Jeux

The Cursed Crusade

Action | Edité par dtp entertainment | Développé par Kylotonn Entertainment

2/5
360 : 14 octobre 2011

Test : The Cursed Crusade sur Xbox 360

Les amateurs de cinéma le savent bien, les blockbusters ne sont pas toujours les plus intéressants à regarder. La même chose est vraie dans le domaine du jeu vidéo. C’est pourquoi, quand un petit éditeur (Atlus, DTP chez nous) lance un jeu original développé par un petit studio français (Kylotonn), nous y portons une attention toute particulière. C’est le cas de ce Cursed Crusade qui dès les premières bande-annonces s’était montré prometteur. Le jeu - disponible sur nos étals - se montre-il à la hauteur de nos attentes ?

Le temps des croisades

Certaines personnes sont nées pour se rencontrer. Denz et Esteban sont de ceux-là. Habités par une dangereuse malédiction, le mercenaire et l’aspirant templier devront partir vers une quête de rédemption sur la route des croisades. Inspirée par les faits historiques de la quatrième croisade, le jeu part sur de bonnes bases scénaristiques. Etant donné que la narration constitue probablement le point fort du jeu, c’est plutôt un bon point. Malgré une histoire basée sur une malédiction qui procure certains pouvoirs aux personnages damnés, le background général du jeu reste plutôt réaliste. Dans leurs péripéties, nos héros voyageront dans de multiples pays, ce qui promet un certain dépaysement. Heureusement d’ailleurs, vu le caractère assez redondant du jeu, hack’n’slask oblige.



L’époque médiévale étant ce qu’elle est, il est évident qu’un jeu réaliste se situant dans cette période de notre histoire soit plutôt violent. Evidemment le genre de hack’n’slash fait rarement dans la dentelle, mais il est rare qu’un jeu mise autant sur les mises à mort. De ce côté-là, on ne peut pas dire que l’équipe de Kylotonn ait chômé. En effet, lors des différentes rixes vous opposant à des hordes de soldats prêts à en découdre, il vous sera possible de les achever avec style et surtout variété. Tout dépendra en fait de l’arme (ou des armes) équipée(s), des techniques apprises et du combo en cours au moment du trépas. Ces enchainements sont plutôt nombreux, spécifiques à chaque combinaison d’armes, et doivent être appris en dépensant des points chèrement acquis durant les niveaux. Dommage qu’au final, il suffise d’effectuer toujours les mêmes pour s’en sortir. Dans le registre des « choses classes mais inutiles », on peut citer la possibilité de pousser des adversaires dans des puits ou leur appuyer la tête sur des braises bien fumantes.

Hasta luego, Crucifix sanglant

Le jeu souffre ainsi de gros problèmes de finitions et d’équilibrage. Pour témoigner de cet état de fait, j’appelle la jouabilité à la barre. Si les actions de base s’effectuent correctement, il en est tout autre dès qu’il s’agit de séquences intermédiaires. Si l’utilisation des arcs et arbalètes manque de précision, et d’intuitivité, celle des balistes est tout simplement déplorable. Heureusement que cela ne concerne qu’un nombre très limité de passages dans le jeu. Dans le même registre, la gestion de l’inventaire est particulièrement chaotique. Pour prendre une arme il faut se placer au bon endroit, au millimètre près sous peine de ramasser la mauvaise arme, ou de ne rien ramasser du tout. De plus lorsque le joueur dispose de deux armes à une main, il est souvent difficile de prévoir laquelle de ses armes sera remplacée. Tout ceci gâche une composante essentielle et intéressante du jeu qui est l’érosion de son armement, et la nécessitée de le renouveler et de l’économiser.

D’autres fonctions sont aussi touchées par le manque de clarté des explications comme la possibilité d’attraper des ennemis par derrière pour que son coéquipier le tue. Encore un acteur majeur dans ce massacre : la caméra. Non seulement elle est généralement mal placée, mais elle se permet même le luxe de s’affoler parfois et de quitter le personnage des yeux. Le problème est d’autant plus vrai à deux joueurs lorsqu’une cinématique se déclenche, mais qu’un seul des joueurs la voit.

Je bogue, tu bogue, il bogue…

De tels bugs sont monnaie courante, et se prêtent souvent involontairement à des crises de fou-rires. Il est arrivé par exemple au cours des séances de test de voir un personnage ne pas apparaitre dans une cinématique, son interlocuteur semblant ainsi parler à un fantôme. Dans une autre, c’est l’arme du héros qui disparaitra. D’autres touches d’humour, cette fois tout à fait volontaires égayeront elles aussi la partie. A ce titre il est vivement conseillé de rechercher les Crucifix Sanglants qui font office d’items collectionnables (au même titre que les coffres et les âmes). D’ailleurs on se demande encore s’il était nécessaire d’intégrer autant d’objets à trouver dans un jeu qui dispose déjà de base d’une durée de vie bien confortable. Au moins le joueur en aura pour son argent, vu que boucler le jeu demandera plus d’une vingtaine d’heures.

Autant dire qu’il serait sage de trouver un partenaire de jeu pour trouver le temps moins long. Mais attention, jouer en coopération aura pour effet secondaire de modifier clairement la difficulté du titre, en particulier contre les boss qui pour le coup se battent en moins de temps qu’il n’en faut pour dire le mot « Boss ». Mais de toute manière la difficulté du jeu est très aléatoire, et les promenades de santé côtoieront des moments bien plus rageants (même en facile). Pour terminer sur une bonne touche, notons tout de même un bel effort fait sur la partie sonore du jeu, avec un doublage français intégral de qualité, et des musiques du même acabit.

C’est avec grand regret que l’on constate que Cursed Crusade est un jeu terminé à l’emporte-pièce et qui manque de finitions. C’est un constat d’autant plus difficile à admettre que le jeu avait tout pour réussir sur le papier. Tout n’est pas à jeter dans ce jeu qui propose un scénario intéressant et bien narré, des personnages finalement attachants, des touches d’humour inattendues et de multiples exécutions bien senties. Mais les multiples bugs, la jouabilité rigide, le côté répétitif et le manque flagrant de polish ne lui permettront pas de hisser au niveau des plus grands, surtout en cette fin d’année bien chargée en hits.

+

  • L’histoire, basée sur des faits réels
  • La durée de vie
  • Touches d’humour inattendues (et parfois involontaires)
  • Personnages attachants

-

    • Des bogues à foison
    • Rapidement répétitif
    • Caméra aux fraises
    • Jouabilité rigide, surtout dans les phases annexes