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Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Infiltration | Edité par Konami | Développé par Kojima Productions

3/5
2.7/5
One : 20 mars 2014 360 : 20 mars 2014
07.04 à 17h26 par - Rédacteur en Chef

Test : Metal Gear Solid V : Ground Zeroes sur Xbox One

Avec Metal Gear Solid V, la marque Xbox a enfin droit à la venue de Big Boss en temps et en heure. C'est qu'à part le remake HD arrivé bien trop tard, il n'y a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Cette longue période de disette se termine certes avec un apéritif, payant (et pas qu'un peu), et qui a la lourde tâche de nous faire découvrir l'orientation désormais prise par Hideo Kojima pour sa série. Suite directe de Peace Walker, Ground Zeroes reprend donc les affaires là où Big Boss les avait laissées sur PSP, avec une certaine réussite... Mais pas forcément là où on l'attendait.

Avant toute chose, il est bon de rappeler ce qu’est Ground Zeroes sur l’échiquier Metal Gear Solid. Car si l’on a bien l’habitude de taper sur Hideo Kojima pour sa propension à rendre les histoires simples très complexes, on pourrait presque pour le coup élargir le champ des remontrances aux modes de distribution. Donc, l’épisode «The Phantom Pain» sera le vrai cinquième opus de la saga Metal Gear Solid et Ground Zeroes en est l’introduction. Oui, oui, un peu comme une démo, mais en plus consistant… Tel un Grand Turismo 5 Prologue si on veut. Donc une grosse démo me direz-vous. Bref, si vous avez manqué l’affaire, vous savez désormais comme nous qu’à priori ce «jeu» se plie à vitesse grand V et que, du coup, conscients que le couper/coller opéré sur Metal Gear Solid V et facturé une quarantaine d’euros sentait un peu trop le CQC dans le dos, Konami et Kojima sont revenus à de meilleurs sentiments. Ainsi, c’est cette galette désormais vendue trente euros que nous avons examiné afin de répondre à cette grande question : jeu, démo, prologue… ou plaisanterie ? On démarre donc avec cet infatigable héros qui bénéficie d’ailleurs du jeu d’acteur de Kiefer Sutherland. Et ça lui va plutôt bien.

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C’est donc parti pour Ground Zeroes, mission principale du jeu. On embarque vers une base militaire à Cuba pour l’opération sauvetage de deux personnages majeurs de Metal Gear Solid Peace Walker, opus sorti sur PSP (porté sur Xbox 360 l’an dernier) et dont nous nous apprêtons à entamer la suite. Ambiance Guerre Froide et moments kitsch garantis. Pas d’inquiétude si vous n’avez pas fait Peace Walker (et on peut le comprendre car c’est un épisode qui divise sur bien des aspects) : un petit résumé des événements est accessible depuis le menu. Simple et concis. Nous voilà donc partis à l’assaut -discret si possible- de cette base. De nuit et sous la pluie, on profite avec cette version Xbox One d’un rendu graphique à la hauteur d’un jeu cross gen. Entendez par là que sans être un modèle de beauté, Ground Zeroes est suffisamment soigné dans cette version pour ne pas nous donner envie de repasser sur Xbox 360. Les textures sont propres, les éclairages particulièrement bien maitrisés et l’ensemble est fluide et stable. Le résultat impressionne moins lors des phases de jour (dans les missions secondaires) mais franchement, Ground Zeroes est techniquement solide et rassure sur ce que sera en mesure de proposer The Phantom Pain.

«[...] rien n’est particulièrement marquant : ni les dialogues, ni la mise en scène ne sort de ce que proposent la plupart des jeux d’infiltration pour une mission lambda. Certes c’est beau, et oui la bande-son est comme toujours d’une justesse chirurgicale. Mais on ressort de la mission Ground Zeroes sans sentiment particulier vis-à-vis des événements que l’on vient de vivre»

Reste que cette mission dite «principale» ne l’est que pour l’aspect scénaristique et rien d’autre. Pliée en moins de deux heures, elle laisse sur le derrière : franchement, même si on était prévenu qu’il s’agit d’une mise en bouche, les minutes défilent rapidement et on a le sentiment de se faire enlever le pain de la bouche au moment où on s’y attend le moins. Mais plus ennuyeux que la durée, c’est le grand manque d’envergure de la mission qui fait défaut à Ground Zeroes. En dehors de l’identité des deux personnages à extraire de la prison, rien n’est particulièrement marquant : ni les dialogues, ni la mise en scène ne sort de ce que proposent la plupart des jeux d’infiltration pour une mission lambda. Certes c’est beau, et oui la bande-son est comme toujours d’une justesse chirurgicale. Mais on ressort de la mission Ground Zeroes sans sentiment particulier vis-à-vis des événements que l’on vient de vivre. Plutôt ennuyeux compte tenu de la nature du soft. Mais c’est aussi à partir de là que l’on prend sérieusement les choses en mains et où l’on découvre ce Metal Gear Solid 5 côté gameplay. La mission principale est tout de même assez dirigiste et n’invite pas vraiment à explorer la base pour varier les tactiques ; les missions secondaires, elles, malgré leur plot très classique (exécution, récupération d’objet, sabotage et plus surprenant, rail shooting à bord d’un hélicoptère), permettent de véritablement profiter du terrain de jeu.

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Le soldat a bien évolué depuis Metal Gear Solid IV sur Playstation 3. Plus souple à diriger, plus agile, il affiche enfin des contrôles à la hauteur de son personnage. Ok, Sam Fischer en sourirait, mais l’essentiel est acquis : ramper, courir sans souffle, escalader, conduire des véhicules ne sont pas de trop pour infiltrer cette base diablement bien gardée. L’intelligence artificielle fait plutôt bien son travail, variant les rondes, n’hésitant pas à s’organiser pour vous prendre en étau en cas d’alerte. La possibilité de marquer les cibles avec les jumelles permet de prévenir ce genre de désagrément ; sinon, il y a en derniers recours les trois secondes en slow motion accompagnant la découverte de Big Boss. Suffisant pour loger une balle au bon endroit. Bref, l’infiltration parfaite demande beaucoup de travail et de concentration et en ce sens, le côté ouvert de la map incite à revenir tenter de nouvelles choses. Du coup, ça met en perspective la durée de vie initiale : tout compris (avec la sympathique mission spéciale aux commandes de Raiden), il ne faut guère plus de six heures pour terminer l’aventure. Mais entre les possibilités d’approche, le scoring et la récupération d’objets, les plus impliqués trouveront certainement leur bonheur avec Metal Gear Solid V Ground Zeroes.

3/5
Ground Zeroes n'est d'un intérêt que très relatif pour à peu près tout ce qui touche à la trame principale. Très, trop courte, elle manque franchement d'envergure et forcément, ça fait mal pour un jeu vendu à ce prix. Heureusement, et comble pour le titre d'un Kojima souvent apprécié plus pour ce qu'il conte que pour l'expérience vidéoludique qu'il propose, c'est là que Ground Zeroes convainc. Les missions secondaires permettent de véritablement profiter du terrain de jeu, de se libérer du poids du scénario et de constater aussi que Snake se contrôle désormais tout en douceur. Et puis la réalisation est solide pour un titre cross gen. Alors si quelques heures d'infiltration aux accents de bac à sable vous tentent, si vous pouvez faire fi d'une trame principale trop courte pour susciter un véritable intérêt, Ground Zeroes justifie un peu plus de son tarif. Mais jamais totalement, on est bien d'accord.

+

  • Terrain de jeu bien construit
  • Agréable à prendre en mains
  • Réalisation correcte

-

    • Mission principale trop courte...
    • ... Et trop peu intéressante
    • Forcément trop cher
  • 08.04 à 11:02

    Assez d’accord sur le Test, même si la mission Principale en elle même ne se résume pas qu’à sauver Chico & Paz.
    Il faut sauver un Prisonnier de la MSF et récupéré les patchs XOF (qui sont introduit via le Scénario :mrgreen: ) mais surtout les cassettes Audios (présente dans les missions Secondaires aussi) qui servent clairement au Scénario et ça replace grandement le Codec.
    D’ailleurs ce MGS est bien plus sérieux, plus sombre et ce n’est que pour mon plaisir.

    Skullface :aime: