Jeux

Gravel

Course | Edité par Milestone | Développé par Milestone

4/5
One : 27 février 2018
09.03 à 20h13 par - Rédacteur en Chef

Test : Gravel sur Xbox One

A fond, à fond et hop, dans les Gravel

Plutôt habitué à naviguer sur deux-roues et régulièrement sur le pont pour produire des adaptations officielles de sports mécaniques, Milestone prend tout le monde à contre-pied en sortant Gravel sur Xbox One. Au volant de monstres de puissance pour des affrontements tournés vers le off-road, Gravel se présente comme un titre résolument arcade, taillé pour un genre que l’on n’a pas croisé depuis un petit moment sur nos consoles. Pari gagnant ?

Légèrement habillé d’une couverture télévisuelle baptisée « Gravel Channel », prétexte à quelques commentaires et une poignée de cut-scenes présentant les grandes figures de la compétition, le mode principal de Gravel fait les choses de manière simple et précise. Les soixante épreuves sont regroupées par type de course ou zone géographique et en fonction du résultat, on engrange une à trois étoiles synonymes de sésame pour le reste de la compétition. La progression débouche quelques fois sur des batailles en tête à tête contre le champion de l’une des quatre disciplines proposées, jusqu’à l’affrontement final en vue du titre de nouveau roi des Off-road Masters. Mais quel que soit le type de course engagée, on comprend bien une chose : Gravel est un titre 100% arcade. Plutôt facile à prendre en main, ouvert au plus grand nombre grâce aux assistances diverses et à plusieurs niveaux de difficulté globalement bien dosés, le jeu de Milestone est une ode à la vitesse. On est toujours à fond, le freinage est surpuissant et permet de pousser son véhicule jusqu’à l’extrême limite avant d’engager un virage. Ca dérape, ça saute dans tous les sens ; on retrouve d’ailleurs un système de notation de style permettant de gagner plus de points de niveaux et de débloquer ainsi véhicules et livrées.

gravel image test 1

La conduite est un pur régal pour qui aime ce genre de titre très arcade, brut et sans fioritures, comme on en croisait un peu plus souvent il y a dix ans. La cinquantaine de véhicules proposée compense sa relative minceur par de beaux éléments. Aux côtés d’un Hummer, de trophy trucks, Hyundai I20 ou Ford de tous types, on retrouve les Toyota Celica et Subaru Impreza des années 1990, Mitsubishi Lancer Evolution et autres Lancia Delta et Stratos : non, on ne joue pas à SEGA Rally, même si c’est probablement une impression qui frappe l’esprit d’un trentenaire ou plus lors de sa première sortie sur piste. Mais Gravel, ce n’est pas que de la course par tour ou sur tronçon unique ; on a également du contre-la-montre, des courses à élimination (il faut être en tête à l’issue de l’ultime chronomètre), des affrontements entre véhicules de course lorgnant furieusement vers le drift et même du cross-country à la façon d’un Forza Horizon. Seule ombre au tableau : les épreuves « Smash up » où des contre-la-montre dans lesquels le joueur doit passer par un endroit précis de chaque porte. Certains cadres sont verts, d’autres rouges et ralentissent le véhicule. Ce type d’épreuve est assez difficile et frustrant, la faute à un placement aléatoire des portes vertes et surtout contestable par moment car il force le joueur à suivre des trajectoires illogiques.

«La conduite est un pur régal pour qui aime ce genre de titre très arcade, brut et sans fioritures, comme on en croisait un peu plus souvent il y a dix ans»

Les épreuves s’enchainent, l’IA offre une bonne résistance au niveau normal et l’adrénaline est au rendez-vous. Notamment dans les cross-country qui laissent pas mal de liberté au joueur pour choisir sa trajectoire. De jour, de nuit ou sous la pluie, Gravel propose une belle sélection de 16 lieux pour des tracés dans des environnements vraiment variés : montagnes des Alpes et de l’Alaska, désert de Namibie, Las Vegas, piste en pleine forêt tropicale, bord de mer, circuit fermé pour retrouver un peu d’asphalte ou encore petits tracés tortueux en plein stade proposent de nombreuses variantes. L’ensemble est bien conçu, à l’exception de quelques circuits un peu courts, et n’est pas désagréable non plus à regarder. Gravel n’est pas un standard de beauté mais c’est coloré, les différents moments de la journée laissent profiter de plusieurs points de vue intéressant, notamment sur les épreuves en Alaska. On regrette néanmoins que l’effet « glossy » qui fonctionne assez bien sur les décors ait tendance à rendre l’apparence des véhicules un peu trop grossière. Ceux aux formes arrondies donnent l’impression d’être en plastique. On note également quelques petites chutes de framerate et un affichage qui a parfois du mal à suivre quand on avance trop vite (l’herbe des bas-côtés apparait au fur et à mesure que l’on avance). On évolue tout de même avec plaisir dans Gravel malgré ces écueils en termes de finition que l’on retrouve aussi dans la gestion des collisions avec les autres véhicules notamment : on a la sensation de rester collé.

gravel image test 2

Gravel offre la possibilité bien sûr de partager la fièvre de la course à douze joueurs sur le Xbox Live. Si l’expérience est globalement stable, il est dommage que les options n’aillent pas plus loin qu’un simple matchmaking ; on aurait aimé pouvoir au moins créer son propre championnat en ligne. Il est regrettable aussi de ne pas voir de mode deux joueurs en écran partagé dans un jeu qui respire autant la nostalgie, l’époque où les joutes se passaient entre copains sur un canapé. Gravel propose néanmoins des défis hebdomadaires, du contre-la-montre et des courses libres pour qui aurait envie de prolonger le plaisir au-delà d’un mode principal déjà consistant. Reste qu’il faut avec le temps survivre à la bande-son. S’il n’y a rien de notable en bien ou en mal du côté des bruitages et des musiques pendant les courses (du garage rock à l’américaine typique des débuts 2000), la musique des menus et temps de chargement, d’une durée tout juste correcte, est prise de tête. Vraiment gonflante.

4/5
C’est la bonne surprise de ce début d’année, une belle et agréable madeleine de Proust pour tous amateurs de jeux de course arcade. Pas de concessions ni vraiment de finesse : s’il est possible de faire quelques réglages sur sa voiture, l’essentiel de l’expérience se situe sur un bouton. Celui de l’accélérateur. Agréable à prendre en mains, généreux sur le nombre d’environnements et tracés proposés, Gravel rate quelques rapports notamment sur un type épreuve, un versus un peu léger et une partie technique correcte mais encore imparfaite. Reste que Milestone réussit ici très bien son essai vers le quatre roues résolument arcade, pour un titre que l’on conseille vivement d’essayer.

+

  • Arcade à 200%
  • Facile et agréable à prendre en main
  • De l’adrénaline à revendre
  • Belle sélection de tracés et d’environnements
  • Garage petit mais costaud

-

    • Les épreuves Smash up, ratées
    • Quelques petits soucis techniques
    • Pas d’écran partagé, assez léger en ligne
    • Musique des menus vraiment gonflante
  • 10.03 à 03:39

    Effectivement c’est un petit jeu fort sympathique de pur arcade, à mi-chemin entre Dirt 2 et Sega Rally, ça réinvente pas la roue, mais il est le bien venu en cette sombre époque de famine absolu dans le domaine de l’arcade motorisée pure.

Sur le même thème