Jeux

Soul Hackers 2

JRPG | Edité par Atlus

7/10
One : 25 août 2022
25.08 à 14h36 par

Test : Soul Hackers 2 sur Xbox One

Piratage réussi ?

Alors que l’on aura la chance de voir débarquer la trilogie Persona (3, 4 et 5) au fil des mois à venir, l’éditeur Atlus nous gratifie en day one de la sortie d’un autre spin off d’une de leur série phare qu’est Shin Megami Tensei (SMT). La série originelle ayant fait ses débuts en 1992 et désormais dotée d’un Vème épisode numéroté compte nombre d’aventure parallèles mais disposant d’un lore commun. C’est ainsi qu’est né en 1997 sur Sega Saturn, et ressuscité en 2012 sur 3DS, Soul Hackers, dont la seconde itération débarque pour la première aujourd’hui sur nos consoles. On lance l’invocation !

Le premier Soul Hackers se déroule dans la ville fictive d’Amami, une métropole japonaise à la pointe de la technologie, tandis que son protagoniste principal est un membre d’un groupe de hackers appelé les Spookies qui accède à la bêta fermée du jeu online Paradigm X. Le héros rencontre alors des forces surnaturelles et doit travailler avec les Spookies pour enquêter sur les attaques de démons à travers la ville. L’aventure dépeinte dans Soul Hackers 2 n’a pas de lien direct avec le premier volume. La société hyperdéveloppée mais devenue stagnante cours aujourd’hui à sa perte, la sur-automatisation des systèmes ayant détruit l’esprit créatif (Isaac Asimov, où es-tu ?). Il s’est alors formé dans le réseau de données numériques une entité supérieure s’étant elle-même baptisée Aion. Cette dernière a identifié une anomalie annonçant la destruction du monde et qui surviendrait des actions de la Société Fantôme, un groupuscule souhaitant invoquer l’Être Suprême, censé réinitialisé le monde pour qu’il puisse fleurir à nouveau. Ce qui est bien embêtant pour Aion, c’est que cette réinitialisation inclus de la supprimer également. C’est pourquoi Aion donne naissance à deux êtres de chair et d’os, Ringo et Figue, pour contrer cette menace dont seule une action physique dans le monde réel pourrait avoir un impact. Ringo et Figue doivent récupérer les Covenants, des entités dissimulées dans des élus et nécessaires à l’invocation de l’Être Suprême. Et c’est ainsi que commence l’aventure.

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On incarne ainsi Ringo tout au long de l’histoire, qui est rapidement rejointe par trois autres protagonistes que sont Arrow, un jeune homme discret et perturbé, Milady, un ancien membre fort de la Société Fantôme et Saizo, un bout en train au grand cœur. Détail ayant son importance, avant de nous rejoindre, chacun personnage est retrouvé assassiné et c’est en procédant à un Soul Hack que Ringo peut les ramener à la vie. Cela ne sera pas sans conséquence puisque leur mémoire en ressort fractionnée et nous devrons la reconstituer dans la Matrice d’Âme. Nous y reviendrons. L’équipe de héros est attachante et les personnages distincts. Leurs personnalités conflictuelles donnent souvent lieu à des anicroches, leurs choix et visions divergeant. Concernant l’univers au global, on se plait à découvrir une métropole japonaise animée constituée de plusieurs quartiers spécialisés dans des activités singulières. Pour la masse des citoyens les démons appartiennent aux mythes, mais il existe des quartiers réservés aux invocateurs de démons : les dimensions. Celles-ci sont cachées aux yeux du monde par une barrière imperceptible. Les humains, les démons et les invocateurs se mêlent ainsi au quotidien et forment une mégalopole unique.

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Côté système de gameplay, Soul Hackers 2 est un J-RPG au tour par tour reprenant les mécaniques de ses ainés, avec un côté futuriste lié à son univers. Les démons ne sont pas directement invoqués sur le champ de bataille pour combattre à côté, mais sont attachés aux armes de leurs invocateurs, appelées COMP, qui exploitent leurs compétences (Sabre, Mitrailleuse, Arme de poing et Saïs double pour notre équipe). Au fil de la montée de niveau des démons, de nouvelles compétences se débloquent, limitées à trois ou quatre. Le démon ayant développé toutes ses capacités vous remerciera d’un objet et continuera simplement de monter en niveau sans apprendre de nouvelle capacité.

Pour en recruter de nouveaux, vous pouvez proposer à un démon rencontré dans un donjon de vous rejoindre en l’échange d’objets, et surtout si vous avez le niveau suffisant pour le contrôler. Et c’est là qu’entre en lice le système de fusions. Les démons peuvent être fusionnés entre eux pour donner naissance à un nouveau démon. Le nouvel être invoqué pourra conserver les compétences acquises par ceux utilisés pour le créer. La montée en puissance se fait ainsi plus vite par fusion que par recrutement, d’autant que ceux recrutés sur le terrain ne possèdent généralement pas de compétences fortes à leur arrivée dans l’équipe. Du classique pour ceux connaissant SMT. On prend ainsi plaisir à compléter le compendium, sorte de pokédex des démons.

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Concernant le reste du gameplay, on alterne entre des phases dans la ville faisant avancer l’histoire et des phases de donjon où l’on affronte des démons, et généralement un boss à la fin de celui-ci. Classique, mais là où le bas blesse c’est dans leur exploration. Les donjons sont des séries de couloirs dont la longueur n’a d’égale que leur manque d’originalité. Si la découverte des premiers espaces reste agréable par leur aspect nouveau, on se rend rapidement compte qu’il est question d’avancer et de battre l’ennemi nous barrant la route pour continuer en ligne droite. Pas de coffre, pas d’objet cachés, pas d’environnement à observer. Et c’est bien dommage car l’univers en lui-même est intéressant et une vision plus variée aurais soutenu une progression qui est toute aussi lisse.

Idem pour l’exploration des Matrices d’Âme : l’intérêt de parcourir les mémoires de nos acolytes est un moment charnière faisant avancer l’histoire dont l’enjeu s’essouffle après de longues minutes à suivre ces couloirs identiques. Un bon point néanmoins, ils deviennent plus labyrinthiques vers la fin de l’aventure grâce à des systèmes de téléporteurs. Par contre il n’y a aucun changement visuel entre les matrices d’âmes des trois protagonistes, même pas un changement de couleur. Cela est d’autant plus dérangeant que l’on doit bien souvent parcourir les trois matrices d’affilées pour débloquer les souvenirs, et une certaine lassitude nous gagne quand on doit attaquer la suivante. Sachant qu’il y a quatre niveaux pour chacune, je vous laisse faire le calcul. La progression reste par ailleurs continue et on ne se retrouve jamais bloqués à devoir faire du level up, si peu que l’on n’évite pas les combats sur la carte.

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Le jeu se développe ainsi autour de cette alternance ville / donjon, et les moments faisant avancer l’histoire sont intéressants dans leur écriture, mais on regrette la mise en scène qui reste classique. Des plans fixes ou les héros échangent avec le groupe adverse, cela apparait daté en 2022 pour ce type de production. Les visages des protagonistes accompagnant les phases de dialogue sont heureusement variés et réussis, ce qui vient contrebalancer cet aspect pour nous garder captivés par la conversation. Visuellement, le jeu dispose d’un visuel agréable où s’opposent les néons modernes et les tons gris révélant la société en déclin. Le tout est plausible et agréable à parcourir, même si les zones restent petites. On ne peut s’empêcher de penser à Persona 5 et son style diablement efficace qui revient ici encore, sans être sublimé. Les musiques et l’environnement sonore du titre s’en tirent avec les honneurs. Ne lassant jamais, on ne peut pas dire non plus que l’on soit emportés par les thèmes musicaux qui restent classiques mais efficaces. Il en est de même des combats, peut être la faute à une volonté de respecter la licence et de ne pas trop la bouleverser. Les sons doivent coller aux noms des attaques importées de la licence sans offrir d’originalité, bien que faisant le job.

Une parenthèse spéciale doit être réalisée sur les temps de chargement : testé sur Series X, il faut compter entre 10 à 20 secondes de chargement lorsque l’on se déplace sur la carte de la ville. Extrêmement long au vu du peu de finesse des décors et du nombre d’assets présents dans les environnements. Reste à voir si cela sera corrigé lors de la sortie définitive du titre.

7/10
Malgré ces quelques points, on se plait à arpenter ces longs couloirs et à vouloir découvrir le fin mot de cette l’histoire qu’on aurait aimée plus développée. L’efficacité du système prend le pas et nous invite à plonger toujours plus loin dans les méandres sinueux de ces donjons mal aimés. Le titre proposant une durée de vie principale d’un peu plus de 30 heures, il est néanmoins possible d’en ajouter une bonne vingtaine pour voir le bout des quêtes Fed… annexes et compléter le compendium. S’il ne manque pas d’ambition, Soul Hackers 2 est un bon élève qui ne prend pas de risque, et cela n’est pas forcément une mauvaise chose.

+

  • Personnages attachants ;
  • Univers intéressant ;
  • SMT sous un nouvel angle ;
  • Jeu intégralement traduit en français ;
  • Efficace dans son ensemble…

-

    • ...mais très classique pour le genre ;
    • La mise en scène datée ;
    • Des zones hors donjons très exiguës ;
    • De looongs chargements (à voir si corrigé à la sortie) ;
    • La comparaison avec Persona 5 est immédiate.