Jeux

Watch Dogs 2

| Edité par Ubisoft | Développé par Ubisoft Montreal

10/10
One : 15 novembre 2016
29.11 à 23h56 par - Rédacteur

Test : Watch Dogs 2 sur Xbox One

Un hackeur sachant hacker sans son chien est un bon hackeur

Nous sommes à l'E3 2012, Ubisoft dévoile une démo de gameplay magnifique et qui étonne, tant dans son concept que dans ses mécaniques : Watch Dogs, de son nom, est l'annonce surprise de l'année. Et pourtant, deux ans après la nouvelle licence d'Ubisoft sort sous les critiques la faute à un downgrade bien voyant et des limites sur son système de hacking sans oublier son histoire plutôt conventionnelle. Critiqué à tort ou à raison, nous nous demandions bien comment Ubisoft allait réagir et que ne fut pas notre surprise lorsque Watch Dogs 2 fut dévoilé publiquement. Lorgnant du côté de GTA V sans pour autant abandonner le thème du hacking, Watch Dogs 2 surprend, de bonne et de mauvaise manière. Mais au final cela donne quoi ?

Lors du premier opus de Watch Dogs, situé à Chicago, nous contrôlions Aiden Pearce, un pirate informatique qui avait soif de vengeance suite au décès de sa nièce lors d’une tentative de piratage qui avait mal tourné. Bien aidé par un groupe d’activiste informatique du nom de DedSec, Aiden Pearce avait pu venger sa nièce mais ce ne fut pas sans nombreuses effusions de sang et sans pertes. En paix avec lui-même, Aiden a décidé d’accepter son rôle de justicier de Chicago afin de lutter contre les nombreux crimes et méfaits du programme informatique ctOS. Watch Dogs 2 se déroule quelques temps après les événements de Chicago, mais exit le justicier Aiden Pearce et bienvenue au jeune hackeur Marcus Holloway. Le premier fait d’arme de Marcus est d’infiltrer les serveurs du ctOS afin de faire s’offrir un casier judiciaire vierge puisque l’algorithme du programme informatique le désigne comme une potentielle menace. Une mission qui se termine par son recrutement par le groupe de DedSec de San Francisco afin de déjouer les projets de Blume et du ctOS2.0 et de révéler au peuple les secrets les plus obscurs.  En effet, Blume récolte toutes les données de la population via les diverses plateformes informatiques utilisant le ctOS afin d’en faire une utilisation personnelle et faire grandir son empire et ainsi faire du profit par la même occasion. Marcus décide  donc de faire équipe avec une bande de joyeux lurons pour une cause commune et révéler au monde entier les agissements de Blume sans pour autant délaisser les plaisirs du quotidiens.

Alors que le premier Watch Dogs lorgnait sérieusement du côté de la série Person of Interest, que nous vous recommandons au passage, avec une histoire aussi grave que sérieuse et qui collaient parfaitement avec la froideur de Chicago, ici, tout est coloré. Que cela soit les personnages ou les nombreuses références de la pop culture, aux paysages de San Francisco, tout sent la fraicheur  avec énormément d’humour, de second degré sans pour autant délaisser les thèmes forts. En effet, Ubisoft n’oublie pas qu’il traite d’un sujet sérieux qui est de plus en plus d’actualité et il en profite même pour traiter de sujets aussi matures que le meurtre, les dérives clandestines et autres manipulations mais le tout sans pour autant alourdir le récit de manière trop pesante. Watch Dogs 2 assume totalement son côté décalé au point de, peut-être, parodier les jeux en monde ouvert en général et plus particulièrement le premier opus mais sans pour autant le rabaisser, les deux jeux se complètent dans des expériences différentes, un peu à la manière du Yin et du Yang. D’autant plus que cette suite s’offre quelques références au premier opus, que cela soit via certains personnages, certaines conversations ou même dans la raison même de ce groupe DedSec.

« Watch Dogs 2 assume totalement son côté décalé grâce à son humour, ses références à la pop culture et son auto-dérision »

Du côté de la narration en elle-même, nous avons été étonnés de voir comment les missions secondaires s’imbriquent parfaitement dans le récit sans pour autant prendre la place des missions principales. Nous aurions apprécié quelques cinématiques en plus pour une mise en scène plus développée mais les différentes vidéos de révélations de Deadsec ou les journaux télévisés permettent de narrer le récit d’une manière différente. Le tout est forcément agrémenté d’un ton totalement décalé avec des personnages, caricaturaux certes, mais plutôt intéressants avec notamment un Marcus attachant et le délirant Wrench. Assumant totalement son côté second degré, Ubisoft multiplie l’humour avec des répliques amusantes et des situations étonnantes venant notamment des passants et le tout avec énormément d’auto-dérision, sans trop en dévoiler. Bien que simple, le scénario de Watch Dogs 2 n’en reste pas moins agréable à suivre même si nous aurions préféré plus de risque avec une histoire un peu plus complexe.

L’univers de Watch Dogs 2 est parfaitement maîtrisé et cela passe via les armes et autres drones qui passent par la case imprimante 3D, au smartphone et ses applications collants avec les fameux ‘Google Map’ et autres ‘Shazam’ et nous pouvons même jouer le rôle de chauffeur façon Uber et le tout est servi par un monde vivant. Il l’était déjà dans le premier opus, mais ici tout est amélioré et les situations du quotidien ne manquent pas. Entre les disputes, les réglemente de comptes, les conversations osées, tout est vivant et ce n’est clairement pas les lieux touristiques qui nous diront le contraire. Nous avons également droit aux habituelles activités annexes, entre les courses en tout genres, les photos de sites touristiques et autres magasins, Marcus à clairement de quoi faire dans San Francisco.

Du côté du gameplay nous pouvons noter deux gros changements qui montrent la volonté d’Ubisoft de proposer un héros différent pour des capacités différentes. En effet, Aiden Pearce n’avait pas eu une enfance facile et il dut faire très rapidement face à la violence et cela impliquait notamment des phases de gunfights aussi dynamiques qu’impressionnantes. Du côté de Marcus Holloway c’est plus ou moins tout le contraire, même s’il sait se défendre au corps à corps, il préfère l’infiltration grâce à ses talents informatiques et de parkour que de porter une arme à feu. En soi, il est tout à fait possible de tuer tout le monde, même si cela décrédibilise le personnage. Mais le réel problème c’est que nous passons de phases de gunfight nerveuses et maîtrisées du premier opus à quelque chose de mou et sans impact au point que son absence aurait été tout sauf regrettable.. Du côté de la conduite, nous pouvons noter une amélioration par rapport à Watch Dogs premier du nom même si cette conduite ne devrait pas faire l’unanimité mais cela reste toujours une question de ressenti et donc une question plutôt subjective concernant la prise en mains.

Heureusement pour nous, Marcus est un as de l’informatique et le level-design de Watch Dogs 2 est plutôt bien maîtrisé avec différentes manières de parvenir à son objectif. En effet, Marcus possède un drone capable de pirater les gardes et autres objets à distance et faire du repérage, tout comme le Jumper d’ailleurs même si ce dernier est notamment utile pour tout ce qui concerne les objets à interagir. En plus de ces deux engins qui changent totalement notre manière d’appréhender le monde de Watch Dogs, c’est le système de piratage qui a été totalement amélioré avec de nombreuses options qui s’offrent à nous : Attirer un garde, faire exploser une charge (létale ou non), conduire un véhicule à distance ou encore appeler la cavalerie. En effet, Marcus peut pirater chaque personnage afin de falsifier des preuves afin de l’envoyer à la police qui procédera à une arrestation, si tout se passe bien, ou à un gang rival pour une pluie de balles. Un bon moyen pour éliminer certaines cibles ou pour tout simplement faire diversion. Avec la combinaison d’un level-design travaillé et d’un hacking diversifié, nous avons la possibilité de finir diverses missions sans entrer dans la zone dangereuse et sans faire une seule victime, une réussite grisante.

« La combinaison d’un level-design travaillé et d’un hacking diversifié permet de proposer un gameplay aussi libre que grisant »

Comme le premier opus, le mode multijoueur de Watch Dogs 2 s’incorpore parfaitement dans le mode solo du titre et ne requiert pas de mode de jeu attitré. Nous avons donc la possibilité de hacker un joueur dans sa partie et de ne pas se faire repérer tant que le piratage n’est pas terminé et inversement si vous êtes piraté. En plus de ce mode de jeu, de nouvelles options sont incorporées comme la possibilité de parcourir San Francisco avec un ami ou encore de faire des missions en coopération, façon Assassin’s Creed Unity, ou encore de prendre en chasse un joueur pour récolter une prime. Autant dire que même si ce n’est pas le mode de jeu qui va vous occuper toute l’année il a le mérite d’être présent et surtout complet et intégré de bien belle manière. Pour finir, force est de constater que sans être une baffe technique, Watch Dogs 2 se montre plutôt agréable visuellement avec une reproduction parfaite de San Francisco et le tout sans jamais sourciller d’un point de vue de la fluidité et pour un monde ouvert il est bon de le souligner. Du côté des cinématiques, ce n’est pas toujours parfait et Ubisoft a décidé de laisser tomber la combinaison moteur du jeu/image de synthèse du premier opus mais Watch Dogs 2 s’en tire tout de même bien au niveau de la modélisation des personnages et en particulier Marcus même s’il n’y a rien d’impressionnant.

10/10
Lors de son annonce, Watch Dogs 2 avait surpris tout le monde en proposant un changement de héros et surtout un changement d'univers en laissant le côté sérieux du premier opus pour quelque chose de plus attirant pour le grand public. Force est de constater que nos doutes sont dissipés puisque Marcus est plutôt attachant et que le côté décalé et second degré est totalement assumé par Ubisoft et cela sans jamais oublier ses origines avec un système de piratage plus complet que jamais. Avec un gameplay amélioré, un level-design travaillé et l'humour proposé, le vent de fraicheur de Watch Dogs 2 est une réussite et il devrait ravir les nombreux pirates en herbe que vous êtes.

+

  • lSan Francisco est visuellement agréable
  • Aventure vraiment décalée
  • Personnages hauts en couleurs
  • Les possibilités de hacking
  • Level design qui pousse à l'infiltration
  • Monde riche et vivant
  • Multijoueur parfaitement intégré

-

    • L'ambiance Person of Interest qui disparait ?
    • Phases de gunfights ratées
    • Un scénario un peu trop léger
    • Intelligence artificielle irrégulière