Test : Tales of Berseria Remastered sur Xbox
Velvet Underground
Tales of Berseria c’est l’histoire d’une jeune femme en quête de vengeance. Si certains éléments du lore font écho au reste de la saga, avec notamment des références à Yggdrasil ou à la déesse Martel, le titre reste totalement indépendant du reste de la franchise sur le plan scénaristique et il n’est aucunement nécessaire d’avoir fait un jeu de la licence pour se lancer dans cette aventure. Au contraire même, en proposant le remaster de Berseria avant celui de Tales of Zestiria, Bandai Namco fait le choix de présenter le monde de Glenwood dans un ordre chronologique plus naturel (Zestiria se déroule mille ans après Berseria), qui permettra de mieux comprendre ce que sont réellement les Malakhims / Séraphins, des esprits qui servent aveuglément les humains dans la lutte menée contre les démons.
Notre voyage débute par un long flashback qui permet de mettre du contexte sur les intentions actuelles de Velvet. Passée cette parenthèse qui permet de se familiariser avec les premiers éléments de game-design du jeu, on la retrouve transformée, et emprisonnée, avec la capacité d’absorber les démons, les esprits et les humains à l’aide de son bras gauche. Elle fait rapidement la connaissance de ses compagnons de route, ce qui permet de constituer une petite troupe de six personnages (un nombre assez constant pour la franchise), chacun cherchant à servir sa propre cause. C’est d’ailleurs un point important de cet épisode, qui use de tous les moyens pour développer au maximum la personnalité de chacun, et leur offrir une vraie épaisseur narrative. Si les saynètes sont bien évidemment de retour, elles sont en nombre excessif en revanche, pour un jeu globalement très bavard. On apprécie néanmoins le soin apporté à l’écriture et à la galerie de personnages, avec des touches d’humour bien amenées malgré une ambiance générale plus pesante que ce que nous propose la saga habituellement, elle qui n’est pourtant pas réputée pour ménager le joueur sur le plan émotionnel.
Comme les précédents remasters (Graces f, Xillia, …), cette nouvelle version de Tales of Berseria propose trois niveaux de difficulté au départ, avec la possibilité d’ajouter des options de confort en accédant directement au marché d’upgrades que l’on trouvait originellement après avoir fini une première fois le jeu, pour accompagner le New Game+. Augmenter son nombre de points de vie, diviser les prix en boutique par deux ou tripler l’expérience récoltée, tout est fait pour rendre l’expérience accessible au plus grand nombre et satisfaire à la fois ceux qui veulent profiter de l’histoire uniquement, ou ceux qui cherchent un peu de challenge pour approfondir toutes les subtilités de game-design, notamment du côté des combats. Et encore une fois, vous pouvez oublier tout ce que vous aviez appris précédemment puisque, de ce côté là, Tales of Berseria opte pour un système inédit, même s’il s’agit en réalité d’une forme aboutie de ce que proposaient Tales of Graces f et Tales of Zestiria avant lui.
Pas d’attaques simples, ni de jauge de points de magie, tout passe par les célèbres Artes, ces attaques spéciales dont l’enchaînement permet de créer de jolies chorégraphies. Tout est fait pour appuyer cet atout majeur de la franchise, avec la possibilité de créer ses propres combos via les menus, en utilisant simplement les quatre boutons de façade. Malgré tout, Tales of Berseria ne permet pas de tout faire tout le temps, et même si l’action ressemble plus à du beat’em up qu’à un Action-RPG par moment, une jauge d’âmes oblige le joueur à faire preuve d’un minimum de stratégie et à patienter entre certains enchainements. Le joueur bénéficie ainsi d’un nombre de points d’action qui se rechargent en étourdissant un ennemi ou en esquivant proprement une de ses attaques. A l’inverse, nos héros peuvent perdre des points d’âmes en subissant certaines attaques ou en déclenchant des attaques puissantes.
Tout est une question d’audace, avec la nécessité d’attaquer en conservant un œil attentif sur cette jauge d’âme, tandis que la parade et l’esquive jouent un rôle déterminant rarement vu dans les précédents épisodes de la franchise. Heureusement, Tales of Berseria est sans doute un cran au dessus des autres jeux de la saga en termes de précision, avec la présence notamment de déplacements totalement libres dans l’arène de combat. Globalement, la difficulté est bien équilibrée (même en difficile) et seuls quelques boss peuvent forcer le joueur à mieux s’équiper, à améliorer son stuff ou à farmer un peu d’XP pour gagner un niveau ou deux. Les six personnages sont jouables, avec la possibilité de passer de l’un à l’autre très facilement. On regrette d’ailleurs qu’aucun autre héros n’égale le sentiment de puissance dégagé par Velvet. C’est un peu dommage, surtout pour ceux qui veulent jouer à plusieurs (uniquement en local), Tales of Berseria offrant la possibilité d’accueillir jusqu’à quatre joueurs durant les combats, et uniquement durant ceux-ci.
Pour ceux qui cherchent à mettre un peu de piment dans leur aventure, on peut également noter la présence d’ennemis dits «Code Rouge», qui forcent à optimiser au mieux son équipe et à maitriser tous les aspects du combat-design. A l’inverse, il est également possible de se concentrer uniquement sur la narration en évitant à peu près tous les ennemis que l’on croise sur la carte. Pas de rencontres aléatoires une fois de plus, les petites zones ouvertes laissent le choix de passer en mode combat si on le souhaite, ou de se concentrer uniquement sur la récupération de coffres et d’herbes, tous affichés sur la mini-map au passage, ou de filer droit vers l’indicateur de quête. Libre à chacun de concevoir son expérience de jeu comme il le désire, ce qui devrait satisfaire aussi bien les nouveaux joueurs, que les habitués de la franchise.
En revanche, il faut s’accrocher pour s’adapter aux menus. Pour commencer, il n’y a pas d’arbres de compétences à proprement parler, et il est nécessaire d’obtenir une certaine maitrise de ses équipements pour obtenir des points de statistiques définitifs, en plus de la traditionnelle montée en niveaux. C’est d’autant plus complexe à comprendre avec un loot mal équilibré, qui oblige à vendre ou à démanteler le matériel en trop assez régulièrement pour rendre l’inventaire plus lisible. De même, le système d’amélioration de l’équipement est assez basique, et les titres récupérés au gré de l’aventure n’apportent pas grand chose, si ce n’est qu’ils octroient certaines capacités passives en réalisant différents exploits. Concrètement, on a connu plus simple et plus efficace. De même, si la présence de mini-jeux est une bonne chose, ils restent dans l’ensemble très basiques et pas toujours amusants, à l’image du jeu de cartes ou des expéditions en bateau qui n’apportent strictement rien sur le plan ludique.
Cinq ans avant la sortie de Tales of Arise, un épisode qui aura marqué un gros virage pour la franchise, on sentait déjà l’intention de capter un public plus occidental avec Tales of Berseria. Le titre abandonne la palette de couleur assez chatoyante de la saga pour proposer un univers plus terne, plus minéral. On regrette tout de même que cela ne s’accompagne pas d’une hausse du nombre de détails pour les décors, qui restent assez vides la plupart du temps, notamment dans les donjons. Globalement, le titre est décevant sur le plan graphique, tout en perdant une partie du cachet de la franchise.
Heureusement on retrouve aussi une partie de ce qui a fait le succès de la saga, avec notamment le retour de l’incontournable Motoi Sakuraba aux musiques. Petite particularité côté chara design, ce ne sont pas un, ni deux, illustrateurs qui se sont chargés de créer les personnages, mais quatre artistes. Aux côtés de la regrettée Mutsumi Inomata (Tales of Destiny, …) et de l’éternel Kosuke Fujishima (Tales of Symphonia, …), on trouve Daigo Okumura (Tales of Zestiria) et Minoru Iwamoto (Tales of Arise).
Un mélange des genres qui se dilue très bien, même si certains modèles manquent de personnalité, avec Eizen notamment. Ce remaster nous permet de profiter de temps de chargement très courts, pour ne pas dire inexistants, tandis que le framerate est bien stable à 60fps. La résolution en 4K est également présente, sur Xbox Series X et PlayStation 5 tout du moins, et rend honneur aux modèles 3D en marquant la finesse de certains traits, mais accentue au passage la laideur de certaines végétations dans le décor.
+
- Personnages bien travaillés
- Combats nerveux et fluides
- Atmosphère pesante et mature
- Jouables jusqu'à 4 en local
- Difficulté adaptable à tous
-
- Donjons un peu trop vides
- Menus pas hyper agréables
- Mini-jeux peu intéressants