Jeux

Red Faction : Guerilla

FPS | Edité par THQ | Développé par Volition, Inc.

4/5
360 : 05 juin 2009

Test : Red Faction : Guerilla sur Xbox 360

Avec Guerrilla, Volition, studio à l’origine des Saints Row, promettait d’enfin concrétiser les promesses qui avaient été faites au lancement de la série Red Faction, quand cette dernière était encore un FPS : développer un jeu où tout serait destructible. Le pari semblait fou, et pourtant, une fois le produit final en main, force est de constater que d’une part, oui, on peut tout casser, et que d’autre part, ce n’est pas l’unique qualité du soft. Qui l’eût cru ?

Toi aussi, rejoins la résistance

2120. L’EDF, groupe allié dans les premiers Red Faction, est loin de distribuer gracieusement l’électricité. C’est même le contraire : face à l’épuisement des ressources terrestres, le groupe armé force les habitants de Mars à coopérer et fournir la planète bleue en matières premières. La mort, l’emprisonnement sont les seules issues pour les récalcitrants. C’est dans ce contexte difficile qu’Alec Mason arrive sur Mars afin d’y travailler (il est ingénieur minier). A son arrivée, il retrouve son frère Daniel. Mais ce dernier s’avère opposé au régime en place et espère bien convaincre Alec de rejoindre la Red Faction, le groupe de résistance qui entend bien chasser l’EDF de Mars. Un tragique incident va accélérer les choses et Alec va effectivement se retrouvé enrôlé, malgré lui, dans les rangs des révolutionnaires.


Ce qu’on va dire va sembler banal, mais malgré un thème intéressant à exploiter (résistance à l’oppression), Red Faction Guerrilla ne se sert de son scénario que comme d’un prétexte pour tout casser. L’histoire passe rapidement au second plan, et c’est tant mieux, entre des situations mal amenées, des personnages inintéressants et des dialogues au raz des pâquerettes. Heureusement, le soft a d’autres arguments.

Destruction Derby

Red Faction Guerrilla, c’est d’abord un moteur physique extraordinaire, le Geomod 2.0. C’est bien simple : tout est destructible, de la classique caisse de matériel aux plus grands bâtiments. Alec Mason, en tant qu’ingénieur, est forcément un as de la défragmentation au marteau ou aux explosifs, et peut s’attaquer à n’importe quoi, rien ne lui résiste plus de quelques minutes. L’avantage de cette physique aussi révolutionnaire que le contexte du jeu, c’est de donner au joueur la sensation d’un univers crédible (même si tout se détruit un peu trop facilement) et palpable. Et comme en plus, le titre est plutôt beau, on se laisse séduire rapidement. Red Faction en deviendrait presque sensoriel.

Aucun jeu n’est allé aussi loin jusqu’à présent, et Volition réussit la performance d’établir un benchmark technique, ce qui n’est pas donné à tout le monde sur cette génération de machines.

Cependant, bâtir un bon moteur n’est pas tout. Des jeux comme Fracture (qui utilisait la déformation du terrain) l’ont montré : un game design médiocre ne sauve pas un titre, quand bien même celui-ci utilise une technologie novatrice. Fort heureusement, Volition a déjà fait ses armes du côté du GTA-Like (Saints Row 1 et 2), sans se planter. C’est sans trop de surprise que Guerrilla adopte la structure ouverte des clones de Grand Theft Auto, même si pour le coup, l’organisation des missions et le côté très rustique de Mars font davantage penser à un Mercenaries.


Red Faction dispose de véhicules à conduire, d’un système de tir/couverture qui s’accommode bien des environnements destructibles et de missions diverses et variées. Remplir des objectif secondaires permet notamment d’accroître le soutien du peuple martien, qui se joint de plus en plus nombreux aux attentats d’Alec. Tout cela donne un cocktail résolument explosif, très convaincant les premières heures, mais qui peine à se renouveler sur le long terme. Libérer Mars nécessite de remplir des objectifs parmi les six zones de la carte, et à force, on se lasse un peu. Comme le soft en donne beaucoup tout de suite, il a du mal à soutenir son effort. C’est là qu’un bon scénario aurait aidé à renforcer l’immersion, mais à force de faire sauter des bases ou des tours, dans des décors très semblables et peu animés, sans mise en scène, on se demande parfois « A quoi bon ? ». Guerrilla est donc plutôt la bonne dose d’adrénaline qu’on s’administre par petites quantités.


Multidestructeur

Mais il ne faudrait pas oublier que le jeu de Volition ne propose pas qu’une campagne solo. Plusieurs modes multijoueur sont proposés. Equipe de démolition, qui se joue chacun son tour et hors-ligne, permet de voir qui détruira le plus de bâtiments avec un temps et un arsenal donné. Très amusant. Mais le morceau principal est quand même le multi en ligne, qui, du fait du système de tir suffisamment précis, s’avère être agréable à jouer. Classiques (deathmatch) ou plus axés destruction, les modes de jeu sont plaisants. L’implémentation de bonus, sous forme de sac à dos spéciaux, ajoute du piment aux parties, en offrant des avantages aux participants (dégâts augmentés, jetpacks, génération de tremblements de terre, etc). Mine de rien, le bilan est très satisfaisant, et pour le coup on ne s’y attendait vraiment pas.

Vraie bonne surprise, Red Faction Guerrilla fait totalement oublier les épisodes FPS précédents grâce avant tout à l’impressionnant Geomod 2.0. Le fait de pouvoir absolument tout détruire dans un jeu est une étape qui reste à franchir pour beaucoup de développeurs. Volition l’a fait, et avec application. Mais Guerrilla brille aussi par ses systèmes de jeu efficaces qui lui permettent d’aller au-delà du statut de simple démo technique. La qualité du multijoueur est aussi à souligner. Red Faction est donc un des jeux d’action les plus complets à avoir vu le jour cette année. Dommage que le soft ait si peu de sex-appeal, entre un scénario ne tirant absolument pas parti du contexte intéressant de la résistance à l’oppression, des objectif trop similaires et un univers peu attachant.

+

  • Le Geomod 2.0, un vrai accomplissement technologique
  • Multijoueur de qualité, pour une fois
  • Vaste, de nombreuses missions
  • Ne se repose pas que sur son moteur physique

-

    • Lassant sur la durée
    • Scénario creux, personnages transparents
    • Univers pas très développé