Jeux

Dakar 18

Course | Edité par DeepSilver | Développé par Bigmoon Entertainement

3/5
One : 25 septembre 2018
20.10 à 20h01 par - Rédacteur en Chef

Test : Dakar 18 sur Xbox One

Dakarquefou

En voilà une franchise que l’on n’avait pas croisé depuis longtemps ! Pour être précis, cela date même de 2003, d’une époque où la machine à Bilou faisait ses premières armes et Xbox-Mag avec. Avec Dakar 18, ce n’est donc pas seulement un nom qui revient mais surtout une philosophie différente du jeu de course qui tente sa chance. Une façon de percevoir un genre de plaisir motorisé qui peut proposer de belles choses, autant que de concepts casse-gueule comme une roue qui vient frapper un rocher enfoui au milieu d’un océan de sable.

Pour son retour aux affaires, Dakar 18 fait les choses bien du côté de l’enrobage en accueillant tout l’univers de cette discipline qui a depuis longtemps quitté l’Afrique pour les zones arides d’Amérique du Sud. Du Pérou à l’Argentine en passant par la Bolivie pour un total de 14 étapes, Dakar 18 nous propose de prendre le volant (ou le guidon) de véhicules officiels, bardés de sponsors qui le sont autant et dans la peau évidemment de tous les grands pilotes de la discipline. Remporter le Dakar sous-entend de cumuler le moins de temps possible au terme des 14 étapes : libre alors au joueur de tenter l’exploit avec une voiture (2 ou 4 roues motrices), une moto, un camion, un quad ou un buggy. Au-delà de la différence notable entre les deux modes de difficulté proposés (un troisième se débloque par la suite), le choix du véhicule est d’une importance capitale.

dakar 18 test 1

Jouer à Dakar 18, c’est expérimenter un jeu de course qui ne ressemble à aucun autre. Pas de coups de portières au milieu des autres concurrents, pas de marche en avant en suivant un chemin tout tracé ; c’est la liberté -relative- qui prédomine. Sur des maps absolument gigantesques, on part avec comme seules indications les notes répertoriées dans le Road Book. On dispose alors dans coin de l’écran de la distance qui nous sépare du prochain point de contrôle, du cap à suivre, d’indicateurs visuels divers (rocher, arbre, ruines…) et d’éventuelles informations concernant les zones dangereuses. Autant dire qu’il faut un certain temps avant de s’habituer à la chose, bien que l’on dispose selon le véhicule sélectionné de la présence du copilote, primordiale ici. Voire indispensable. Pour s’en convaincre il suffit de tenter l’aventure en moto ou en quad : sans copilote il ne faut pas plus d’une minute avant de se perdre dans un océan de sable. Avec un peu de pratique et de connaissance du terrain on finit éventuellement par s’en sortir, mais en ce qui nous concerne, on préfère se reposer sur la voix du copilote dont les indications sont plutôt précises… Pourvu que l’on comprenne l’anglais. Il y a les sous-titres en français bien sûr, mais on ne peut espérer piloter efficacement en tentant à la fois de regarder les sous-titres, le Road Book et le chemin. Comprendre les indications vocales est de notre point de vue absolument indispensable pour bien débuter dans Dakar 18.

dakar 18 test 3

Patience et application sont les maitres-mots de l’expérience proposée. Passé une course d’acclimatation vite vue, on enchaine tout de suite avec une vraie épreuve durant près de 45 minutes ! Et ça continue comme ça pour tirer parfois jusqu’à l’heure de jeu. Cela fait beaucoup de points de contrôle à valider et des Waypoints qui, plus rares, qui permettent le cas échéant de recharger sa sauvegarde et reprendre une portion que l’on aurait raté. Au risque de perdre parfois un bon quart d’heure de jeu mais lorsque l’on voit à combien s’élève la pénalité en fin de course en cas de point manqué, mieux vaut s’y reprendre. Dakar 18 se pose alors comme un véritable simulateur d’endurance, un test de concentration géant. Il y a certes un mode « facile » qui permet de disposer d’un indicateur de checkpoint lors des passages hors-pistes mais cela a plutôt tendance à gâcher l’expérience en enlevant le risque de se perdre qui fait quelque part le sel du jeu. Et en assistant trop le joueur, on ne fait que finalement lui proposer quelque chose qui repose alors uniquement sur la conduite. Soit le principal point faible de Dakar 18.

dakar 18 test 2

Pour faire simple, le plus agréable ou du reste le plus pratique à prendre en mains, c’est le camion. L’impression de vitesse est certes un peu faible à moins de jouer avec la vue intérieure près du sol ; on dispose sinon d’une vue extérieure, depuis l’hélicoptère, dans le cockpit ou sur le capot, sauf pour les camions dans ce dernier cas. Mais globalement, on s’enlève une épine du pied en faisant le choix du poids-lourd. Les buggys peuvent éventuellement faire l’affaire, mais ils manquent tout de même de punch, tout comme les voitures de type 4×4. En revanche, les quads et motos sont rigides au possible et n’offrent pas la possibilité de contrôler séparément le pilote et son destrier motorisé. Oui, on a peut-être pris certaines habitudes avec les jeux de motos en général mais cela nous semble être aujourd’hui quelque chose d’inévitable. Et puis il y a les voitures deux roues motrices, plus connues sous le nom de savonnettes sur un sol lubrifié. Depuis la récente mise à jour (intervenue pendant nos tests), on nous prévient quand même que ce type de véhicule est réservé aux pilotes aguerris ; nous aurions plutôt tendance à traduire cela comme injouable à la manette. Globalement, la conduite manque un peu de sensations, les véhicules semblent trop légers et en dehors de zones précises on ne ressent pas plus que ça les changements de surfaces. On s’embourbe parfois pour quelques secondes, on peut même quitter le véhicule à pied pour prêter main forte à un concurrent qui ne parviendrait pas à se dégager (avec le treuil disponible sur chaque véhicule). Mais en dehors de cela, ça manque tout de même d’un brin de peps.

dakar 18 test 4

Egalement, il faut se contenter d’une pognée d’options de réglages (hauteur de caisse, pression des pneus, réglage de la barre anti-roulis), pour un ensemble un peu faible dans une simulation de ce genre. En y ajoutant un système de gestion des réparations qui fait l’essentiel dans un enrobage autour de la course qui frise l’inexistant, porté par des musiques sans relief et des temps de chargement un poil longs, Dakar 18 finit par être un peu monotone. Cela en dépit de la possibilité de jouer à plusieurs en ligne et même à deux en écran partagé, pour concourir ou pour partir à la recherche de collectibles sur chaque carte. Cette monotonie qui entoure Dakar 18 n’est que très peu atténuée par l’aspect technique du titre. Testé sur Xbox One X (le jeu ne dispose pas pour l’heure d’optimisation dédiée), Dakar 18 s’avère plaisant pour sa fluidité irréprochable et le gigantisme de ses cartes qui donnent à certains points de vue quelque chose d’envoûtant. Mais graphiquement parlant cela manque tout de même de détails, de volonté d’apporter une petite touche de crédibilité dans un ensemble ironiquement… Froid.

3/5
Dakar 18 fait un retour en demi-teinte sur une scène qu’il a abandonné pendant tant d’année. Aussi il est plaisant de se frotter à un genre de jeu de course à la fois original, exigeant, parfois un peu éprouvant. Traverser le désert et boucler les étapes après de longues minutes stressantes à l’idée de se perdre a quelque chose de gratifiant. Cet aspect positif est en revanche écorné par une prise en mains au mieux un peu chiche en sensations (camions et buggys), au pire abominable (voitures 4x2). Porté par une réalisation très sobre, voire un peu tristounette en dépit de la présence des licences officielles de la discipline, Dakar 18 n’est pas à mettre entre toutes les mains mais peut constituer une alternative correcte aux autres jeux de courses auprès d’un public averti.

+

  • Genre qui n’a pas d’équivalent
  • Courses très longues sur des maps gigantesques
  • Aspect « aventurier » plaisant
  • Licences officielles du Dakar

-

    • Certains véhicules sont injouables...
    • … D’autres n’offrent pas de grandes sensations
    • Visuellement austère
    • Compréhension de l'anglais à l'oral indispensable

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