Jeux

PixArk

Aventure | Développé par Snail Games

1/5
One : 31 mai 2019
16.06 à 14h02 par - Rédacteur

Test : PixArk sur Xbox One

Branleur, le dernier dinosaure

En voulant adapter Ark: Survival Evolved à un public plus jeune, le studio Snail Games a eu la bonne idée de s'inspirer du succès de Minecraft. Un monde tout mignon désormais très éloigné de la survie épique imaginée à l'origine par Studio Wildcard en 2015. On pouvait alors s'imaginer qu'en prenant deux recettes à succès, PixArk deviendrait une nouvelle référence pour le genre des mondes ouverts incluant des éléments de gestion et de survie. Aujourd'hui on peut dire que nous nous sommes lourdement trompés.

A force de piocher sur Minecraft, il devient tout à fait légitime d’avoir envie de respirer un peu, et cela malgré les nombreuses nouveautés apportées régulièrement sur le jeu de Mojang. PixArk se présente comme une agréable alternative sur le papier, avec un univers très coloré et des dinosaures en guise de décors ambulants. Un constat qui ne tient malheureusement pas plus de cinq minutes une fois la manette en main. PixArk devient rapidement l’antithèse du plaisir dans le jeu vidéo, une expérience exécrable à laquelle il faut rapidement mettre un terme, quitte à revenir (ou à aller) vers la franchise de Microsoft en courant.

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Si l’on se concentre uniquement sur le contenu, on peut tout de même soulever la présence de modes multijoueur et solo, pas franchement très différents l’un de l’autre surtout compte tenu du peu de personnes qui investissent les serveurs en ligne. Prévu pour accueillir jusqu’à 70 joueurs par carte, le nombre peine à dépasser la dizaine dans les faits et finalement, à moins d’avoir quelques amis qui se seraient risqués à acheter le jeu, on se retrouve rapidement à vagabonder seul dans un monde plutôt grand, avec des biomes diversifiés même s’ils le sont bien moins que dans Minecraft. On notera aussi que les joueurs qui ne disposent pas du Xbox Live Gold devront chercher un peu dans les menus afin de trouver la partie solo, bien dissimulée.

Peu importe que vous jouiez hors ligne ou non, vous allez pouvoir créer votre avatar avant de vous lancer dans ce monde hostile (mais pas forcément pour les raisons que l’on imaginait). Les options de personnalisation sont assez sympathiques et permettent de réaliser un bonhomme qui ne devrait pas ressembler à un autre, avec un large choix de couleurs pour les cheveux et les yeux par exemple, et la possibilité d’ajuster la taille d’à peu près toutes les parties du corps (j’ai bien dit «à peu près toutes»). En débarquant sur la carte, ce n’est déjà plus la même histoire. Si le monde est d’apparence agréable à l’œil, il se révèle très vite très désagréable à modeler. Et pour cause, le gameplay est très basique, sans être franchement irréprochable, et impose au joueur de laborieux travaux afin de récupérer des ressources. D’un côté les roches et les arbres sont une calamité à détruire, tandis que les herbes proposent un affichage générique qui n’indique à aucun moment quel type de ressources sera ramassé avant de l’avoir fait. On se contente donc de ramasser tout ce qui passe, de façon très machinale, dans l’espoir d’obtenir le fruit recherché.

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Pendant ce temps, l’écran s’agite dans tous les sens et affiche de nombreux textes parfois en français, parfois en anglais, vous expliquant de quelle manière votre progression va se faire. Autant le dire de façon radicale : c’est le gros bordel. Et si vous pensiez que tout serait résolu en accédant aux menus, bien au contraire. On a rarement vu un menu aussi peu ergonomique, que ce soit pour acquérir des améliorations, concevoir des objets ou les équiper. Dans les cas les plus simples, il faut tout d’abord sélectionner un élément, puis déplacer le stick jusqu’à une fenêtre pour aller valider. Dans d’autres cas il faut en plus de cela passer par un bouton intermédiaire pour sélectionner une quantité. On perd un temps fou, la faute à une interface conçue pour les joueurs PC, et pas du tout adaptée à la manette.

Et pour tenter de tirer un tout petit peu d’intérêt du jeu, il va falloir gagner des niveaux afin de débloquer tout un tas de compétences. Ne comptez donc pas acquérir une pioche en pierre dès les premières minutes du jeu, il faudra pour cela faire progresser votre personnage pour atteindre le niveau capable d’aller débloquer la fameuse pioche dans les menus. Galère. Et les dinos alors ? Il va donc falloir montrer beaucoup de patience avant de s’attaquer à l’un d’entre eux (ou d’en apprivoiser un), et en attendant ce sont les lapins et les dindons qui vont retenir votre attention. De toute façon là aussi l’interface va tout faire pour vous pourrir la vie en proposant un affichage de stats dynamiques sur chaque animal, ce qui rend leur lecture très difficile. On s’attaque donc à des animaux un peu au hasard dans des combats très rigides et franchement trop lourds pour donner l’envie de s’y attarder. Globalement, PixArk ne donne à aucun moment envie de s’y attarder tout court.

1/5
Pour faire simple, PixArk est l'un des jeux les plus mal fichus qu'il nous a été donné de jouer. En mixant deux concepts intéressants sur le papier, le jeu développé par Snail Games oublie tout le reste, y compris le plaisir de jeu. Avec son interface absolument abominable et diablement mal foutue, son gameplay à vomir et son ergonomie inexistante, PixArk réalise la prouesse d'être tout ce qu'un jeu vidéo ne devrait pas être. On lui laisse volontiers son esthétique charmante (mais plombé par un framerate catastrophique) et un vaste monde ouvert, mais cela ne suffit pas à donner l'envie d'y passer des heures et des heures. Au contraire.

+

  • Personnalisation du perso pas trop mal
  • Monde immense
  • Direction artistique agréable

-

    • Système de niveaux contraignant
    • Gestion très lourdingue des menus
    • Ecran encombré de textes inutiles
    • Avec certains textes en anglais ou illisibles
    • Gameplay à la ramasse, et donc frustrant
    • Framerate catastrophique

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