Test : Scott Pilgrim EX sur Xbox
Le cocktail au sirop d'érable qui cogne fort
Scott Pilgrim EX nous propose une aventure totalement inédite, qui n’a absolument rien à voir avec Scott Pilgrim vs The World : Le Jeu Vidéo, un titre imaginé à l’époque par Ubisoft et qui, au contraire, s’appuyait en grande partie sur le scénario de la bande dessinée imaginée par Bryan O’Malley. Pour ce nouveau titre, l’auteur a toutefois été largement sollicité par le studio Tribute Games, qui s’est assuré de dresser une adaptation fidèle à l’œuvre originale. Après Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge et Marvel Cosmic Invasion reviennent sur leur genre de prédilection, avec la ferme intention de proposer un titre fun à prendre en main, avec des références à la geek culture à tous les coins de rue (on aime beaucoup la tenue Chun-Li de Roxie !), et capable de s’adresser au plus grand nombre, sans jamais exiger de connaitre l’univers de Scott Pilgrim ne serait-ce qu’un peu.
C’est d’ailleurs l’avantage des beat’em up, qui ne proposent généralement qu’un semblant de scénario, prétexte à aller multiplier les beignes. C’est peu de dire que l’histoire de Scott Pilgrim est décousue. Après avoir fait son choix entre les 7 personnages jouables du casting, dans lequel on retrouve bien évidemment Ramona et Scott, accompagnés de certains ex de la jeune fille puisque Roxie, Lucas, Matthew et Gideon sont également de la partie, on découvre que les membres du groupe Sex Bob-Omb ont été enlevés. Le but est alors de partir à la poursuite de Metal Scott, un antagoniste inédit, et de parcourir des portails dimensionnels pour retrouver nos amis. On le disait, Scott Pilgrim EX prend la forme d’un beat’em up en 2D, avec une tendance à s’inspirer d’œuvres assez old-school comme Double Dragon ou Kunio-kun, en mélangeant scrolling horizontal et une map découpée en petites zones.
Un concept qui rappelle la franchise River City Girls (tirée d’ailleurs de la saga Kunio-kun), avec la possibilité de se déplacer assez librement d’une zone à l’autre, et de briser la linéarité que l’on trouve habituellement dans ce genre de jeux. L’idée des portails permet par ailleurs de quitter la ville pour plonger dans des univers plus fantaisistes, qui font parfois écho à des classiques du jeu vidéo. Cela permet d’avoir une grande variété dans les décors, pour une ambiance générale néo-rétro particulièrement réussie. Le pixel-art fourmille de détails et de clins d’oeil, pendant que les animations se chargent de compléter ce tableau très satisfaisant, qui constitue un régal pour les yeux. Pour ceux qui ont joué au jeu de 2010, on retrouve à peu près le même design que dans le jeu d’Ubisoft, avec des sprites plus fins et un gameplay qui tient bien la route. On note aussi la volonté de proposer des dialogues en québécois, expressions locales comprises, ce qui offre un cachet supplémentaire à l’atmosphère générale.
Sans surprise, on se retrouve ainsi devant un beat’em up dans lequel on enchaîne les ennemis zone après zone, avec la possibilité d’en éviter certains si on le souhaite. Il reste toutefois recommandé de se débarrasser des gêneurs de temps en temps pour récupérer de l’argent, qui sert ensuite à acquérir des objets de soin, à récupérer des points de vie ou à acheter de l’équipement pour augmenter ses statistiques. Une donnée importante du jeu, qui oblige à se rendre assez régulièrement dans les boutiques pour éviter de subir de trop lourdes défaites, synonymes de Game Over, surtout dans les modes de difficulté les plus élevés. Une pratique qui a tout de même tendance à casser un peu le rythme général, même si une pause entre deux bastons permet toujours de souffler un peu.
Côté combat, chaque personnage dispose de sa palette de coups propre, avec des attaques qui font naturellement référence aux comics de Bryan O’Malley. La diversité des mouvements est appréciable, profitant par ailleurs d’enchaînements très fluides, tandis que des personnages de soutien (dont certains sont à débloquer en avançant dans l’aventure) permettent de déclencher de puissantes ataques spéciales. On sent toute l’expertise du studio en la matière, et même si la possibilité de jouer jusqu’à quatre joueurs, en local ou en ligne, peut entrainer une certaine confusion à l’écran compte tenu du nombre d’ennemis affichés, on ne boude pas notre plaisir à anéantir les hordes de végans, de monstres et de robots qui cherchent à nous empêcher d’accomplir notre quête. C’est d’autant plus valable qu’il est possible de rejoindre la partie en cours de route, et le jeu s’adapte en augmentant instantanément le nombre d’ennemis à éliminer, pour une difficulté qui reste ainsi équilibrée. Même chose dans le sens inverse, avec moins d’adversaires qui nous barrent la route lorsqu’on joue en solo.
Néanmoins, Scott Pilgrim EX s’apprécie d’autant plus à plusieurs, et peu importe l’âge ou l’accointance de vos amis pour le genre, le tout procurant un plaisir quasi immédiat. On retrouve globalement ce qui a fait le succès des meilleurs jeux du genre, avec des très bonnes sensations de frappe, un système assez simple à prendre en main et à maitriser et la possibilité de ramasser des objets pour augmenter nettement les dégâts causés. A noter que, lorsque notre barre de vie tombe à zéro, il existe un laps de temps pendant lequel notre personnage peut récupérer quelques points de vie et repartir au combat. A plusieurs, une jauge de vie vide finit par nous transformer en fantôme capable d’aller puiser de l’énergie vitale auprès d’un ami pour revenir dans la bataille. De quoi créer un peu de rififi entre amis.
+
- Gameplay varié et facile à prendre en main
- Jouable jusqu'à 4 en ligne et en local
- Plein de références à la geek culture
- Ambiance fidèle à l'œuvre de Bryan O'Malley
-
- Magasins qui cassent un peu le rythme
- Un peu trop d'allers/retours
- Action parfois confuse à plusieurs


