et de rétablir l’ordre des choses. C’est pour cela qu’on retrouve un personnage beaucoup plus torturé, nettement moins marrant et peut-être un peu moins attachant. Saluons toutefois l’initiative d’Ubi Soft qui a décidé de faire évoluer son héros de manière logique, quoique un peu maladroite (voir plus bas), au lieu de nous servir une suite facile en terme de scénario. Si l’on met de côté ce prince « new look », on retrouve tout ce qui a fait de Sands of Time un des tous meilleurs jeux de l’année : puzzles, mécanismes déroutants, phases de plates-formes et combats. Les ingrédients sont les mêmes, mais le résultat est meilleur car Ubi a su équilibrer au mieux son jeu en augmentant le nombre de combats sans pour autant les rendre interminables comme l’étaient ceux de SoT. Le cocktail est donc plus digeste et les combats ne tombent plus comme un cheveu sur la soupe. L’aventure se révèle aussi plus longue et difficile, ce qui est une excellente chose d’autant plus que le rythme est soutenu (hormis quelques allers-retours) et que l’on croise rarement deux fois le même puzzle. La disparition des fontaines de sable (remplacées par les ennemis) et des visions prémonitoires est une bonne chose, les points de sauvegarde étant nombreux et bien placés.

Entre Patrick Dupont et Franck Dux

C’est bien connu, on ne change pas une équipe qui gagne, et c’est pourquoi on ne trouve pas grand-chose de nouveau en terme de maniabilité hors combats. Bien entendu, les quelques cordes murales (les autres se sont volatilisées, dommage) et les rideaux à découper époussètent quelque peu les phases de plates-formes, mais c’est sans grand danger pour le joueur de SoT qui en a vu d’autres. Les novices seront enchantés par les centaines de pièges disposés scientifiquement comme ils seront transportés à l’idée de courir sur les murs pour attraper une corniche et enchaîner avec trois barres asymétriques. Même si ces phases sont plus nombreuses et dans l’ensemble mieux construites qu’avant, on regrettera l’absence de passages bien mortels avec effondrements, pièges vicieux et morts atroces (ndshann : consulte un psy mec…). Question combats, les développeurs ont visiblement fait un énorme effort afin de diversifier les joutes et surtout de mieux les inclure dans le jeu. On trouve ainsi une plus grande variété d’ennemis, une technique particulière pour chacun d’eux (histoire d’éviter de perdre de la vie inutilement) et ces derniers ne surgissent plus de nulle part comme c’était le cas auparavant. Cependant, diversité ne signifie pas intelligence, et vos adversaires seront souvent plus dangereux par leur nombre que par leur stratégie, qui se résume à un harcèlement des plus tenaces. Heureusement, un grand nombre de gestes est disponible afin de les envoyer ad patres le plus efficacement possible. Pirouettes, décapitations, roulades et parades diverses devront être vite maîtrisées histoire d’éviter que votre barre de vie ne fonde comme neige au soleil. On notera aussi la possibilité de combattre avec deux armes à la fois, ce qui se révèle vraiment utile dans les moments chauds.

Si notre avatar princier se meut avec autant d’agilité et d’aisance qu’un félin, il n’en va pas de même pour la caméra qui a souvent un peu de mal à suivre le joueur chevronné qui n’est pas décidé à s’arrêter pour prendre le temps de la recentrer. Certes, une bonne connaissance des pièges et obstacles permet de faire fi de ces problèmes, mais la caméra reste handicapante lors de certains passages étroits. La possibilité de la recentrer en cliquant sur le stick droit est une bénédiction mais les développeurs auraient peut-être pu travailler un peu plus certains angles afin de rendre une copie immaculée. Ce n’est pas le cas, et il faudra prendre l’habitude de jouer du stick pour garder l’œil sur le prince. Malgré ces petits problèmes et le manque de nouveautés, gardons à l’esprit que PoP 2 est un monstre de level design, que les niveaux sont diablement bien bâtis, et qu’avec la meilleure intégration des combats l’expérience globale n’en n’est que meilleure.

Un peu de cosmétique, enfin

En un mot, ce nouveau Prince of Persia est magnifique. Sans réellement exploser la face de son prédécesseur, le jeu est sensiblement plus joli et distribue les effets spéciaux sans jamais broncher. Contre-jours, particules et étincelles, textures chaudes ou plus sombres, tout y est, et le fait de visiter les niveaux à deux époques différentes est plaisant. L’ensemble du jeu est esthétiquement très réussi, même si l’on peut (légèrement) regretter le côté figé du prince (c’était sympa de voir ses vêtements partir en lambeaux) ou encore le character design des personnages féminins, légèrement pétasses sur les bords. Question animations, là encore pas de souci, c’est excellent. Comme je vous le disais plus haut, le prince se déplace avec une grâce peu commune et sa palette de mouvements est tout juste énorme. Ajoutez à cela des décors parfois mobiles (l’horloge) et vous obtiendrez un résultat béton.

Non vraiment, le seul gros défaut que je puisse trouver à l’Âme du Guerrier vient de sa partie sonore mal dégrossie. Si les divers bruitages liés aux décors (pièges, bruits de pas etc.) ne posent aucun problème, les musiques et les doublages en feront tiquer plus d’un, surtout ceux qui ont apprécié Sands of Time pour son côté calme et enivrant. Commençons par le plus gênant, les doublages. Corrects (mais pas géniaux) lors des cinématiques, ils deviennent carrément pénibles durant le jeu, avec un prince qui parle pour ne rien dire (il n’y a plus de voix off), qui pousse des gémissements siffrédiques lors des sauts et qui a perdu toute trace d’humour. Cela ôte un peu de charisme au personnage, il faut l’avouer. Les ennemis y vont aussi de leurs commentaires, souvent très redondants et visiblement lancés aléatoirement dans les combats (ça fait bizarre de se faire chambrer par un adversaire qu’on vient de laminer). Si les musiques tendance métal conviennent relativement bien aux combats souvent endiablés, peut-être qu’Ubi aurait pu faire un léger effort pour trouver quelque chose de moins facile que deux, trois riffs électriques pour rythmer son jeu et lui donner un côté sombre. On a connu les développeurs (et les marketeux) plus inspirés, c’est certain.

Prince of Persia : L’Âme du Guerrier a perdu en charme ce qu'il a gagné en maturité. Plus long, plus consistant et plus intéressant à jouer, il succède efficacement aux Sables du Temps. Malgré tout, le plaisir n'est pas total et l'on regrettera surtout l'évolution du prince, ou du moins le côté un peu maladroit de celle-ci. PoP 2 reste toutefois un jeu excellent, idéal pour passer les fêtes en compagnie du plus monte en l'air des princes orientaux.

+

    -

      • Rien à dire, le jeu est toujours aussi beau, voire plus. Les environnements sont variés et le constraste passé/présent très intéressant. L'esthétique est remarquable et le charme agit rapidement pour ne plus lâcher prise.
      • Le prince se manie au doigt et à la baguette, que ce soit en combat ou en mode trapéziste. Le pad est très bien utilisé compte tenu du nombre élevé de possibilités. La caméra fait parfois des siennes, mais c'est un petit prix à payer.
      • Nettement plus long que son prédecesseur, PoP 2 est également plus difficile et plus rejouable car mieux construit. Le mode Live rallonge encore un peu le plaisir, que demande le peuple ?
      • Les doublages sont quelconques et les textes peu inspirés. Où est passée l'inventivité du premier volet sur ce point ? Les musiques quant à elles sont loin d'être inoubliables
      • Du voyage dans le temps, des rebondissements et une histoire de destin à contrecarrer... Tout pour faire un scénario en béton, je vous l'assure.
      • La surprise n'est peut-être plus, mais PoP 2 est au moins aussi bon que son ainé, ce qui en fait un pur indispensable en cette période de fêtes.
      • Le prince dispose d'une palette de gestes aussi énorme que classieuse. Les quelques décors animés le sont de fort belle manière et le framerate est stable.
      • Des niveaux "catastrophe" bien tortueux à torcher en temps records (très intéressant) et un mode survival (moins intéressant). On ne peut pas vraiment faire plus pour un tel jeu.