Jeux

Giraffe and Annika

Aventure | Edité par Playsim | Développé par Atelier Mimina

4/5
One : 27 août 2020
29.08 à 11h47 par - Rédacteur

Test : Giraffe and Annika sur Xbox One

Le cou un peu trop court

L'éditeur japonais Playism s'est fait une spécialité de débusquer des productions locales pour les aider à offrir aux joueurs la meilleure expérience possible. C'est ce qui semble se dessiner une nouvelle fois avec Giraffe and Annika, un jeu développé en partie par Atsushi Saito et dont l'esthétique ne peut pas laisser indifférent. Reste à savoir si le reste suit, et si l'invitation dans le monde mystérieux de Spica doit être honorée.

Lorsque Annika se réveille au milieu de Spica, une île perdue au milieu de nulle part, tous ses souvenirs ont disparu. Son premier réflexe est d’explorer la seule maison des alentours afin de trouver des indices à sa perte de mémoire. Giraffe ne va pas tarder à la rejoindre pour la guider, lui demandant de récupérer trois morceaux de pierre d’étoile qui se trouvent dans autant de donjons, en lui expliquant rapidement l’importance du cycle jour/nuit dans son aventure. Certaines actions et certains personnages ne seront disponibles que le jour, ou que la nuit, d’autres événements auront même lieu à des heures très précises. Heureusement le temps file rapidement sur cette île et des lits sont éparpillés un peu partout afin de rapidement se retrouver en début de journée ou en début de nuit et ainsi remplir une tâche sans devoir attendre de longues minutes.

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Ne vous attendez pas à une montagne de quêtes néanmoins. Pas de quêtes secondaires, dans Giraffe and Annika tout est très linéaire, un peu trop même. On suit une ligne droite du début à la fin à l’exception de collectibles à ramasser (avec un nombre minimum à obtenir pour progresser dans la dernière partie du jeu). D’ailleurs les donjons suivent exactement le même schéma et prennent en réalité la forme d’une ligne droite malgré leur apparence parfois ouverte. On ne peut pas vraiment se perdre et le peu d’ennemis présents dans les donjons ne présentent pas de réelle difficulté puisqu’il suffit de les éviter. Car il n’est pas possible de les affronter, Annika ne possédant pas d’arme. Clairement le titre de l’Atelier Mimina est conçu de façon très basique et se destine avant tout aux plus jeunes. Même les combats de boss sont adaptés puisqu’il s’agit en réalité de mini-jeux de rythme, et sont donc résolument non-violents. Ce sont d’ailleurs les seuls moments où le joueur peut choisir une difficulté, entre facile, moyen et difficile avec un vrai challenge pour obtenir le rang S sur chaque chanson pour le coup.

La réussite de chaque donjon permet à Annika de récupérer une pierre d’étoile qui lui offre alors une nouvelle capacité. Des capacités relativement basiques puisque l’héroïne peut apprendre à sauter, à nager plus longtemps et à utiliser un dash que l’on peut combiner avec le saut pour franchir de grands fossés. Des capacités pas franchement extraordinaires, d’autant que le saut entraîne une inertie très étrange à l’origine de nombreuses chutes. Rien de bien problématique compte tenu du peu de difficulté du jeu mais on aurait tout de même qu’un peu plus de soin ait été apporté à une fonction aussi courante. Le dash en revanche est très plaisant à utiliser et permet surtout de rejoindre l’autre bout de l’île, relativement petite, en peu de temps. Quelques objets viennent diversifier un peu le gameplay comme l’appareil photo ou la lanterne, mais ils restent étroitement liés à une quêtes spécifique à chaque fois et ne possèdent que peu d’intérêt à être utilisés en dehors de celle-ci finalement. Même si on apprécie que le jeu ne tire pas en longueur inutilement, les 6 heures demandées pour terminer le titre en font un jeu relativement court.

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Du côté de la technique on sent que les moyens alloués à la réalisation du jeu étaient limités. Même si les modèles 3D sont plutôt bien réalisés et les quelques personnages non-jouables peuvent être identifiés très rapidement, la réalisation autour est plutôt basique, un peu plombée par l’utilisation du moteur Unity. Heureusement la direction artistique est très bonne et même si on aurait préféré se retrouver véritablement au coeur d’un dessin animé, l’ensemble fonctionne convenablement, bien aidé par des musiques dans le ton même si certaines boucles sont trop courtes. Le scénario est narré à l’aide de petites séquences réalisées sous forme de bandes-dessinées, avec une qualité de dessin très appréciable. Petit regret du côté de la localisation en revanche puisque tout est en anglais, même si le jeu ne demande pas d’énormes efforts de compréhension.

4/5
Avec sa direction artistique enchanteresse et son scénario qui transpire la poésie, Giraffe and Annika a largement de quoi séduire les plus jeunes. Car sa durée de vie un peu faible et sa trop grande facilité auront du mal à convaincre les joueurs expérimentés malgré quelques éléments qui poussent un peu à la rejouabilité. L'expérience proposée par Atsushi Saito n'en reste pas moins très plaisante et devrait parvenir à charmer ceux qui apprécient les oeuvres de Hayao Miyazaki et plus généralement celles du studio Ghibli.

+

  • Direction artistique magnifique
  • Galerie de personnages attachants
  • Collectibles qui poussent à explorer
  • Bandes-dessinées plutôt jolies
  • Une fin émouvante

-

    • Inertie perturbante lors des sauts
    • Pas vraiment de difficulté
    • Un peu trop linéaire
    • Pas irréprochable techniquement
    • Tout en anglais