Jeux

MXGP Pro

Course | Edité par Milestone | Développé par Milestone

3/5
One : 29 juin 2018
10.07 à 18h54 par

Test : MXGP Pro sur Xbox One

Passe, cale, Pro

Pour la quatrième fois consécutive, Milestone prend le chemin du deux-roues plein de boue et nous invite à découvrir MXGP Pro. Après des éditions 2 et 3 certes imparfaites mais globalement plaisantes, le changement d’appellation s’accompagne-t-il du saut qualitatif attendu par tous les mordus de pneus à crampons ? Comme ça ne nous gêne pas de rouler dans la boue, on s’est lancé à tombeau ouvert sur les pistes de MXGP Pro pour un test en 2 temps bien huilé.

Test réalisé sur Xbox One standard

Si vous connaissez un peu la maison Milestone et à fortiori les précédents MXGP, les couloirs de cette édition Pro devraient vous être familiers. Du multijoueur jusqu’à 12 en ligne d’un côté ; de l’autre du solo avec l’inévitable mode Carrière, les Grands Prix paramétrables pour une simple course ou un weekend complet et le contre-la-montre pouvant nous opposer au fantôme d’un autre joueur. Autant de choix qui composent le plat de résistance de ce MXGP Pro. Au rayon des changements, on constate non sans une pointe de déception que l’excellent et exigeant mode Stadium Series de MXGP 2 n’a toujours pas fait son retour. Adieu également Championnat des Nations, même s’il s’agissait plus d’un gros bonus pour MXGP 3 qu’un véritable argument en sa faveur. Ce qu’il ne récupère pas de ses aïeux, MXGP Pro tente de le compenser avec un classique du jeu de motocross, étonnamment absent des précédentes éditions : le compound. Autrement dit un terrain libre mêlant pistes et zones encore vierges, jusqu’à ce que le gros balourd que vous êtes aille y planter le guidon. Idéal pour faire ses premières armes, la zone propose un programme d’entrainement très complet et particulièrement exigeant. Le saut, le freinage, la direction ou encore l’art du Scrub sont passés au crible et font l’objet de plusieurs séries de défis. De quoi apprendre les bonnes bases et surtout parfaire son pilotage. Pour le reste, on a vite fait de laisser le côté le compound décidément trop étriqué, boisé à outrance, pas franchement sexy.

mxgp pro test 1

Quel que soit le mode suivant dans lequel on jete notre dévolu, on profite naturellement de toutes les licences du MXGP et du MX2. Husqvarna, Kawasaki, KTM, Honda, Yamaha et TM font rugir leurs moteurs 2T et 4T, du 125cc au 450cc. Ils sont accompagnés par les pilotes officiels et équipementiers, tant pour les motos que pour leurs dompteurs, pour un enrobage vraiment plaisant. Il y a vraiment de quoi faire pour customiser sa moto et son pilote, celui-ci devant être créé pour pouvoir participer au mode carrière. Et puis, qui dit licences officielles dit circuits officiels avec l’ensemble des 19 tracés du championnat du monde, pour varier les plaisirs entre vitesse, grands sauts ou pistes très techniques. Du côté des paramétrages du gameplay, on retrouve le triptyque habituel standard/semi-pro/pro, pour un comportement plus ou moins réaliste de la moto. Et comme l’année dernière, on vous conseille grandement de passer tout de suite l’étape standard qui enlève toutes les sensations au guidon, jusqu’à favoriser les erreurs de pilotage par son manque de souplesse. Déjà, en semi-pro et avec de préférence le freinage non couplé, on commence à avoir quelques bonnes sensations. La différence très marquée entre les différentes cylindrées couplée à un panel de réglages complet permet d’expérimenter tous les styles de pilotage, jusqu’à trouver le bon, au son de moteurs toujours très fidèle.

«MXGP Pro se pose sans problème comme la référence du motocross à prendre si vous cherchez une bonne expérience de pilotage. Pas une simulation exigeante non, mais assurément un titre pas avare en bonnes sensations«

Avec la physique réglée sur Pro, sans assistance pour le contrôle du poids du pilote, les premiers temps passés à essayer de tenir le guidon bien fermement donnent l’impression de faire du rodéo. L’arrière chasse sur les grosses accélérations, les virages trop sérés finissent avec la tête du pilote plantée dans le sable. En ajoutant cette année la déformation progressive de la piste, assez convaincante même si encore améliorable, Milestone joue bien sa carte du titre à la fois simulation et arcade mais qui n’a pas forcément le derrière entre deux selles. Reste que les réceptions après sauts demeurent plutôt permissives (plus en tous cas que chez les autres jeux du genre) et les Scrubs peut-être un peu trop facilement réalisables. Au pire, il y a toujours ce bon vieux rewind pour nous aider à reprendre un gros raté et à appréhender doucement mas sûrement les à-coups violents des deux-roues. Avec un peu de pratique le plaisir du pilotage est une nouvelle fois au rendez-vous et de ce point de vue, MXGP Pro se pose sans problème comme la référence du motocross à prendre si vous cherchez une bonne expérience de pilotage. Pas une simulation exigeante non, mais assurément un titre pas avare en bonnes sensations. Pour autant, tout n’est pas rose au pays de Cairoli. L’IA de ces chers adversaires n’a guère évolué et on est encore une fois opposé à des comportements parfois trop agressifs, bien qu’un peu moins téléphonés. Et si chute il y a, elle est forcément pour la pomme du joueur.

mxgp pro test 2

L’ennui vient aussi, une nouvelle fois, de la qualité technique en dents de scie de MXGP Pro. Sur Xbox One standard/S du moins, nous n’avons pas testé pour le moment le jeu sur Xbox One X. Un peu plus agréable à regarder grâce à des textures plus travaillées, un niveau de détail plus élevé sur le rendu de la piste notamment, le jeu de Milestone n’en demeure pas moins tristounet. Surtout, il souffre par moments de belles chutes de framerate. Si l’on peut comprendre (à défaut d’accepter pleinement) celles qui ont lieu lors des départs, au moment où tous les pilotes s’engorgent dans le premier virage, il est étonnant de constater qu’un circuit comme Losail souffre encore des exacts mêmes problèmes de framerate que son ainé. Voilà qui vient nuire encore une fois à l’expérience de conduite pourtant très plaisante, quand ce ne sont pas les temps de chargement proprement interminables qui viennent plomber le dynamisme de la progression. MXGP n’en demeure pas moins un bon jeu de motocross, comme ses ainés, avec ici un mode carrière un peu plus intéressant. On gère désormais les sponsors (un principal et plusieurs secondaires) en fonction d’un niveau de renommée qui évolue au fil des courses, en bien comme en mal. En se faisant toujours plus remarquable et remarqué, on débloque de nouveaux sponsors pour des objectifs plus difficiles mais plus gratifiants. Une évolution nécessaire pour se payer un ou plusieurs des nombreux éléments de personnalisation et d’amélioration de la moto. Pour les plus courageux, il est possible de tenter cette même carrière en mode « extrême », comprenez sans aide au pilotage, sans rewind et avec la durée de course maximale. Dommage en revanche que la partie en ligne se limite à des salons pour une ou plusieurs courses, sans enjeu particulier ou modes alternatifs.

3/5
Poussant encore un peu plus loin le soin apporté au pilotage par Milestone, MXGP Pro est un jeu au gameplay assez bien fichu, adapté à tous mais surtout intéressant, amusant, voire carrément grisant quand on prend la peine de s’y frotter comme il se doit de l’être : avec un minimum d’assistance pour ressentir comme il faut le bon travail de Milestone sur le comportement des deux-roues. Forte de la présence de tout ce qui fait officiellement le MXGP, cette édition Pro souffre néanmoins des mêmes problèmes que ses ainés, des tares qu’il serait bon de gommer, temps de chargement interminables et chutes de framerate en tête. Un peu léger en multijoueur, MXGP Pro n’en demeure pas moins, en dépit de ses défauts, ce qui représente probablement le mieux le motocross sur consoles.

+

  • Plaisir de pilotage toujours plus grand
  • Déformations du terrain
  • Mode entrainement complet
  • Tout l’univers du MXGP
  • Mode carrière un peu plus intéressant
  • De quoi personnaliser pilotes et motos à outrance

-

    • Temps de chargement abominables
    • Chutes de framerate parfois gênantes
    • Mode en ligne minimaliste
    • IA trop agressive
    • Graphiquement c’est mieux, mais ça reste triste

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