Jeux

Tennis World Tour 2

Sport | Edité par Nacon | Développé par Big Ant Studios

2/5
One : 24 septembre 2020
24.09 à 10h00 par - Rédacteur

Test : Tennis World Tour 2 sur Xbox One

Retour boisé

Il aura fallu près d'un an au premier Tennis World Tour pour enfin proposer une expérience satisfaisante aux amateurs de la petite balle jaune. Une année durant laquelle les Français de Breakpoint Studio sont parvenus rectifier le tir à l'aide de mises à jour, pour un come-back inespéré. Difficile alors de comprendre pourquoi Nacon a décidé de confier Tennis World Tour 2 aux Australiens de Big Ant Studios, déjà à l'origine du très moyen AO Tennis 2. Mais en repartant d'une feuille blanche on espère aussi que l'éditeur français saura enfin nous proposer l'expérience vidéoludique à la hauteur de ce sport fortement apprécié à travers le monde.

Changement de développeurs, et surtout changement en profondeur pour Tennis World Tour 2 qui fait figure de suite uniquement par son nom. Avec le retour de Big Ant Studios sur le projet on s’attendait à retrouver nos sensations amères de janvier dernier avec le test d’AO Tennis 2. Mais il faut croire que le cahier des charges indiquait plutôt une refonte totale ou presque, notamment du côté du gameplay. Une décision difficile à comprendre tant Tennis World Tour était parvenu à proposer de bonnes bases de ce côté là, avec une édition Roland Garros franchement agréable à jouer malgré quelques défauts qui auraient peut-être simplement mérité de nouveaux correctifs. Avec Tennis World Tour 2 il n’y a donc aucun risque de se retrouver face à une simple mise à jour annuel comme c’est devenu assez courant dans les jeux de sport.

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Mais pas sûr que ce soit positif pour autant. Car en repartant de zéro le studio australien s’est semble-t-il concentré essentiellement sur le gameplay. Il faut dire que les jeux de tennis sortis ces dernières années peinent souvent à trouver une formule idoine, adaptée au genre. Pour Tennis World Tour 2, les développeurs ont souhaité implanter un système basé sur le timing. Dès le service, avec une approche en deux temps, le premier concernant la précision de la balle et le second la puissance. Rien de franchement innovant puisqu’il s’agit d’un système emprunté depuis longtemps aux jeux de golf, mais il faut bien avouer que cela fonctionne bien. On regrette en revanche qu’un service bien réalisé, voire parfaitement réalisé, ne soit pas mieux récompensé et donne trop souvent l’occasion à l’adversaire de placé un retour dévastateur qui cloue le serveur sur place. Là où la réalité prouve régulièrement que le service est un atout, dans Tennis World Tour 2 c’est plutôt l’inverse.

Mais c’est surtout après cela que les choses se compliquent. Si le timing parait plutôt simple et naturel à mettre en place sur un service, c’est en revanche bien plus ardu lors des échanges. L’idée était pourtant bonne, et permet de raccourcir des échanges qui paraissaient autrefois interminables. Mais le temps d’adaptation est absolument énorme tellement le délai pour réussir un coup correct est infime. Même avec un joueur bien placé il devient difficile de sortir un coup «parfait», ou même «bien» tant la perspective liée aux différentes hauteurs de balle est perturbante. On se retrouve donc régulièrement à balancer des coups «trop tôt» ou «trop tard» et ne reste plus qu’à prier pour que la balle finisse autrement que dans le filet ou en dehors du court. Le système n’est clairement pas au point, et aurait pu prendre un peu plus en compte l’endurance pour modifier ce laps de temps infime à mesure que l’échange dure. Plusieurs modes de difficultés sont disponibles mais semblent seulement s’attarder sur la probabilité de remettre une balle mal frappée à l’intérieur du court, là aussi sans toucher à la difficulté directement liée au timing lui-même.

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Du côté des modes de jeu on retrouve un mode Carrière différent de ce que proposait AO Tennis 2 qui avait pourtant fait l’effort d’apporter quelque chose d’assez complet. Dans Tennis World Tour 2 on se contente à nouveau du minimum, à commencer par une personnalisation très limitée. Le joueur créé débute évidemment tout en bas du classement ATP ou WTA, et doit engranger de l’expérience et de l’argent pour progresser. Chaque niveau pris permet alors de placer un point de capacité sur l’attaque, la défense ou la précision et augmente ainsi quelques statistiques. L’argent permet d’acheter du matériel, officiel ou non, qui augmente également certaines caractéristiques. Notamment à cause du gameplay, la progression du joueur devient vite laborieuse, et la simulation des matchs ne permet même pas de contourner cette contrainte alors que c’était le cas dans AO Tennis 2. Une véritable régression donc pour ce mode Carrière qui figure pourtant en point central du titre. La présence de «cartes» à collectionner pour apporter quelques modification de statistiques durant le match est également raté, et donne plutôt l’impression d’être uniquement là pour inciter les joueurs à ouvrir des packs et donc à dépenser un peu d’argent par le biais de micro-transactions.

Car l’ajout du double, qui n’échappe pas aux carences du gameplay, reste assez anecdotique pour se transformer en festival de fautes directes. Pas du tout engageant sur le fond, Tennis World Tour 2 dispose toutefois de quelques atouts sur la forme. Même si on regrette le fait que les seuls tournois officiels soient proposés en DLC payant, le travail fait sur les courts fictifs est plutôt bien réalisé. En plus des traditionnelles surfaces (gazon, terre battue, dure), on en retrouve de moins courante comme la moquette et le parquet. Un travail qui s’arrête à la modélisation puisque le parquet ne bénéficie pas de ses bruits de chaussures caractéristiques, et l’aspect de la terre battue n’évolue pas dans le temps par exemple. Des détails qui gâchent l’immersion, d’autant que les joueurs officiels se ressemblent tous dans leur attitude, à l’exception de Nadal et son fameux coup du lasso. Sans être trop exigeant, les visages sont assez reconnaissables pour chacun des 36 joueurs présents de base (25 pour l’ATP et 11 pour la WTA).

2/5
Décidément Big Ant Studios enchaîne les déceptions. Après nous avoir servi un AO Tennis 2 franchement bancal en début d'année, les Australiens récidivent quelques mois plus tard malgré une volonté de revoir totalement le gameplay. Malheureusement cela ne fonctionne toujours pas, la faute à un un système de timing pas du tout au point. Le mode Carrière marque même une grosse régression et n'apporte pas de réelle satisfaction alors qu'il figure comme l'un des attraits principaux de ce type de jeu. Globalement, en jouant à Tennis World Tour 2 le plaisir de jeu a bien du mal à sortir du vestiaire.

+

  • Un peu de matériel officiel
  • Courts plutôt bien modélisés
  • Animations passables

-

    • Gameplay audacieux mais raté
    • Attitudes des joueurs générique
    • Mode Carrière beaucoup trop basique
    • Système de cartes mal fichu
    • Pas de différenciation des revêtements
    • Mode personnalisation catastrophique