Jeux

Somerville

Action/Aventure | Développé par Jumpship Studio

8/10
One : 15 novembre 2022
15.11 à 08h38 par

Test : Somerville sur Xbox Series X|S

Limbo et Inside sont bel et bien représentés

Développé par Jumpship, le studio dont fait partie un certain Dino Patti, Somerville, un titre indépendant attendu sur Xbox et dans le Xbox Game Pass ce mois-ci, s’apprête à débarquer sur nos consoles pour vous inviter à découvrir un voyage aussi original qu’inattendu. Une expérience unique ? Pas tant que ça ! Mais cela mérite tout de même votre attention pour peu que l’étrange ne vous déplaise pas. Explications.

Si le nom de Dino Patti ne vous parle pas, sachez qu’il s’agit du cocréateur des deux pépites du jeu indépendant que sont Limbo et Inside. Véritables petits écrins de noirceurs, ces deux jeux ont réussi à marquer les esprits de nombreux joueurs de par leur esthétique absolument fantastique, mais aussi grâce à un scénario muet qui se dessinait au fil du jeu. Des jeux très contemplatifs et courts qui nous embarquaient dans un voyage dont on ne ressortait pas vraiment indemne. Un fonctionnement que Somerville va reproduire en proposant peu ou prou la même expérience, à cela près que le titre arbore des défauts que ses illustres prédécesseurs ne possédaient pas.

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Commençons par le commencement : Somerville vous propose de prendre le contrôle d’un petit garçon qui se réveille dans le salon alors que toute la famille s’est endormie devant la télévision. Dès lors, vous en profitez pour parcourir les lieux et découvrir votre habitat, jusqu’à ce qu’une lumière venant de l’extérieur fasse trembler jusqu’aux fondations de la bâtisse. De là, vous prenez le contrôle du père qui se réveille à son tour et qui constate que dehors, c’est la guerre. Dans le ciel, apparaissent d’immenses formes rectangulaires qui pourraient s’apparenter à des vaisseaux extraterrestres. Pris de panique, notre homme va d’abord tenter de fuir la maison avant de finir par se cacher la cave, avec sa petite famille. Malheureusement pour eux, tout ne se déroulera pas comme prévu.

Sans en dire davantage sur l’histoire et sur le déroulement des évènements narrés dans le jeu, Somerville nous entraine dans un voyage qui, bien qu’au départ assez classique, va prendre des proportions pour le moins étranges, pour ne pas dire intrigantes (et même incompréhensibles). Totalement muet, le jeu ne dissémine aucun document qui puisse expliquer les évènements auxquels on assiste. Et si l’ensemble se veut logique et cohérent, il faut bien avouer que, parfois, on a du mal à comprendre ce qu’il se passe. C’est d’autant plus vrai que le titre est relativement court (comptez quatre à cinq heures pour en voir le bout), et qu’il est donc difficile de s’immerger totalement dans ce scénario dont la fin est nébuleuse. Cela étant, le côté étrange de l’histoire permettra certainement aux adeptes du genre de tenter de découvrir le pourquoi du comment et d’échanger sur les forums les idées et interprétations qu’ils auront méditées.

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Pièce centrale de l’expérience, le scénario profite d’un écrin de toute beauté, comme Limbo et Inside en leur temps. Le jeu est véritablement un plaisir à regarder et à parcourir, et hormis les lieux plus sobres et sombres tels que la mine, par exemple, les environnements, relativement diversifiés (campagne, ville, magasins…), sont franchement très réussis. On se plait d’ailleurs à s’asseoir sur un banc pour observer les panoramas de ce monde postapocalyptique menaçant, pour ne pas dire dangereux. Et puisque l’aspect visuel du titre s’avère être une véritable réussite, parlons également de la musique. Bien que discrète, le jeu étant assez silencieux, les quelques morceaux qui se lancent à certains moments du jeu sont franchement sublimes. Non seulement ils collent parfaitement à l’ambiance des évènements, mais en plus ils portent à eux seuls les émotions que ressent notre personnage qui, on le rappelle, ne s’exprime pas. Du grand art !

Du côté du gameplay, Somerville est un jeu relativement simple dans lequel vous vous déplacez latéralement (scrolling en 2D), tout en proposant quelques espaces « ouverts » qui laissent place à un déplacement en trois dimensions. Ces moments sont, en général, l’occasion pour le jeu de proposer différentes énigmes, toujours à la manière de Limbo et de Inside. Sans être casse-tête, ces dernières demandent au joueur qu’il observe attentivement son environnement et qu’il profite de toutes les possibilités qui s’offrent à lui. Sans en dire de trop, les capacités qui se débloquent au fil de l’histoire amènent également une petite complexité qui est bienvenue et qui nécessite que l’on profite de tout ce qui est mis à notre disposition. C’est assez réussi, même si, pour le coup, on regrette le manque de précision du jeu.

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C’est d’ailleurs LE point faible de Somerville ! Le jeu manque cruellement de précision, ce qui a le don d’être énervant et frustrant. Un exemple : on se place devant un objet et on appuie sur le bouton pour le saisir. Notre personnage ne bouge pas, ne réagit pas. Du coup, logiquement, on se dit que la solution à l’énigme est ailleurs, mais ce n’est pas le cas ! Cette réalité, vous y êtes confrontés de nombreuses fois au cours du jeu, ce qui peut être véritablement énervant, surtout quand vous êtes poursuivi et qu’il vous faut agir rapidement… Même constat en ce qui concerne la technique du jeu qui souffre, à l’heure où ce test est écrit, de quelques bugs dérangeants qui ont tendance à nuire à l’expérience. En effet, il m’est arrivé plusieurs fois de devoir charger le jeu au point de contrôle précédent car un objet était bloqué, voire même de le redémarrer car un son se répétait sans cesse et rendait le jeu injouable.

8/10
Somerville porte l’héritage de ses deux illustres prédécesseurs, Limbo et Inside, avec brio. L’histoire est franchement intéressante et intelligente, tandis que l’écrin visuel et sonore affiche un sans-faute absolument fantastique. On regrette simplement le fait que la jouabilité manque cruellement de précision et que la fin du jeu s’avère franchement nébuleuse. De petits détails qui, de toute façon, seront à laisser à l'appréciation de chacun et qui n’empêchent pas Somerville d’être un jeu indépendant poétique de haute volée.

+

  • Scénario joliment écrit ;
  • Visuellement splendide ;
  • Musiques somptueuses ;
  • Enigmes abordables et peu frustrantes ;
  • Poétique.

-

    • Imprécisions dans le gameplay ;
    • Fin nébuleuse.