Jeux

Get Even

FPS | Développé par The Farm 51

3/5
One : 26 mai 2017
16.07 à 00h15 par

Test : Get Even sur Xbox One

Il prend un vent ?

Connus des amateurs de AA plus ou moins heureux sur Xbox 360 avec un sympathique Deadfall Adventures et un piètre Painkiller, les polonais de The Farm 51 ont créé la surprise en 2013 avec l’annonce de Get Even. Présenté à grand renfort de trailers comme un titre aux frontières du photoréalisme, Get Even s’est fait une place presque inespérée dans un coin de la tête de chaque gamer. Et même lorsque l’on aurait pu l’oublier, le léger report de sa date de sortie suite aux événements tragiques de Manchester l’a propulsé une nouvelle fois sur le devant de l’actu. Mais au-delà du buzz et autres concours de circonstances, il y a-t-il vraiment une raison de s’y intéresser ?

Au commencement, on ne sait pas grand-chose de Cole Black. Quelques minutes à déambuler d’un pas lourd dans les couloirs glauques d’une bâtisse désaffectée nous font comprendre que l’homme est là pour retrouver une jeune fille kidnappée ; quelques événements plus tard dont nous tairons la nature, revoilà Cole Black aux portes de l’amnésie. Coincé dans ce qui semble être un hôpital psychiatrique, l’homme qui ne mâche pas ses mots découvre bien vite qu’il est prisonnier d’une personne qui, par écrans interposés, lui dicte ce qu’il doit faire s’il veut recouvrer la liberté. Au cœur de ce macabre jeu de marionnettes se trouve la vérité sur Cole Black, sa présence ici et les événements vécus en début de jeu. Dans cette ambiance lourde, oppressante, Get Even se pose comme une sorte de FPS… A ceci près qu’il n’est pas vraiment un jeu de tir, il est même tout à fait autre chose les deux tiers du temps même si l’on ne quitte jamais la vue à la première personne.

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Le gros morceau est constitué d’un mélange assez surprenant entre un walking simulator (Dear Esther et autres Gone Home pour situer) et des enquêtes à la façon d’un Condemned. Non, ça ne rajeunit pas. Parallèlement aux très nombreux documents à récolter apportant un éclairage non négligeable –si ce n’est indispensable- sur l’intrigue et les personnages, Cole Black est invité régulièrement à fouiner les environs à la recherche de preuves. Comme Mac Gyver avec son couteau suisse, Cole peut compter sur son téléphone pour scanner des éléments, faire apparaître des traces invisibles à l’œil nu ou encore pour afficher la carte. Que les enquêteurs du dimanche se rassurent et les Sherlock en herbe s’inquiètent : la référence à Condemned n’est pas anodine puisque comme dans le jeu de SEGA, la recherche et l’analyse de preuves est ultra assistée. Il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est garder un œil sur l’indicateur lumineux du téléphone qui se remplit alors que l’on approche d’une preuve.

« l’entrée en scène de chaque nouveau personnage apporte son lot d’intérêt et vient épaissir un scénario bien distillé, parfois vraiment surprenant, ouvrant sur des moments empreints d’une certaine puissance émotionnelle »

Ces phases d’exploration n’apportent donc pas grand-chose en terme de réflexion mais elles mettent en évidence l’une des grandes forces du titre : son ambiance. Get Even se pose comme un thriller pas effrayant mais parfois très éprouvant, pesant et particulièrement intriguant à mesure que le scénario se met en place. Si le début peut sembler un peu laborieux, l’entrée en scène de chaque nouveau personnage apporte son lot d’intérêt et vient épaissir un scénario bien distillé, parfois vraiment surprenant, ouvrant sur des moments empreints d’une certaine puissance émotionnelle. Le titre nous invite chapitre après chapitre à revivre les événements qui ont conduit aux quelques souvenirs qu’il nous reste et il est bien difficile de se détourner de l’histoire une fois bien dedans. Cette immersion est due en partie au bon travail des acteurs pour des doublages (en anglais) d’une régularité rare ; mais c’est aussi et surtout les sonorités exceptionnelles du compositeur français Olivier de Rivière (Alone in the Dark 2008, Remember Me) qui propulsent l’expérience un cran au-dessus. L’ambiance sonore retranscrit à merveille l’instant vécu, allant parfois jusqu’à des sorties complètement inattendues qui rendent l’expérience grisante.

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La montée en puissance de l’intrigue est cependant contrariée ponctuellement par les phases d’action. S’il n’est pas obligatoire de tuer pour avancer (c’est d’ailleurs comme cela que l’on accède à la véritable fin) c’est tout de même bien plus à la portée de tous mais malheureusement le plaisir n’est pas au rendez-vous. Passée la surprise offerte par le Corner Gun, fusil d’assaut permettant de tirer à 90°, l’essentiel consiste en une succession d’abattage de cibles pas très performantes où seule la faible résistance du héros vient apporter un peu de challenge. Et puis il y l’aspect visuel du titre qui navigue techniquement bien loin des promesses de trailers, à un niveau tout juste honnête. Mais ce qui déçoit le plus finalement c’est la direction artistique en mode « trois nuances de grey », avec du gris clair, du sombre et de l’entre-deux. Tout ou presque se déroule dans des lieux désaffectés, usines et autre gaietés du genre. Pour autant, si l’on privilégie l’ambiance au reste, Get Even propose une expérience recommandable, après tout assez originale et forte d’une durée de vie convenable pour le genre (autour des dix heures de jeu).

3/5
Bien loin des promesses techniques que nous avaient vanté les quelques trailers accompagnant son annonce, voire carrément morne avec tout ce gris qui dégouline d’environnements peu inspirés, c’est ailleurs que Get Even parvient à susciter de l’intérêt. Portée par une bande-son magistrale, cette enquête empreinte de science-fiction parvient à tenir en haleine jusque dans ses ultimes secondes malgré un démarrage un peu laborieux. L’exécution manette en mains est un peu bancale, la faute à des combats ratés et une partie investigation un peu trop assistée mais dans l’ensemble on retient une expérience prenante, parfois carrément puissante émotionnellement. Une addition de petits défauts sur une toile tout de même originale et qui mérite d’être regardée : à vous de juger où se situe votre intérêt.

+

  • Scénario intéressant et bien mené
  • Bande-son magistrale
  • Bon dans son approche walking simulator
  • Durée de vie très correcte
  • Aspect investigation intéressant sur le fond…

-

    • … Mais trop léger sur la forme
    • Combats ratés
    • Direction artistique peu inspirée
    • Graphiquement quelconque malgré les promesses
  • 18.07 à 09:59

    Alors que dire… Le mode de narration est différent de celui de Dear Esther (que je trouve pour ma part fabuleux) mais même si l’on est dans un walking simulator plus interactif que la moyenne, on passe tout de même la majeure partie du temps à explorer, à écouter.
    Le parallèle avec Condemned tient exclusivement à la façon dont sont menées les analyses de preuves : simplement donc.
    Le truc c’est que c’est un jeu pour lequel une démo ne suffirait même pas à donner un avis valable. Ca se vit dans son ensemble, avec une seconde partie par ailleurs bien plus convaincante -et surprenante- que la première.

  • 16.07 à 07:46

    J’ai pas aimer Dear Esther mais adoré Condenmed donc…j’aimerai ? :mrgreen:

  • 15.07 à 10:29

    J’ai craqué day one pour ce jeu, et l’ai dévoré dans la foulé, vraiment original et très sympa, les voix sont au top !

    Par contre il vaut mieux savoir dès le début qu’on est dans la catégorie des walking simulator, donc on est plus proche des jeux comme The Vanishing of Ethan Carter, Dear Ester, Everybody’s Gone to the Rapture, The Unifinished Swan, etc …

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