Jeux

Velvet Assassin

Infiltration | Edité par Gamecock Media Group | Développé par Replay

3/5
360 : 12 mai 2009
08.07 à 21h45 par - Rédacteur |Source : http://xbox-mag.net/

Test : Velvet Assassin sur Xbox 360

Velvet Assassin fait partie de ces jeux que l'on n'attend pas - ou plus - et qui débarquent un beau jour de juin. Pari risqué en pleine actualité E3, surtout lorsque l'on sait que le titre est développé par Replay Studios à qui l'on doit... pas grand chose, si ce n'est Survivor et Sabotage 1943. Vous soulevez le sourcil gauche car vous ne connaissez pas ces titres ? Normal, leur développement a tout simplement été abandonné. Reste à savoir si ce studio allemand n'aurait pas dû faire la même chose avec Velvet Assassin.

Infusion de Violette pour effusion de sang

Comme si le nombre de jeux se déroulant pendant la seconde guerre mondiale n’était pas assez important, l’histoire de Velvet Assassin prend place alors que la France est sous le joug du IIIème Reich. Un scénario loin d’être original où vous incarnerez Violette Summer, une résistante anglaise (qui a réellement existé) envoyée en plein coeur de l’armée d’occupation afin de l’affaiblir de l’intérieur. Une tâche difficile qui finira par avoir raison de la belle puisqu’une mission ratée la plongera dans un profond coma. Et c’est depuis son chevet que nous allons donc vivre l’aventure, à travers des missions arrangées comme des flashbacks bien mis en situation par une narration à la première personne. Seuls quelques cafouillages scénaristiques viendront noircir le tableau. Les souvenirs de Violette vous permettront de mener diverses missions comme saboter une usine chimique, ou voler des documents top secrets, le tout sans oublier de faire manger les pissenlits par la racine à un maximum de soldats nazis. Et ce ne sont pas les nombreux couloirs ultra-dirigistes qui sillonnent le jeu qui vous compliqueront la tâche. D’ailleurs, si les développeurs n’avaient pas quelques atouts dans leur manche, on aurait pu faire face à un jeu plutôt court. Pour éviter cela, vous pourrez donc remplir sept objectifs secondaires – un peu faiblard quand on sait que le jeu comporte douzes missions principales -, vous aurez également la possibilité de récolter des items, et grâce à ces derniers, faire évoluer les aptitudes de Violette sur trois aspects différents.



Mais tout ceci paraît bien anecdotique comparé à LA véritable raison qui booste la durée de vie de ce Velvet Assassin : la difficulté. Bien que le jeu en propose seulement deux niveaux, il faudra avoir les nerfs bien accrochés tout au long de l’aventure et recommencer un bon nombre de fois certaines scènes afin d’en mémoriser les principales ficelles. Autant dire que si la patience et l’observation vous font défaut, Velvet Assassin vous coûtera très cher en manette(s). Et les petits malins qui penseront que s’équiper comme un bourrin devrait suffire pour terminer le jeu en deux temps, trois mouvements, ceux-là déchanteront très rapidement et retourneront sur Call of Duty ou Gears of War en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Clairement, le titre de Replay Studios joue la carte de l’infiltration pure et dure, pour le déplaisir de certains, mais également pour le plaisir des autres.


L’assassin sachant chasser sans son chien

D’ailleurs, dans ce genre-là, Velvet Assassin n’a aucune honte à afficher ses références : Commando, Splinter Cell, Metal Gear, Hitman, tout y passe ou presque, malheureusement pas toujours à la hauteur des illustres prédécesseurs. Pour le clin d’oeil, les tutoriaux disponibles pendant les temps de chargement affichent de jolis points d’exclamation, ce qui n’est pas sans nous rappeler un certain titre édité par Konami. Comme l’agent 47, Violette n’hésitera pas à voler des uniformes ennemis pour s’infiltrer avec plus de facilité dans les camps nazis. Comme dans Commando, Violette affrontera l’armée du IIIè Reich dans l’ombre, le tout de manière très subtile. Comme Sam Fisher, Violette adore plus que tout l’obscurité, mais ne rechigne pas non plus à enfiler des pantalons moulants. Et pour finir, comme Solid Snake, Violette portera une moustache dans un éventuel quatrième épisode, enfin… ça c’est moins sûr.



Et même si toutes ces références paraissent forcément flatteuses, le couperet est d’autant plus douloureux lorsque l’élève est loin d’égaler le maître. On regrettera donc de n’avoir qu’un seul costume à récupérer – celui d’une gradée SS -, de devoir interagir de façon souvent trop limitée avec l’environnement et au final de se retrouver à effectuer encore et toujours les mêmes actions pour éliminer les ennemis. En définitive, Velvet Assassin a bien du mal à se créer une identité propre. Entrer dans une pièce, analyser toutes les positions ennemies, observer leur ronde, élaborer une tactique d’attaque, se faufiler sans se faire repérer, mourir une quinzaine de fois avant de comprendre exactement les endroits propices aux assassinats, réussir son oeuvre et espérer qu’une sauvegarde viendra nous enlever un bon gros stress à la porte suivante, voilà la routine éprouvante à laquelle on est soumis en jouant au soft. Manque de chance, les check-save, pas toujours bien placés, viendront rapidement établir un sentiment de ras-le-bol chez le joueur. Au passage, sachez qu’il est impossible de créer sa propre sauvegarde à un moment T, et la fonction "sauvegarde" du menu – qui affiche d’ailleurs un magnifique "JUE EN PAUSE" (sic)- n’est en réalité qu’une recharge du dernier check-save… Ou comment un jeu peut se transformer en puissant laxatif verbal. Pour venir calmer partiellement la donne, vous pourrez toutefois ramasser des doses de morphine qui permettront à l’âme de Violette d’aller égorger un ennemi sans que celui-ci ne vous aperçoive, même complètement à découvert. Une petite lueur dans ce monde de brutes.

Violette Ill

Mais Velvet Assassin ne possède pas que des défauts, loin de là. Si la critique paraît rude, c’est tout simplement car ses inspirations ont bien souvent été érigées au rang d’excellence, et il n’en faut pas plus pour que la comparaison devienne de suite assassine, c’est le cas de le dire. Pour commencer, Violette est à Sam Fisher ce qu’Audrey Tautou est à Sim. Largement plus sexy. Ensuite, l’histoire de Violette nous permettra de vivre certaines phases de la guerre d’un angle de vue parfois inédit, comme le massacre d’Oradour-sur-Glane, sans aucun doute le pire épisode de la guerre qui ait eu lieu sur le sol français puisque plus de six-cents villageois, femmes et enfants compris, y furent brûlés vifs, la majorité au sein même de l’église du village limousin. Si ce genre de rappel au devoir de mémoire est appréciable – d’autant plus de la part d’un développeur allemand -, certaines anecdotes en revanche le sont beaucoup moins. Lorsqu’il s’agit de patienter trois bonnes minutes que deux soldats germaniques aient fini de parler de leur femme, de leurs exploits, de leur slip, que sais-je, et que dans la foulée une petite erreur nous ramène à la sauvegarde située juste avant cet interlude dispensable, encore une fois, ça frustre. Mais finalement, toutes ces morts servent à voir les différentes scènes de façon plus stratégique, comme des pions sur un échiquier. La théorie par l’échec en somme.



Graphiquement le jeu surprend. Pas au point de nous péter la rétine non plus – quoique certains bugs y arriveraient aisément – mais les textures sont plutôt jolies, les couleurs sépias nous rappellent parfaitement la période historique, et les animations sont plutôt réussies. Seul défaut réellement inacceptable, mais qui plaira peut-être aux plus nostalgiques d’entre vous : les ennemis dont la tête traverse les portes, oui, exactement comme à l’époque de Goldeneye sur Nintendo 64. Un défaut qui devient encore plus embêtant quand ces ennemis réussissent à vous apercevoir ou à vous tirer dessus à travers ces mêmes portes. Mais on pardonne ces petits écarts à la belle tant on ressent qu’un réel travail a été effectué sur le titre.

Malgré ses quelques défauts, Velvet Assassin reste très agréable à jouer si votre patience est au rendez-vous mais deviendra rapidement votre pire cauchemar dans le cas contraire. Qu'on se le dise, le titre de Replay Studios n'est pas à mettre entre toutes les mains, mais pourra vous faire passer un été de bonne facture, à l'ombre bien entendu !

+

  • La WWII vue sous un nouvel angle
  • Le prix du jeu (45 euros)
  • Un scénario alambiqué mais intéressant
  • Correct graphiquement

-

    • Le prix des manettes (45 euros)
    • Système RPG raté
    • La nostalgie façon Goldeneye 64
    • Une impression de déjà-vu