Jeux

For Honor

Beat them'all | Edité par Ubisoft | Développé par Ubi Montreal

4/5
One : 14 février 2017
15.03 à 20h12 par - Rédacteur en Chef

Test : For Honor sur Xbox One

Des vikings, des chevaliers et des samouraïs qui se tapent joyeusement sur la gueule, c'est le cocktail improbable que nous propose Ubisoft avec ce choc de civilisations qu'est For Honor. Que donne donc ce fameux cocktail manette en mains ?

Si vous avez suivi un tant soit peu vos cours d’histoire, vous n’êtes pas sans savoir qu’il est impossible que les trois civilisations se soient affrontées un jour. Qu’à cela ne tienne, nous sommes dans un jeu vidéo, au diable les bouquins d’histoire surtout quand il s’agit de retrouver trois des plus fameuses armées médiévales qu’a connu l’humanité. Qui n’a jamais rêvé de manier un katana tout en incarnant un samouraï ? De diriger un des géants nordiques, les fameux barbares qui ont semé la terreur en Europe ? De revêtir l’armure massive d’un chevalier et sa lourde épée ? For Honor propose tout cela. Bien entendu, il n’est pas question de tricoter une laine ensemble au coin du feu. S’il y a tricot ici, ce sont avec les viscères de l’ennemi car les trois factions ne sont pas présents pour une partie de plaisir mais pour se disputer des territoires. En effet, une catastrophe a fait en sorte que nos amis se retrouvent côté à côté sur le territoire imaginaire d’Ashfield.

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A tour de rôle, nous allons découvrir les trois factions dans six missions par chapitre. Si le début semblait convaincant, il n’en est rien pour le reste qui n’est finalement qu’un très vaste tutorial où nous découvrons certaines (pas toutes) des douze classes de guerriers que propose le jeu (quatre par factions). A l’instar du cocktail proposé, le scénario n’a ni queue ni tête et ce, malgré des cinématiques très réussies. On enchaîne donc les missions les unes après les autres – en un peu moins de dix heures en difficile – pour se dire : «tout ça pour ça ?». Une déception qu’il faut relativiser car à l’instar de nombreux mastodontes (les Battlefield ou les Call of Duty pour ne pas les citer), For Honor est avant tout un jeu multijoueur. Et c’est justement là qu’il prend tout son sens.

« Une déception qu’il faut relativiser car à l’instar de nombreux mastodontes (les Battlefield ou les Call of Duty pour ne pas les citer), For Honor est avant tout un jeu multijoueur »

En effet, malgré la déception de la campagne, nous avons pu découvrir le gameplay très pointu du jeu. Certes, il est d’une relative simplicité : tout se joue sur trois axes (gauche, droit et haut). Avec les deux boutons de frappe, il faut les asséner à l’une des trois directions. Votre adversaire doit justement parer en inclinant le joystick dans la direction de votre frappe pour la parer. Sachant que la vitesse d’exécution diffère selon une frappe lourde ou non, que votre ennemi soit en garde ou non, c’est autant de paramètres à prendre en compte en plus de la possibilité de faire des roulades ou des mouvements d’esquive et même de briser la garde en l’agrippant. Ajoutez à cela le fait que les douze personnages présents dans le jeu ont chacun des aptitudes différentes (vitesse, contre, force, portée etc.) Tout cela fait de Hor Honor un jeu hautement stratégique où foncer droit vers l’ennemi en enchaînant les frappes est tout simplement suicidaire.

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Si les affrontements sont particulièrement jouissifs, c’est surtout le cas en petit comité. En effet, dès qu’on dépasse les quatre combattants à l’écran, les combats deviennent brouillons. Dans la campagne, l’I.A. «triche» pour pallier ce problème puisqu’il est assez rare que des ennemis viennent à deux contre un : le second patiente généralement que le premier se fasse trucider. Toujours dans le solo, le fait de briser la garde de l’ennemi est très efficace et sans doute un peu trop. En effet, les environnements de For Honor qui sont, au passage, à tomber par terre, regorgent de pièges où y pousser l’adversaire suffit à le faire trépasser. Certes, il est possible de contrer ceci mais l’I.A. ne semble pas connaître l’astuce. De ce fait, il est possible de se débarrasser des ennemis les plus dangereux sans trop de difficultés (de manière parfois abusée d’ailleurs : un petit étang de quelques millimètres de profondeur est considéré comme mortel).

« C’est dans ce mode qu’on trouve la quintessence de For Honor et qu’on profite avec plaisir des joies du gameplay »

En multijoueur, le problème de garde disparaît puisque les humains disposent – heureusement – de cerveaux. Néanmoins, le fait que les combats deviennent illisibles persiste dans les modes Match à Mort et Dominion puisqu’il y a systématiquement huit à dix combattants dans l’arène. Heureusement, le mode Duel est présent et propose des affrontements à 1 vs 1 ou 2 vs 2. C’est dans ce mode qu’on trouve la quintessence de For Honor et qu’on profite avec plaisir des joies du gameplay. Lors du lancement, la situation était bonnement catastrophique du fait de l’absence de serveurs dédiés, ce qui laissait les joueurs livrés à eux-mêmes avec moult déconnexions et retours à l’écran d’accueil. Ce qui faisait particulièrement tâche pour un jeu censé avant tout se jouer en multijoueur. Heureusement, depuis, Ubisoft a largement redressé la barre et propose désormais un véritable suivi du jeu en ligne. Certes, les déconnexions persistent (comme tous jeux multijoueur cela dit) mais les lâcheurs sont automatiquement remplacés par des bots plutôt efficaces hormis la prise de garde donc. Lors de son lancement, nous aurions clairement déconseillé le jeu, un avis qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui.

4/5
Il est important de souligner que For Honor dispose de qualités réelles qui sont indiscutables tant le gameplay du jeu est aux petits oignons et d'une profondeur inouïe. Mais sa campagne qui n'est qu'un vaste tutorial (alors qu'on aurait pu rêver à quelque chose d'au moins aussi abouti que Ryse : Son of Rome) gâche quelque peu la fête. Un temps catastrophique, la partie multijoueur a - heureusement - été nettement améliorée par Ubisoft et n'est donc plus un facteur éliminatoire, loin de là même. Si vous êtes las des FPS et autres TPS qui pullulent la ludothèque, For Honor est un vent de fraîcheur indéniable et mérite largement le détour.

+

  • Techniquement dans le haut du panier de la ludothèque
  • Environnements variés et parfois sublimes
  • Un gameplay d'une profondeur absolue
  • Et très jouissif !
  • Des vikings !
  • Des samouraïs !
  • Des chevaliers !

-

    • Une campagne qui fait office de tutorial géant
    • Les fantassins plutôt laids et difficile à distinguer
    • Brise garde trop efficace en solo
    • Chaotique dès qu'il y a trop de monde à l'écran