Test : Resident Evil: Requiem sur Xbox
La créature hybride la plus aboutie de Capcom
Resident Evil Requiem part d’une proposition double : celle de nous faire suivre à la fois l’histoire du point de vue de Leon et d’autre part de celui de Grace. Deux protagonistes, deux héros, très différents qui vont vivre et suivre des évènements qui vont évidemment se rejoindre à certains moments. Ce scénario croisé se montre, dès le départ, très intrigant et est porté par une mise en scène d’excellente facture, allant un peu plus loin que ce que Village nous avait offert. Nos premiers pas nous amènent dans un hôtel délabré, lieu où la mère de Grace a été assassinée. On prend nos marques, on savoure ces premiers moments et, surtout, on tremble à chaque bruit étrange qui surgit. Cette introduction, intense, nous permet de rencontrer un antagoniste que ceux et celles qui ont regardé les bandes-annonces ont déjà vu : un certain Victor Gideon.
Ce personnage, inconnu de tous, va occuper une place importante dans la trame scénaristique qui nous enverra visiter trois lieux bien distincts dont Raccoon City fait bien entendu partie. Le retour dans la ville est d’ailleurs un grand moment de cet épisode car il nous permet de retrouver certains environnements que l’on a déjà croisés dans Resident Evil 2. On vous conseille d’ailleurs vivement de vous plonger dans le second épisode (voire même dans le premier) pour apprécier l’ampleur de l’histoire qui nous est racontée et qui s’avère franchement bien menée. Le seul bémol concernant cette dernière, à nos yeux, vient de ces questions qui restent – probablement en vue d’une suite ou d’un DLC – sans réponse. Il faudra désormais attendre de voir ce que Capcom nous réserve pour la suite, mais la porte pour un dixième épisode est évidemment grande ouverte à la fin de Requiem.
Cela n’étonnera personne, contrairement à certains choix, certaines décisions à prendre (dilemme franchement sympathique) qui jalonnent notre périple et qui sont intéressantes. Du scénario, nous n’en dirons pas plus pour éviter les spoils, mais sachez que pour un épisode qui avait la lourde tâche de célébrer les 30 ans de la franchise, on peut dire que Resident Evil Requiem se montre sérieux, solide et convaincant. Certains lui reprocheront peut-être une forme de fan-service, mais en l’état, cela reste assez malin, assez intelligent, et on ne tombe pas dans la soupe maison où il fallait intégrer tous les ingrédients attendus par la communauté. Tant mieux !
Du côté du gameplay, les choses sont particulièrement intéressantes. En effet, s’il est possible d’incarner Grace et Leon, c’est aussi et surtout pour nous proposer deux gameplay fondamentalement différents. Dans le cas de la jeune femme, agent du FBI, on se retrouve face à une expérience similaire à ce qu’un Resident Evil VII pouvait proposer. C’est assez cloisonné, intimiste, et le jeu est forcément tourné vers l’horreur. On vous conseille d’ailleurs de jouer en difficulté « normale » voire plus si vous souhaitez pleinement mesurer l’ampleur du stress qui vous attend. En effet, Grace n’est pas une adepte des armes à feu et vous ne disposez donc pas d’un arsenal conséquent. Vous avez bien un pistolet pour vous défendre, mais dans de nombreux cas, il sera plus prudent de fuir les zombies, voire de contourner certaines zones. On se retrouve également, l’une ou l’autre fois, à jouer à « cache-cache » avec l’une ou l’autre créature qui nous poursuit. Honnêtement, avec le casque vissé sur les oreilles et une ambiance soignée (jouer dans le noir, c’est mieux pour apprécier cela), c’est assez savoureux.
En termes de possibilités, Grace peut, au-delà du fait d’employer son pistolet, prélever le sang sur les ennemis dont elle se débarrasse. L’intérêt est de pouvoir ensuite synthétiser celui-ci afin de créer des objets à employer : soin, munition, cocktail molotov… ainsi que des améliorations de santé et de performances pour elle-même. Ce système d’amélioration, franchement intéressant, est également couplé à une forme de monnaie (des pièces) qui est disposée dans le centre de soin et qui nous permet de récupérer des objets utiles (voire indispensable). C’est efficace et plutôt novateur, surtout qu’il faut gérer la quantité de sang que l’on récupère et qui ne peut être trouvée que sur des cadavres. Cela signifie qu’il faut donc, à un moment donné, éliminer certains ennemis, au risque de se mettre en danger, d’utiliser des munitions… La survie, ça a un prix, à vous de juger ce qui est nécessaire.
De son côté, Leon fait les choses de manière un peu plus classique, et surtout nettement plus brutale. Ici, on prend le contrôle de l’un des hommes forts de la série et cela se ressent dès les premiers instants. Visée impeccable, attaque au corps-à-corps plus violente, utilisation d’une hachette, tant de possibilités qui nous prouvent, si besoin est, que l’ancien nouveau membre de la police de Raccoon City n’est pas là pour plaisanter. Pour perfectionner son équipement, Leon ne se procurera pas le sang de ses ennemis et ne pourra pas non plus compter sur la présence d’un marchand. Il débloquera, à son arrivée en ville, un compteur qui, à chaque élimination, grimpera.
Vous l’aurez donc compris : plus vous éliminez des adversaires, plus vous gagnez de l’argent et plus votre équipement peut s’améliorer. Une manière comme une autre pour Capcom de nous pousser vers l’action qui ne manquera pas d’être présente de toute manière. Le jeu prend avec Leon une tournure qui rappelle sans difficulté Resident Evil 4 ou encore l’arrivée de Chris dans Village. Cette dualité de gameplay, et c’est sans doute l’un des tours de force de cet épisode, brille grâce à un équilibre parfaitement dosé. On passe de l’un à l’autre de manière fluide et limpide, grâce à la mise en scène qui s’est franchement bonifiée et qui nous renvoie souvent vers le cinéma. Chapeau !
Mais bien entendu, en dépit de ses immenses qualités et du fait que nous ayons passé un excellent moment sur le jeu, nous avons tout de même deux reproches à formuler au bébé de Capcom. Le premier tient à la durée de vie du jeu qui n’excède pas, en normal et en ayant pratiquement tout fouillé, les dix heures. Évidemment, la rejouabilité est toujours possible, mais il faut reconnaitre que ce n’est pas le point fort du titre. Second point décevant : la structure proposée qui, en réalité, s’avère assez classique. Sans en dire de trop pour éviter de dévoiler certains points, Requiem suit une formule que l’on connait très bien et qui, au final, ne surprendra pas vraiment grand monde. C’est dommage, car il y avait la place pour faire quelque chose d’un peu plus fou, d’un peu plus dingue. Ce neuvième épisode est sans aucun doute celui de l’équilibre, la preuve que la formule de Capcom est parfaitement maitrisée, mais elle est aussi un peu trop sage.
Heureusement, la firme japonaise ne s’est pas contentée de créer un simple best of de sa série. Non, elle est parvenue à nous distiller quelques nouveautés plutôt bienvenues qui ont un réel impact sur le jeu. Tout cela débute avec différentes phases de jeu qui sont aussi pertinentes qu’intéressantes. Elles cassent le rythme du titre et offrent une alternative de gameplay très agréable. On en redemande ! Autre ajout : la possibilité de ramasser les armes des ennemis et de leur renvoyer, ce qui leur inflige des dégâts assez importants. Cela n’a l’air de rien, mais dans les combats, quand la gestion de notre arsenal et de nos munitions demeure une priorité, c’est un point que l’on ne peut négliger et qui nous pousse, parfois, à adopter un comportement un tantinet plus agressif.
Enfin, et c’est sans doute l’un des points les plus appréciables, Requiem nous propose deux points de vue pour jouer : à la première et à la troisième personne. Vous faites le choix que vous souhaitez, mais les développeurs vous conseillent au départ de jouer en FPS avec Grace et de jouer l’aventure aux côtés de Leon avec l’autre point de vue. Nous avons suivi les directives et, sincèrement, il s’agit vraiment de la meilleure manière d’aborder et de profiter du titre et des deux expériences proposées.
Un petit mot sur le bestiaire du jeu qui s’avère assez riche en possibilités. On a bien entendu les zombies classiques, mais aussi et surtout ceux qui ont le souvenir de leur vie d’avant. Un concept franchement sympathique qui aurait mérité d’être davantage mis en avant durant toute notre partie. Les croiser, c’est aussi et avant tout observer leur attitude, écouter leur commentaire et parfois s’amuser de leur comportement. On retrouve aussi son lot de bêtes et créatures toujours plus folles qui sont assez inspirées. Cela étant, du fait d’une expérience un brin trop courte, on n’a pas forcément l’occasion d’en croiser certaines très souvent et, là aussi, il était sans doute possible de faire un peu mieux. Enfin, les boss sont bien entendu de la partie et, comme souvent dans la série, ils font leur petit effet. Certains feront d’ailleurs office de belle surprise, tandis que d’autres seront aussi retors que possible. Mention spéciale aux deux premiers qui proposent vraiment une expérience sous tension, les suivants étant un peu plus classiques et faisant davantage office de « clin d’œil » aux amateurs de la saga.
Terminons avec l’aspect technique du jeu qui, dans l’ensemble et au cours de notre test réalisé sur Xbox Series X, s’est avéré pratiquement irréprochable. On a pu apercevoir çà et là une baisse de framerate dans des environnements un peu plus grands, ou encore des animations parfois trop scriptées, mais dans l’ensemble ce neuvième épisode est d’excellente facture. Les animations des visages et les émotions qu’ils véhiculent sont impeccables, tout comme la direction artistique du jeu qui, dans sa première partie notamment, est une franche réussite. Comme dit plus haut, la seconde, sans être mauvaise ou même brillante, se veut un chouïa trop classique. Du côté de la partie sonore, par contre, c’est un sans-faute. Que ce soit les bruitages, la musique d’ambiance ou des combats, les doublages ou encore, de manière générale, la spatialisation du son, tout est extrêmement soigné. On vous conseille d’ailleurs vivement de profiter de l’expérience avec un casque, ce qui vous permettra de ressentir la peur qui traverse le corps de Grace au cours de son aventure.
+
- Histoire intrigante ;
- Raccoon City et ses lieux mythiques ;
- Bestiaire varié ;
- Situation originale ;
- Gameplay différent et varié ;
- Grace, attachante, Leon, puissant ;
- Techniquement solide ;
- Partie sonore parfaite.
-
- Court ;
- Sage ;
- Questions sans réponse ;
- Quelques écueils techniques.


