Jeux

Road Maintenance Simulator

Simulation | Edité par Aerosoft | Développé par Caipiranha Games

4/10
One : 07 avril 2022
02.05 à 15h59 par - Rédacteur

Test : Road Maintenance Simulator sur Xbox One

Tu penses râteau, tu vis râteau. Un jour, peut-être, tu seras brouette.

Au-delà des domaines de l’agriculture, de l’aviation ou du transport routier qui sont su démocratiser le simulator autour de concepts fédérateurs dans l’imaginaire collectif, c’est l’hyper spécialisation qui prévaut. Divers studios indépendants ont ainsi fait de la spécificité de leur simulator leur principal argument, dans l’espoir d’aller titiller la curiosité d’une frange de joueurs aux attentes ô combien étranges. Ça tombe bien, on en fait partie.

Nous voilà donc partis pour relater avec vous l’expérience vécue aux commandes de Road Maintenance Simulator sur Xbox Series X. Edité par Aerosoft, maison allemande bien connue des simulators de seconde zone, Road Maintenance Simulator a été développé par Caipiranha Games. On doit à ce studio, allemand lui aussi, quelques titres PC principalement axés sur l’équitation et à destination de la jeunesse. Bref, rien dans le CV du développeur n’avait eu jusqu’ici attrait aux routes et plus particulièrement leur entretien. Il faut un début à tout et sur le papier, les choses s’annoncent plutôt bien : une carte ouverte, huit véhicules aux caractéristiques bien précises et des missions reprenant les fondamentaux de cette bonne vieille DDE. A noter qu’au lancement du jeu apparait le logo des services de la voirie germanique, ce qui nous fait dire que l’on a -à priori- cherché chez les développeurs à respecter d’une certaine manière les codes du métier.

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Jouable uniquement en solo, Road Maintenance Simulator ne propose pas trente-six options. En dehors du réglage des niveaux sonores et de l’inversion éventuelle de l’axe Y de la caméra, il n’y a qu’une chose à faire : lancer la partie. Nous voilà ainsi, plongé en vue à la première personne dans la zone réservée aux services de la voirie. Des garages, un entrepôt et des bureaux nous y attendent. C’est à la porte de ces bureaux que se sélectionne une mission parmi les quatre proposées de façon aléatoire à chaque passage. On se voit proposer par exemple le remplacement ou le redressement de panneaux de circulation, la sécurisation d’une zone de travaux, la réfection plus ou moins importante du bitume, la collecte manuelle de déchets, le renouvellement du marquage au sol ou encore l’élagage des arbres en bordure de route. Certaines missions peuvent le cas échéant comporter plusieurs de ces opérations à la fois.

Une fois la mission validée, il convient de prendre le volant du véhicule approprié. Road Maintenance Simulator en compte huit qui sont des répliques plutôt convaincantes des engins officiellement utilisés sur les chantiers d’Allemagne et d’ailleurs. Camion benne simple ou équipé d’une signalétique lumineuse, poids-lourd, compacteur, machine dédiée au marquage au sol ou au nettoyage des glissières de sécurité… Il y a ici une bonne dose de variété. A cela s’ajoute le matériel qu’il convient de charger en fonction de la mission comme une brouette, des feux tricolores, une visseuse, des panneaux de signalisation divers ou encore des sacs poubelle et une pince télescopique pour combattre l’incivilité qui frappe aussi les bords de route germaniques.

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Tout cela semble plutôt honnête sur le papier. C’est le cas jusqu’à ce que l’on se rende compte que les objectifs très dirigistes de la première mission ne font pas office de didacticiel, ils représentent la façon dont se déroule le jeu. Pour remplir le camion avec les outils nécessaires, il faut le garer ici et pas là. Sans quoi on ne peut accéder aux objets en question. L’ordre de récupération est fixe, lui aussi. Mais le plus ennuyeux est à venir, notamment lorsqu’il s’agit de délimiter un périmètre de travail avec des balises lumineuses et des feux de circulation. Il n’est pas possible de déposer une partie du matériel progressivement sur une zone de travail ; on est contraint de garer le camion et de tout déballer à la main, une chose après l’autre. On a bien une brouette qui permet de déplacer trois objets à la fois… Mais pas tous ! Il faut donc se frapper plusieurs dizaines de mètres à pied, lentement, avec une barrière ou un feu tricolore dans les mains, pour installer des éléments que l’on aurait aimé pouvoir déposer avec le camion. Attention d’ailleurs à bien choisir ce que vous voulez déposer en premier, un objet pris en main ne peut être remis à sa place. Il faut nécessairement aller le placer.

Road Maintenance Simulator est un jeu ultra-dirigiste, du début à la fin de chaque mission. Il atteint des sommets de lourdeur lorsqu’il faut remplacer dix panneaux de circulation routière (tous différents) que l’on ne peut sélectionner uniquement dans l’ordre où ils apparaissent. Impossible donc de poser deux panneaux qui se trouvent seulement à quelques mètres l’un de l’autre s’ils ne sont pas consécutifs dans l’ordre de rangement. On assiste donc à des missions infiniment longues, blindée d’allers et de retours ubuesques. On peut certes louer dans certains cas le « respect » de l’aspect simulation recherché ; est-ce bien nécessaire pour autant de nous forcer à placer dix socles, puis dix panneaux, également des feux tricolores en deux parties, pour une opération de rebouchage d’un trou qui prend au mieux deux minutes ? N’oubliez pas que toute la signalétique déposée doit dans la plupart des cas être retirée avant de partir.

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En dépit de sa conduite correcte et de ses missions somme toute intéressante sur le principe, Road Maintenance Simulator se saborde en cloisonnant à ce point ses objectifs. Ça rend les choses rapidement ennuyeuses. A côté de cela, Road Maintenance Simulator propose un monde ouvert certes mais sans aucun intérêt puisque rien ne s’y passe en dehors des missions. Et puis c’est petit, composé d’une boucle d’autoroute et de quelques axes secondaires bien vite explorés. On fait le tour du pays en 10 minutes chrono, avec une impression étrange car c’est loin d’être laid pour un simulator et plutôt fluide. D’un autre côté, la monotonie des paysages (c’est vert, sans aucune trace de vie) sur un si petit espace nous fait dire qu’un rendu graphique propre est à ce stade la moindre des choses. En dehors de la circulation très éparse, il n’y a rien. Pas de maison, même au loin, pas de panneaux publicitaires, pas un arrêt de bus, un passage à niveau ; pas un petit village (même laid) à traverser. Rien.

Difficile donc de se passionner pour Road Maintenance Simulator une fois que l’on a testé les différents types de mission. Avec un petit peu plus de travail sur le fond, ça aurait pu être intéressant pour les férus de simulators sur consoles, en manque de titres du genre. En l’état, on peut difficilement vous le conseiller. Même les quelques musiques proposées ajoutent de l’ennui. Notons toutefois l’effort sur la traduction des textes en français, donnant lieu à des descriptifs de mission passablement humoristiques.

4/10
Imposer une certaine rigueur au joueur est évidemment une partie de l’essence d’un simulator. A-t-on pour autant besoin de cloisonner l’expérience jusqu’à ce que le joueur se demande si on le prend pour un incapable ? Intéressant sur le papier pour son propos très spécifique, sa sélection de véhicules et sa réalisation technique correcte, Road Maintenance Simulator se met en dehors de cela un gros coup de pelle sur la tête. Ultra-dirigiste, il a rapidement fait d’ennuyer -sinon frustrer- le plus bienveillant des joueurs. Certaines tâches ne sont pas simplement fastidieuses, elles sont abrutissantes. On y reste une poignée d’heure pour tester au moins une fois chaque type de mission, et puis c’est tout.

+

  • Une thématique rare sur consoles
  • Véhicules fidèles
  • Techniquement correct…

-

    • … Mais vide, mort
    • Plus dirigiste qu’un chef de chantier
    • Rapidement ennuyeux
    • L’impression d’être pris pour un neuneu