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Rune Factory: Guardians of Azuma

Simulation de vie | Edité par Marvelous Entertainment | Développé par Marvelous

7/10
One : 13 February 2026 Series X/S : 13 February 2026
10.02.2026 à 06h57 par - Rédacteur en Chef

Test : Rune Factory: Guardians of Azuma sur Xbox

A court de champs ?

Apparue sur Nintendo DS il y a tout juste 20 ans, la franchise Rune Factory est née d'une volonté de l'éditeur Marvelous de dynamiser ses simulations agricoles. Si Harvest Moon se contentait de faire pousser des patates et d'élever des poules, Rune Factory a fait le pari d'y ajouter une bonne dose d'action, ce qui n'a pas manqué de redonner de l'intérêt au genre. Après Rune Factory 4 Special, premier épisode à quitter le giron des machines Nintendo, Marvelous nous propose cette fois-ci Rune Factory: Guardians of Azuma, un titre déjà disponible sur Switch 2 et qui cherche à élargir son public en se rendant disponble auprès des joueurs Xbox et PlayStation.

Rune Factory c’est un peu la suite logique de Story of Seasons, l’autre franchise phare de Marvelous. Si l’arrosage de navets a pu devenir un peu redondant au fil des années pour certains joueurs, la saga imaginée par le studio japonais leur permet d’aller combattre quelques ennemis entre deux activités agricoles. Un mélange des genres à la fois improbable et audacieux, qui dispose tout de même d’un scénario pour apporter un peu de contexte. En l’absence d’outil de création de personnage, le jeu vous demande de choisir d’incarner Subaru ou Kaguya, un modèle masculin et un autre féminin, avant de vous plonger dans une scène d’introduction où deux dieux dragons se livrent une bataille dans les cieux. Un affrontement qui se termine par la chute du héros dans le village printanier, le laissant totalement amnésique. Très vite, on apprend qu’il est en réalité un danseur tellurique, et potentiellement le seul capable de sauver le monde d’Azuma.

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Un scénario léger, mais qui suffit à justifier la découverte d’un monde divisé en plusieurs petites zones plus ou moins ouvertes. Si le scénario se veut linéaire, Rune Factory: Guardians of Azuma laisse ainsi la possibilité au joueur de se promener et de se téléporter où bon lui semble à partir du moment où on a débloqué un lieu. La petite subtilité, si on le compare à d’autres titres du même genre, est que le changement de saison dans le calendrier (sur le base de 30 jours par saison) n’a pas énormément d’influence sur les environnements visités. Ici, chaque village est associé à une saison, ce qui permet néanmoins de bénéficier d’un terrain de jeu plus grand qu’à l’accoutumée avec quatre zones au lieu d’une. Libre à vous ensuite de passer plus de temps dans un lieu ou dans un autre, en fonction de vos envies.

Chaque village dispose de ses propres PNJ (personnages non-jouables), avec qui il est possible de discuter pour faire grimper le taux d’affinité. Même chose avec un village, qui va gagner des niveaux à mesure que l’on installe des décorations, des commerces ou des chaps à cultiver, avec la nécessité de purifier certaines zones corrompues pour agrandir la partie constructible. Le titre propose un beau panel de choses à faire, à condition d’avancer dans l’histoire principale néanmoins. On débute par la culture de navets, avant de se lancer dans la construction de bâtiments et même l’élevage d’animaux. En multipliant les récoltes et les activités, on peut ainsi créer une petite économie qui permet de faire grossir son porte-monnaie pour améliorer son équipement ou acheter des ingrédients destinés à la par exemple. Toutefois, le principal reproche que l’on peut faire au titre, c’est son manque d’ambition général et son incapacité à proposer une simulation agricole capable de maintenir l’intérêt du joueur, malgré les efforts faits afin de proposer un titre simple à jouer, aux raccourcis bien pensés. A vouloir tout faire, le jeu de Marvelous reste finalement beaucoup trop classique dans sa proposition.

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Car la partie combats, si elle connait un énorme bond par rapport à Rune Factory 5 (2021, Nintendo Switch), reste encore bien loin d’être un Action-RPG satisfaisant. Equipé d’une arme principale de corps-à-corps (épée courte ou longue et lames doubles) et d’une arme qui permet d’attaquer à distance (arc et talismans), le titre opte pour des combats en temps réel faciles à prendre en main, où il suffit d’enchainer généralement un combo unique pour se débarrasser des ennemis, avec quelques attaques spéciales sans éclat qui s’ajoute en avançant dans l’aventure. On dirige notre héros dans un environnement en 3D, avec la possibilité d’effectuer un sprint, d’esquiver ou de réaliser une parade, le tout sans jauge d’endurance. Un système très basique, accessible aux joueurs novices, mais qui manque parfois de précision côté maniabilité néanmoins. Même si on apprécie le fait de pouvoir verrouiller son adversaire afin de se libérer du contrôle de la caméra, et de déclencher un mode ralenti avec une esquive parfaite, le peu de variété des coups et l’impression de manquer parfois de contrôle ne permettent pas de prendre beaucoup de plaisir sur ces phases qui prennent pourtant une place importante dans l’expérience de jeu globale.

La difficulté est bien progressive en revanche, avec des ennemis et des boss qui deviennent bien ardus à mesure que l’on progresse dans l’aventure, avec la possibilité d’opter pour un mode de difficulté «Histoire» pour qui préfère se focaliser sur la narration et la partie sociale. Concernant ce point précis, il est d’ailleurs possible de s’attirer les faveurs de plusieurs habitants, qui peuvent ensuite vous accompagner et vous aider dans la partie exploration / combats. A force de discussions, certains PNJ peuvent également vous proposer de participer à de nouvelles quêtes annexes, ce qui incite naturellement à discuter avec tout le monde, et encore plus avec nos compagnons préférés. Le titre n’est d’ailleurs pas avare en contenu, avec notamment un tableau de planches à vœux qui vous propose de ramener certains objets, d’éliminer plusieurs ennemis ou de construire un bâtiment particulier. C’est d’ailleurs assez perturbant de devoir naviguer régulièrement entre une partie bac-à-sable, tout en étant confronté au côté plus linéaire du scénario.

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Avec Rune Factory: Guardians of Azuma, ne vous attendez pas à retrouver l’esprit d’un Animal Crossing par exemple, ni celui d’un Breath of the Wild, malgré des inspirations assumées. Le côté social est intéressant mais encore trop limité à notre goût, tandis que la partie exploration n’offre pas le degré de liberté que l’on aimerait voir avec ce genre de titres. Malgré un manque de personnalité, l’atmosphère autour de la mythologie japonaise fonctionne bien en revanche, avec notamment la présence d’onis et de kappas côté bestiaire, tandis que les temples, les portails toriis et les maisons traditionnelles ne manquent pas. Une ambiance que l’on retrouve également sur la partie musicale, même si on regrette que celle-ci ne soit pas plus inspirée.

Chacun sera libre d’émettre un jugement sur le chara-design des personnages et des monstres rencontrés, avec une volonté assez claire d’apporter une touche manga à l’ensemble. C’est en revanche assez dommage que l’utilisation de l’Unreal Engine 5 n’ait pas permis de faire mieux sur le plan technique, pour un rendu assez pauvre dans l’ensemble, à tous les niveaux. Les décors n’ont rien de majestueux, la nature manque de vie et seuls les temps de chargement assez courts permettent d’affirmer que le jeu tourne sur la génération de consoles actuelle. Par ailleurs, on ne conteste pas l’énorme gap technique qui sépare cet épisode de Rune Factory 5, mais force est de constater que les équipes de Marvelous ont encore un gros train de retard à ce niveau là.

7/10
Si personne ne contestera l'énorme évolution technique apportée à la franchise par cet épisode, Rune Factory: Guardians of Azuma reste encore bien loin des standards attendus à l'heure actuelle, surtout pour un jeu développé sous Unreal Engine 5. Ceux qui cherchent une expérience à mi-chemin entre la simulation agricole et le jeu d'action prendront toutefois un certain plaisir à évoluer dans ce monde construit avec beaucoup de bonne volonté, loin des ronflements procurés par les derniers Harvest Moon ou Story of Seasons, mais avec le sentiment qu'il y avait bien mieux à faire.

+

  • Mélange de simulation de vie et d'action
  • Très simple à prendre en main
  • Exploration assez libre mais limitée
  • Bonne quantité de choses à faire

-

    • Encore en retard techniquement
    • Combats peu variés et imprécis
    • Côté social trop superficiel
    • Direction artistique assez banale