Jeux

Rainbow Six Vegas 2

FPS | Edité par Ubisoft

4/5
360 : 21 mars 2008

Test : Rainbow Six Vegas 2 sur Xbox 360

Petit coming out vidéoludique. Au risque de me mettre à dos les méga-afficionados des premiers et très hardcore premiers épisodes de la série, au risque de valider la stratégie de la version « un point cinq » adoptée par Ubisoft, je le confesse : j’ai aimé Rainbow Six Vegas 2. C’est grave docteur ? Diagnostic rapide de la situation.


Six Six Six : la malédiction de la suite ?

Nous voici donc dans la même position que lors de l’arrivée de Ghost Recon Advanced Warfighter 2 l’année dernière. Après Rainbow Six Vegas, très apprécié fin 2006, Ubisoft remet le couvert moins d’un an et demi après. Les motivations de ce genre d’initiative ne sont clairement pas d’uniquement faire progresser le jeu vidéo en tant que discipline artistique. A l’heure où développer un soft demande de plus en plus d’investissements financiers, la tentation de réaliser un second opus sur une base technique déjà existante – et donc pour un coût moindre – est grande, d’autant plus si on peut s’appuyer sur un succès commercial antérieur et un nom, une licence forte. Et un public déjà conquis qui en redemande, souvent le plus tôt possible.

Il est bon de noter, toutefois, que cette pratique n’est pas nécessairement nouvelle en ce qui concerne les jeux Tom Clancy. Durant la génération de consoles précédente, Ubi avait produit quelques grosses extensions vendues séparément et en boîtier, telles que Black Arrow pour Rainbow Six 3. Seulement le prix d’achat était deux fois moins élevé que pour Vegas 2, qui réclame à celui qui succombe à ses charmes autant qu’un soft qui aurait nécessité deux fois plus de temps et d’argent à confectionner. Pourtant, malgré ce qui constitue, avouons-le, un à priori tendant vers le négatif, le nouveau Rainbow Six est un vrai bon jeu, et, on est forcé de le reconnaître, un investissement bel et bien valable.

L’as de trèfle qui pique ton coeur

Il y a bien des choses qu’on peut reprocherau désormaisduoRainbow Six Vegas, comme l’accessibilité et l’abandon du côté tactique poussé qui avait fait la réputation, entre autres, de Rainbow Six 3 sur Xbox. Dans le même temps, le nouveau visage de la série n’est pas pour autant celui d’un monstre qui aurait vendu son âme pour quelques dollars de recette. Ce que le gameplay a perdu en profondeur, Rainbow Six le récupère de par son ambiance et sa gestion de progression bien équilibrée. Spectaculaire, le jeu exploite à fond le côté cool et immersif d’une mission d’intervention des forces spéciales en proposant un enchaînement furieux de séquences choc : rappels, désamorçages, sauvetages, passages de portes, sans oublier les fameuses arrivées en hélico tomclanciennes. On retrouve un dispositif d’ordres simple s’appuyant essentiellement sur A, la touche magique, qui s’adapte selon les éléments de décor rencontrés. Ca, ça marche bien. Par contre, la précision etl’équilibre de l’arsenal ne sont peut-être pas les plus extrêmes qui soient, et on peste sur certains contrôles et choix de game design douteux, notamment la gestion des déplacements quand on est à couvert et le très mal pensé obscurcissement de la vue quand la mort approche. Mais il n’empêche qu’on est plongé dans un vrai trip et que ça fait du bien. L’IA, pas parfaite (aucune ne l’est), ne réagit pas trop mal, les lieux visités sont variés et intéressants (mention spéciale au salon de jeux vidéo) et Ubi Montréal a même fait l’effort de mettre sur pied un semblant de mise en scène pour donner un peu de fond à l’histoire. Pas de quoi fouetter un Ding Chavez, mais ça a le mérite d’avoir été fait.

Une des forces de Vegas 2 reste, comme son aîné, ses fonctions coopératives assez généreuses. On peut désormais se faire la campagne d’une traite en coop (mais à deux et non plus à quatre) et toujours participer à des missions spécialement faites pour jouer à plusieurs face à une adversité réglable, qu’on ajustera selon ses envies, sachant que le mode réaliste, peu permissif au niveau des dégâts reçus, propose un joli challenge, même pour les hardcore aguerris.

Mais il ne faut pas non plus oublier ce qui est peut-être l’ajout majoritaire de Vegas 2, à savoir le système d’expérience. Très bien foutu, il propose d’engranger des points pour chaque escarmouche à laquelle on participe, et cela dans n’importe quel mode, multi comme chasse aux terroristes, campagne solo comme coop. Les XP durement acquis serviront à acheter de nouvelles armes et de nouveaux équipements, souvent bien classieux, histoire de personnaliser à mort son commando préféré. Sachant qu’en plus, le jeu gère la façon dont on aborde les situations (tireur à distance, corps-à-corps ou bien adepte de l’assaut) et débloque certains bonus en conséquence, on obtient un système carrément valable. Comme quoi, une once de JRPG dans Rainbow Six, ça peut marcher (si, si !).

On joue à la roulette (russe)

Le solo de Vegas 2 n’est donc pas désagréable à suivre, mais l’attrait sans doute premier du soft est son multijoueur, bénéficiant de quelques ajouts mais reprenant en fait les grandes lignes de son excellent prédécesseur. Rainbow Six, malgré son côté action à présent très prononcé, reste un des FPS les plus posés du Live, et réussit à délivrer des sensations différentes de la majorité des productions en vue subjective. Avec une communauté massive assurée et de bonnes conditions de jeu online, tout cela couplé à l’intéressant système d’XP du soft, on se retrouve avec une offre certes un peu similaire au jeu d’origine, mais très complète et séduisante.

On touche ici, en réalité,à ce qui devra motiver l’achat de Rainbow Six Vegas 2. En somme, le soft est bon, parce que le premier l’était. Le multi, le coop et le solo assurent bien comme il faut est sont tous au-dessus de la moyenne. Mais, pas de miracle, Vegas 2 est bel et bien, et comme on pouvait le craindre, un gros add-on plus qu’une vraie suite. Rien que techniquement, le jeu n’a pas trop évolué. Le plaisir qu’on prendra dessus dépendra donc en grande partie de la capacité à faire abstraction de ce qu’aurait pu être un « vrai » nouveau Rainbow, qui aurait pris un an et demi de plus pour sortir et aurait inclus davantage de nouveautés et de polish.

Rainbow Six Vegas 2 est la preuve qu’une « suite » de jeu sortant un peu plus d’un an après l’original ne peut pas en être vraiment une. Le soft reprend presque à la lettre ce qui a fait le succès du premier RS Vegas, en n’apportant que très peu de nouveautés, encore moins que ne l’avait fait un Advanced Warfighter 2 en son temps. Ceci étant dit, ce n’est pas pour ça que le titre d’Ubi Montréal a perdu de sa qualité en route. Le gameplay reste efficace et les options sont nombreuses, en tête desquelles on retrouve un bon coopératif et un multi qui reste une valeur sûre. Si on peut tolérer que Vegas 2 soit une espèce de maxi-extension vendue au prix du neuf, on se laissera tenter et on s’amusera franchement. Sinon, ça bloquera. A bon entendeur.

+

  • La formule Rainbow Six Vegas toujours efficace
  • Le coop, le multi, en offline comme en online
  • Le nouveau système d’expérience bien pensé

-

    • Vegas 2 est plus un gros add-on qu’une vraie suite
    • Pas un exemple d’équilibre
    • Techniquement un peu juste, quelques bugs voyants
    • Quelques détails de gameplay (déplacements à couvert, obscurcissement de la vue en cas de blessure)