Test : Super Bomberman Collection sur Xbox
Compil' des années 90
Bomberman, c’est avant tout un concept unique imaginé en quelques dizaines d’heures par Shinichi Nakamoto, un développeur de chez Hudson Soft. Si le premier titre est sorti sur PC en 1983, notamment sur MSX, Bomberman s’est exposé au grand public à sa sortie sur la Famicom de Nintendo, une machine en pleine expansion dans les foyers japonais à l’époque. Mais c’est bien sur Super Famicom que la franchise va se transformer en véritable phénomène, incitant l’éditeur japonais à sortir un titre par an, et un total de cinq jeux Super Bomberman parus entre 1993 et 1997. Il faut dire que le concept est simple à saisir en plus d’être original, et permet de créer de grandes sessions de jeu entre amis puisque la plupart des épisodes peuvent accueillir jusqu’à 5 joueurs dans des matchs compétitifs explosifs. Autant dire que Hudson Soft a largement contribué à faire décoller les ventes du multitap, cet accessoire qui permettait de brancher jusqu’à 4 manettes par port sur la 16bit de Nintendo.
Plus de 30 ans plus tard, c’est donc Red Art Studios qui s’est chargé d’imaginer une compilation regroupant les cinq jeux Super Bomberman et divers bonus. Si on connaissait l’expertise des studios M2 et Digital Eclipse, qui ont par ailleurs déjà travaillé pour le compte de Konami avec les Castlevania Collection pour le premier et The Cowabunga Collection pour le second, c’est un baptême du feu pour le studio basé à Metz. Et Red Art Studios s’en tire extrêmement bien avec une interface très propre, dans l’esprit de la franchise et avec la présence de jaquettes d’origine à explorer en 3D, incluant les versions JAP, US et PAL quand elles existent. C’était d’ailleurs l’occasion d’occidentaliser Super Bomberman 4 et Super Bomberman 5, deux épisodes qui étaient restés exclusifs à l’archipel nippon à leur sortie.
En parcourant les menus particulièrement clairs de l’accueil, on trouve une galerie d’artworks et une radio qui permet de réécouter tous les thèmes des titres présents dans la collection. En plus de cela, on peut également profiter des deux premiers épisodes de la franchise sortis sur console, avec Bomberman (NES, 1985) et Bomberman 2 (NES, 1991), dans leur version complète. Si les deux titres sont nettement plus austères que leurs homologues sortis sur Super Famicom quelques années plus tard, il n’en reste pas moins intéressants à jouer, d’autant qu’on y retrouve déjà toutes les mécaniques principales de la saga. On incarne ainsi un petit bonhomme aux allures robotiques, capable de poser des bombes pour détruire ses ennemis et des rochers. On déplace notre héros en vue du dessus, dans des niveaux où l’on peut trouver des items qui améliorent sensiblement notre puissance. Pouvoir poser plusieurs bombes simultanément, agrandir la taille de l’explosion ou encore saisir une bombe ou shooter dedans pour la déplacer avant qu’elle n’explose, le game-design est relativement simple à comprendre et donc accessible au plus grand nombre, adultes comme enfants.
Comparé à ses deux prédécesseurs, Super Bomberman se distingue surtout par sa capacité à proposer des graphismes très colorés, et un semblant de scénario. Un mode Histoire jouable à deux (ou en solo), qui donne l’occasion de se frotter à des boss à la fin de chaque monde et d’éviter de tomber dans la redondance. Au fil des épisodes, on découvre également de nouvelles mécaniques de gameplay, comme la possibilité de créer des réactions en chaîne en faisant exploser de la TNT, ou de chevaucher une monture qui permet d’encaisser un coup à votre place. Car la saga Super Bomberman n’est pas du genre à faire de cadeau à l’origine, et chaque contact avec l’ennemi, un projectile ou la flamme de votre propre bombe vous fait perdre une vie. Un système à l’ancienne, largement compensé toutefois par la présence d’options de confort désormais habituelles pour ce type de compilations. La possibilité de sauvegarder quand on veut et de rembobiner en pressant une gâchette simplifie évidemment la progression du jour.
Cela dit, l’ajout d’un mode Boss Rush apporte la difficulté qui pourrait satisfaire les joueurs en manque de challenge. Pour chaque épisode, il est possible d’enchainer les boss selon trois modes de difficulté (de facile à cauchemar) avec un classement final basé sur votre temps. Les modes compétitifs sont de retour pour leur part, et restent jouables uniquement en local. Cela reste une bonne occasion de se retrouver entre amis, comme à l’époque de ce bon vieux Bomberman Live sorti sur Xbox 360, et qui était jouable en ligne, lui. Mais avec autant de jeux sous la main, l’intérêt c’est aussi de pouvoir profiter d’une durée de vie globale assez correcte pour le mode solo, et des environnements très variés. La petite exception se nomme Super Bomberman 5, puisque le jeu est un condensé de ce que proposaient les quatre jeux précédents, avec des nouveautés, mais avec aussi pas mal de redites donc. Côté graphismes, les titres ont globalement bien vieilli (hors Bomberman 1&2), et certaines options permettent de retrouver l’atmosphère de l’époque avec la possibilité d’ajouter des scanlines pour simuler un écran cathodique par exemple. En revanche, il aurait été appréciable de pouvoir gommer les défauts liés au sound-design du premier Super Bomberman, assez agressif pour les oreilles dans l’ensemble, ainsi que quelques gros lags qui interviennent parfois, la faute à un grand nombre d’éléments à gérer en même temps à l’écran.
+
- Retour d'une icône au top de sa forme
- 7 jeux au total, et une interface agréable
- Toujours aussi mignon à regarder
- Fonctions sauvegarde rapide et rembobinage
-
- Pas de jeu en ligne possible
- Un peu de lag par moment
- Quelques bruitages insupportables