Jeux

Ride 6

| Développé par Milestone

-/10
One : 12 February 2026 Series X/S : 12 February 2026
17.02.2026 à 17h30 par - Rédacteur

Test : Ride 6 sur Xbox

Ride the Lightning

Souvent occupés à adapter les licences officielles du monde de la moto et de composer donc avec les obligations qui y sont attachées, les Italiens de Milestone ont créé avec Ride leur exutoire. Un jeu-passion qui replace le plaisir brut du pilotage au centre de l’attention. Avec Ride 6, le moment est venu de compiler tout ce que la série a produit de bon et de délivrer une expérience engageante et généreuse. Pari réussi ?

Cela fait un peu plus de dix ans que Ride s’invite régulièrement sur nos consoles et vise les amateurs de deux-roues qui rêvent d’autre chose que le MotoGP ou, tout à l’opposé, le MX/SX. Ride, c’est la réunion de diverses familles de motos et à l’occasion de ce sixième épisode, l’offre prend de la largeur. On compte un peu plus de 250 bécanes disponibles et, temps et DLC aidant, Ride 6 en comptera à terme quelque 340. C’est costaud, d’autant qu’aux catégories déjà connues comme le Supermotard, le Superbike, les Roadsters, les classiques historiques ou encore les scooters s’ajoutent les massives « Baggers » et les Maxi Trails. Il y a de quoi remplir un beau garage, d’autant que toutes ces motos issues d’une vingtaine de constructeurs sont accessibles avec plusieurs livrées et que l’on peut compter comme toujours sur la communauté des joueurs créatifs et impliqués pour nous offrir de belles réalisations grâce à l’éditeur dédié (il permet aussi de personnaliser le casque et l’équipement du pilote).

Ride 6 s’inscrit sans surprise dans la lignée de ses prédécesseurs qui ont misé sans relâche sur la variété des approches des courses, que rend possible aussi bien l’étendue du garage que la bonne proposition affichées côté tracés. On en compte ici 45. Une partie s’appuie sur des circuits réels (Mugello, Daytona, Nürburgring, Laguna Seca, Suzuka entre autres), tandis que l’autre nous permet de tester nos compétences de pilote sur des tracés fictifs mais non moins intéressants. On pense en particulier aux courses sur les routes du Japon ou les pistes de Turquie. C’est dans ce contexte que l’ingrédient magique de la diversité offert par Ride prend tout son sens : on passe d’une catégorie à l’autre, de la vitesse pure à la glissade sur terre, avec néanmoins une certaine cohérence. Ride 6 a clairement ce petit quelque chose qui le rapproche, avec deux roues en moins, de la formule si bien orchestrée d’un Gran Turismo.

ride 6 test 1

Ride 6 propose l’essentiel des modes de jeu attendus, avec des courses uniques largement paramétrables (on peut y faire concourir toutes les sortes de moto à la fois si l’envie y est), des épreuves contre-la-montre, de l’endurance. Jouable en multijoueur en ligne et en solo, Ride 6 s’appuie dans ce dernier cas de figure sur un mode principal repensé au regard de la proposition de l’édition numéro 5. Nous sommes invités à participer au « Ride Fest » pour tenter d’y débloquer des dizaines de sections à thème (par type de moto ou situation géographique par exemple), elles-mêmes composées de plusieurs épreuves qui sont aussi bien des courses que de l’attaque de chrono ou encore des face-à-face avec la dizaine de champions, issus du monde réel de la moto. Le principe de progression est simple : réussir l’objectif principal rapporte des étoiles et un bonus peut s’obtenir en cas de réussite de l’objectif secondaire ; accumuler des étoiles débloque toujours plus de nouvelles sections du Ride Fest. A mesure que l’on progresse, on débloque très régulièrement de nouvelles motos, ouvrant dès lors de nouvelles possibilités. A noter que l’on retrouve encore dans ce sixième épisode le principe de fidélité à une marque qui veut que plus on utilise Yamaha par exemple, moins le coût d’acquisition d’un nouveau modèle du constructeur sera élevé.

Dans l’ensemble, ce mode principal solo fonctionne bien, tout en restant extrêmement classique dans sa progression. Assez dynamique car il ouvre assez rapidement et régulièrement la porte à de nouvelles séries d’épreuves, le Ride Fest pèche cependant par son absence marquée d’un quelconque aspect festif. Sorti du menu du jeu qui prend place dans les paddocks et met légèrement en scène cette supposée fête, rien d’autre ne suggère que l’on soit au beau milieu d’un rassemblement joyeux. Si ce n’est pas la musique, un peu pénible par moments, cela dit. Ride 6 essaye ainsi de se caler sur la tendance (pénible, bis) généralisée par Forza Horizon, The Crew et consorts, sans y mettre vraiment la motivation. Il manque a minima quelques petits plans de caméras illustrant l’ambiance ou des commentaires, totalement absents ici.

ride 6 test 2

Le plaisir est donc à aller chercher au guidon et de ce côté-là, Ride 6 fait les choses très bien. Milestone propose une expérience ouverte à un grand nombre de joueurs, à commencer par les débutants qui disposent, comme cette année dans MotoGP, d’un préréglage dit « Arcade ». Hautement permissif, ce mode de pilotage est parfait pour débuter le long voyage vers la maitrise de tous ces monstres sur deux-roues. À l’opposé il y a le réglage « Pro » qui demande déjà beaucoup plus d’attention, sans pour autant constituer un choix de difficulté radical. On peut profiter en Pro de sensations plus amples, tout en maintenant éventuellement un niveau d’assistance probant (ABS, anti-wheelie, TCS, etc).

On peut bien sûr y aller dans une configuration 100% brut et découvrir un jeu à la fois riche et exigeant, sans pour autant se montrer aussi impitoyable qu’un MotoGP dans les mêmes conditions. Bref, il y a de quoi paramétrer l’expérience pour qu’elle soit parfaite et affiner cela avec le panel habituel de réglages, de pièces à modifier et un degré de difficulté lui aussi ample. On peut choisir une difficulté adaptative qui marche assez bien, ou alors régler cela manuellement, combativité de l’IA incluse. Cette dernière est plutôt convaincante dans l’ensemble, malgré une propension certaine aux carambolages dans le premier virage.

Manette en main, Ride 6 offre ainsi de très bonnes sensations. On apprécie tout particulièrement ce qui est au centre de l’expérience, à savoir les nombreuses façons de piloter qu’induisent les différentes sortes de motos à disposition. La gestion de la physique est convaincante. On navigue véritablement entre plusieurs mondes et c’est à chaque fois un plaisir renouvelé. On apprécie d’autant plus d’y passer du temps car Ride 6 offre sur Xbox Series X|S un rendu visuel très convaincant. C’est parfaitement fluide et bien réalisé, notamment du côté de la modélisation des motos. Elles sont nombreuses et pourtant toutes traitées avec soin. La richesse des environnements fictifs, notamment sur routes fermées, fait son petit effet, le tout étant porté par l’usage de l’Unreal Engine 5 qui marque comme à chaque fois un changement significatif au regard de ce qu’affichait le Ride précédent sous Unreal Engine 4.

8/10
Sur un terrain où la concurrence brille par son absence, Ride 6 ne cède pas pour autant aux sirènes de la passivité et délivre une expérience de très bonne qualité. En dépit d’un mode principal très classique dans sa progression et une ambiance très timide, ce nouveau Ride convainc là où on l’attendait. Joliment réalisé, bien fourni en motos et tracés, plaisant à prendre en mains tout en restant adapté au plus grand nombre, Ride 6 mérite l’attention de tout joueur un tant soit peu amateur de deux-roues. De là à dire que la moto a son Gran Turismo, il n’y a qu’un petit pas que la série est tranquillement en train de franchir.

+

  • Très belle réalisation
  • Mille et une façon de piloter
  • Adapté à une large frange de joueurs
  • Solide sélection de motos et tracés
  • Mode Ride Fest engageant…

-

    • … Malgré une progression très classique
    • On a connu plus festif niveau ambiance