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This is the Zodiac Speaking

Point'n Click | Edité par Klabater | Développé par Punch Punk Games

2/5
One : 16 octobre 2020
30.10 à 11h49 par - Rédacteur en Chef

Test : This is the Zodiac Speaking sur Xbox One

Zodiac m'a tueR

Affaire criminelle parmi les plus sordides de son époque, en même temps formidablement fascinante pour son déroulement et le mystère qui entourera probablement à tout jamais son issue, le cas du Zodiac est un matériau de choix pour créer un jeu d'aventure au fort accent narratif. C'est ce que nous propose le développeur Punch Punk Games avec This Is The Zodiac Speaking sur Xbox One, un titre réussissant bien malgré lui à recréer le type de frustration qu'ont connu enquêteurs et autres journalistes qui ont travaillé sur les meurtres du Zodiac.

Ce test arrive tard, oui. This Is The Zodiac Speaking est disponible depuis maintenant deux bonnes semaines sur Xbox One et de notre côté, nous avons eu l’opportunité de commencer à y jouer plusieurs semaines auparavant. Alors pourquoi une critique si tardive ? Eh bien, pour faire court, il faut savoir que This Is The Zodiac Speaking a été lors de nos premières sessions de jeu le titre probablement le plus mal fini de l’année, cumulant même de quoi concourir dans cette catégorie à l’échelle de la génération Xbox One. Il a longtemps été impossible de tenir ne serait-ce qu’une heure sur le jeu, la faute à des bugs visuels à foison, des plantages, jusqu’à l’obligation parfois de devoir relancer le jeu. Même le curseur de visée se plaisait à bouger tout seul. Deux options dans ce cas là : déballer tout cela avec un zéro pointé en bas de page ou alors, patienter quelques temps et voir ce que le développeur est capable de faire pour redresser la barre.

Nous avons choisi la seconde option car il y a quelque chose que l’on ne peut pas enlever à This Is The Zodiac Speaking en dépit de tous ses défauts : il exploite avec beaucoup de soin l’affaire du tueur connu comme le «Zodiac». Un personnage dont on ne connait toujours pas l’identité aujourd’hui, responsable de cinq meurtres confirmés dans les années 60-70 aux Etats Unis mais possiblement lié surtout à une trentaine d’autres. Une affaire qui a secoué l’Amérique, donné lieu à divers traitements médiatiques et aussi un film réalisé par David Fincher en 2007. Le genre d’affaire sordide qui créé effroi et fascination et qui trouve avec l’adaptation vidéoludique This Is The Zodiac Speaking un traitement scénaristique très bien maitrisé. On incarne un journaliste qui a survécu à sa rencontre avec le tueur et mène l’enquête au travers d’un traitement psychiatrique visant à lui faire vivre des «rêves éveillés». Il retrace alors le parcours du tueur en collectant des indices, le jeu prenant globalement la forme d’un walking simulator à la première personne.

zodiac 1

Il y a néanmoins une particularité qui créé une très grande différence de perception de l’aventure selon le choix opéré en début de partie. This Is The Zodiac Speaking peut effectivement être vécu comme un pur walking simulator : on avance, on manipule des objets plus ou moins importants pour la suite de l’aventure, on écoute avec attention les pensées à voix haute du héros et ses discussions avec le Zodiac. Les doublages en anglais sont par ailleurs très convaincants mais attention si vous n’êtes pas copain avec cette langue, c’est aussi celle des sous-titres. Sous cette forme, en mode «enquête», This Is The Zodiac Speaking laisse profiter le joueur de son atmosphère pesante et de ses quelques énigmes pas trop compliquées à résoudre. La difficulté vient plutôt, dans un premier temps, d’objectifs qui ne sont pas forcément très faciles à comprendre. On a ainsi passé dix bonnes minutes à essayer d’ouvrir une porte via un système dont la logique et l’intérêt demeurent comme le Zodiac, inconnus. A cela s’ajoute des commandes d’une incroyable rigidité, un personnage qui s’essouffle trop vite et un curseur qu’il convient de paramétrer dans les options, sans qu’il ne soit jamais véritablement possible d’en obtenir la réactivité souhaitée.

Si l’on peut faire le jeu sous cette forme et s’engager vers l’une des trois fins possibles qui dépendent de certains choix opérés durant l’aventure, la véritable expérience de This Is The Zodiac Speaking se nomme le mode «Serial Killer». C’est le même déroulement, les mêmes lieux et la même histoire (les mêmes fins aussi), à cela près que le tueur rôde dans les niveaux et qu’il vous faut résoudre les mystères en même temps qu’il est vital de rester discret. En somme, c’est une prise de tête permanente. Le Zodiac vous voit de loin, se fiche que vous soyez planqué derrière quelque chose, cours plus vite que vous et ne souffre visiblement pas de problèmes de souffle. Il est quasiment impossible de lui échapper. Quand on ajoute donc à cela les lourdeurs des commandes évoquées plus haut, le casse-tête que représente parfois une simple tentative de clic sur un objet, s’attaquer au mode Serial Killer est pure folie. Les checkpoints sont trop espacés pour vouloir souffrir du die & retry.

zodiac 2

Au-delà de tous ces soucis et imperfections, This Is The Zodiac Speaking pêche aussi grandement d’un point de vue technique. Il y a pourtant un travail intéressant côté direction artistique qui adapte intelligemment les codes de l’époque. On accepte en ce sens l’aspect très épuré des décors, autant que la relative pauvreté graphique de l’ensemble. Il y a ce qui est voulu et il y a aussi ce qui est imposé par d’évidentes contraintes budgétaires mais soit, la direction artistique sauve les meubles. On a en revanche beaucoup plus de mal avec les bugs en tous genres, les plantages, l’aliasing, le tearing et j’en passe. Aujourd’hui, deux semaines après sa sortie, This Is The Zodiac Speaking est certes plus propre qu’à son lancement. On ne constate plus par exemple les mouvement sauvages du curseur ou ce tearing exagérément présent qui jusque là venait mettre un coup de hachoir sur l’écran à chaque mouvement de caméra. On demeure cependant loin du compte. Ce n’est pas propre et surtout les plantages existent encore et toujours : dans notre cas c’est la réalisation d’un objectif dans un certaine mission dans un des deux modes de jeu qui conduit inévitablement à l’impossibilité de bouger ! Nous rendons donc notre verdict sur le jeu aujourd’hui, en espérant que le développeur fera prochainement son maximum pour régler certains problèmes qui peuvent l’être via des mises à jour. Car en l’état, on vous déconseille grandement l’achat du jeu.

2/5
De la frustration : voilà le sentiment qui prédomine au contact de This Is The Zodiac Speaking. Il y a celle qui nait d'une prestation technique insuffisante, de commandes crispantes et d'une mécanique "d'infiltration" terriblement mal fichue. Heureusement qu'il est possible de faire le jeu comme un simple walking simulator. Car le grand mal de This Is The Zodiac Speaking, c'est bien de parvenir à traiter avec sérieux, une certaine élégance même, l'affaire du tueur en série. On a envie d'y jouer, de faire progresser l'investigation alors que tout semble vouloir nous en empêcher. En l'état, This Is The Zodiac Speaking ne peut absolument pas être conseillé à l'achat mais dans la mesure où nombre de ses problèmes peuvent probablement être réglés via des mises à jour, l'espoir de voir le jeu devenir plus propre demeure. Ca ne le rendra pas plus beau mais dès lors qu'il deviendra vraiment jouable, il représentera un moyen honnête de s'intéresser au mystérieux cas du Zodiac.

+

  • Scénario travaillé, une histoire bien racontée
  • Direction artistique 70's intéressante...

-

    • ... Plombée par des graphismes d'un autre âge
    • Prise en mains désagréable et peu précise
    • Mode Serial-killer frustrant au possible
    • Tearing, pop sauvage, aliasing... La famille est au complet
    • Des crashs obligent à relancer le jeu
    • Anglais uniquement

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