Jeux

MXGP 3

Course | Edité par Big Ben Interactive | Développé par Milestone

3/5
One : 30 mai 2017
29.06 à 00h30 par - Rédacteur en Chef

Test : MXGP 3 sur Xbox One

Un jeu de kick et de starter

Pas toujours bien traitées par leurs développeurs, les simulations de motocross ont tout de même pu trouver avec Milestone et son MXGP l’équation presque idéale entre fidélité et bonnes sensations. Après une seconde édition pleine de promesses, MXGP 3 était attendu comme l’épisode de la confirmation. Si c’est bien le cas sur certains aspects, d’autres en revanche ont tendance à nous faire nous demander où est cachée la caméra pour Surprise sur prise.

Comme l’an dernier on retrouve l’ensemble des tracés officiels ainsi que les écuries et pilotes des catégories MXGP et MX2. Kawasaki, Honda et autres KTM répondent à l’appel avec en prime le choix possible vers les moteurs 2T en 250cc et 125cc. Si les fans ont tout loisir d’incarner l’un des nombreux pilotes de la discipline sur les modes Grand Prix, Championnat des nations ou en multijoueur (les courses dans les stadium ont disparu !), il est toujours question de créer son pilote et accessoirement son équipe pour lancer sa carrière. Vous connaissez la musique : une poignée de sorties réussies en wildcard conditionne l’intérêt des écuries et sponsors officiels pour la saison à venir. Du MX2 jusqu’au sommet du MXGP, le mode carrière est ponctué par des propositions auxquelles nous sommes libres de répondre via les emails de ce cher agent. C’est ici que l’on constate deux choses. La première, c’est que le mode carrière n’a pas évolué d’un iota dans sa construction ; on se contente du strict minimum avec des entre-deux courses rythmées essentiellement par les réglages de la bécane (répartition et puissance du freinage, suspensions… La base) et sa personnalisation. Entre esthétique et mécanique, l’ensemble est satisfaisant avec un grand nombre de licences officielles au taquet pour proposer toutes sortes de pièces.

MXGP-2

L’autre chose gênante qui touche le mode carrière et le titre dans son ensemble est à chercher du côté des menus. Tout de rouge et noir, l’habillage de MXGP 3 est tout bonnement gerbant et illisible. Accrochez-vous à votre guidon si vous voulez arriver à comprendre quelque chose de ce qui est écrit : c’est minuscule, comme si le jeu avait été développé dans une salle de cinéma. Les « aides » proposées au démarrage du jeu, en blanc sur fond rouge avec une police de taille lilliputienne ne servent à rien. Plus fort encore : les indications classiques informant sur l’utilité de chaque bouton font apparaître ceux-ci… En rouge. A, B, X, Y sont affichés en rouge et il n’est pas rare de revenir en arrière machinalement alors qu’il fallait avancer. Bref, on a connu mieux comme navigation, surtout quand elle est achevée par des temps de chargement interminables. C’était déjà le cas dans MXGP 2 et malheureusement rien n’a changé depuis ; il est toujours rageant de devoir attendre de longues minutes, même entre deux séances sur un même circuit.

« on ressent toute la puissance de la moto, son poids et l’on se rend compte combien il est important de gérer le freinage et la position du pilote. Tout cela en devient littéralement jouissif, la sensation de vitesse étant au rendez-vous et la vue intérieure particulièrement soignée »

Heureusement, les choses se passent bien mieux du côté du gameplay. Déjà plus que satisfaisant par le passé, le pilotage de MXGP 3 marque une avancée significative. On ne saurait par ailleurs que trop vous conseiller de passer rapidement à la physique dite « pro » et d’abandonner donc toutes les aides au pilotage car si elles peuvent aider à appréhender la moto les premières heures, vous vous rendrez vite compte qu’elles rendent le gameplay trop rigide et finissent par pousser bêtement à la faute. En pro, au son de 2 et 4 temps plutôt fidèles, on ressent toute la puissance de la moto, son poids et l’on se rend compte combien il est important de gérer le freinage et la position du pilote. Tout cela en devient littéralement jouissif, la sensation de vitesse étant au rendez-vous et la vue intérieure particulièrement soignée. Un bémol tout de même : la gestion des sauts est toujours aussi automatique et peu importe finalement ce que l’on entreprend, le résultat ne change guère. Un joli coup d’accélérateur a tout de même été porté sur les revêtements et la prise en compte des sillons et bosses : on ressent tout et on gagne cette année en exigence avec l’introduction de météo dynamique. Piloter sous la pluie procure un autre type de plaisir et une difficulté évidente. Au rayon des bonnes choses, on apprécie enfin de ne plus être renvoyé sur la piste pour le moindre orteil qui dépasse des limites du terrain. Et puis il y a l’IA, bien moins bourrine, qui essaye maintenant de dépasser proprement pour ne plus transformer le premier virage en un remake de Destruction Derby. Dommage pour le coup de ne plus pouvoir profiter de toutes ces bonnes choses sur les Stadium Series, portées disparues avec cette troisième édition.

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Reste une question essentielle : l’aspect technique. Et autant dire tout de suite qu’il est difficile d’en parler puisqu’à l’heure où sont écrites ces lignes, le titre a évolué au regard des premiers temps passés sur le banc d’essai. Souffrant de gros problèmes de framerate, MXGP 3 est depuis la mise à jour du 22 juin 2017 beaucoup plus stable, sans être parfait néanmoins. Quoi qu’il en soit, on partait tellement de loin sur certains circuits (Losail était proche de l’injouable) que l’on peut se réjouir de la réactivité des développeurs pour palier en grande partie à ce problème. Reste que MXGP 3 traine d’autres casseroles qu’il risque bien de conserver et qui à notre grand désespoir -et avec un peu de consternation aussi- touchent principalement la version Xbox One. Graphiquement correct si l’on en juge par ce qui a été montré de la version PS4, MXGP 3 est à la traîne sur Xbox One. Textures baveuses, couleurs saturées et contraste réglé à la truelle -particulièrement gênant sur les sessions sous la pluie avec une piste noirâtre du plus mauvais effet- sont aujourd’hui le lot des joueurs Microsoft. On a envie de dire que l’on n’est plus en 2013, qu’aujourd’hui il a été montré et démontré qu’il n’est pas impossible de faire une version Xbox One très proche de ce que propose sa consœur. Cette impression de se voir refiler une version au rabais histoire de remplir les estomacs en manque fait de MXGP 3 sur Xbox One un titre déconcertant, tellement bon sur le fond mais dont on ne peut ignorer les errements techniques… Et l’absence de pass saisonnier sur One. Parce que voilà, c’est comme ça.

3/5
Comme son grand frère sorti l’an dernier, MXGP 3 est un bon jeu de motocross. L’ennui, c’est qu’il l’est plus ailleurs que sur une Xbox One qui se voit remettre une version techniquement au rabais ! Si le plaisir du pilotage est ici encore plus fort que par le passé, jusqu’à en devenir grisant, il est tout de même difficile de fermer les yeux sur des graphismes en retard et un framerate qui doit son salut au déploiement à postériori d’un patch réduisant des chutes jusqu’ici inadmissibles. Amputé de quelques modes de jeu et toujours sujet à de longs temps de chargement, le MXGP que l’on attendait comme une référence se pose finalement comme un énième épisode qui a la moitié du derrière en dehors de la selle. Aussi difficile à conseiller qu’à rejeter, MXGP 3 se doit d’être acquis par celles et ceux qui peuvent accepter les nombreux errements du titre pour se concentrer sur ce qu’il fait de mieux : délivrer la dose d’adrénaline propre au motocross.

+

  • Amélioration notable du gameplay
  • Sensations vraiment au rendez-vous
  • Météo dynamique pour des tracés exigeants
  • IA moins agressive, plus efficace
  • Motos, pilotes, tracés : tout y est

-

    • Graphiquement à la traine
    • Framerate pas toujours stable, bien qu’amélioré par patch
    • Chargements très longs
    • Menus illisibles
    • Plus de Stadium Series !
    • Manque de finition propre à la version Xbox One

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