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The Raven Remastered

Point'n Click | Edité par THQ Nordic | Développé par King Art Games

4/5
One : 13 mars 2018
19.03 à 10h36 par - Rédacteur en Chef

Test : The Raven Remastered sur Xbox One

Un plumage qui se rapporte au ramage ?

Apparu au format épisodique dans le catalogue Xbox Live Arcade de l’été 2013 sur Xbox 360, The Raven joue le phœnix pour renaitre sous la forme d’un Remaster. Développé par les allemands de King Art Games, responsables de The Book of Unwritten Tales et plus récemment, Black Mirror, The Raven Remastered nous entraine dans une enquête aux mille rebondissements, sur fond d’hommage aux grandes œuvres de la littérature policière du siècle dernier.

Nous sommes au début des années soixante et le Caire s’apprête à accueillir le Yeux du Sphinx, deux trésors nationaux pour une exposition exceptionnelle. Jusqu’ici, les joyaux étaient exposés en Angleterre, au British Museum. Tout est prêt du côté cairote, jusqu’à la banderole annonçant l’événement. Tout aurait pu être parfait si l’un des Yeux du Sphinx n’avait pas été volé ! Il se murmure alors que le Corbeau, intrépide et légendaire voleur, pourrait être l’auteur du larcin… Ce qui est normalement impossible, étant donné qu’il a été tué par le célèbre inspecteur Legrand. Celui-là même qui assure aujourd’hui la livraison du second œil, en compagnie d’un policier dépêché par Scotland Yard. Ainsi débute l’aventure The Raven Remastered, alors que le train convoyant le bijou traverse les Alpes suisses et que l’on découvre Anton Zellner, policier helvète appelé en renfort pour assurer la sécurité du convoi jusqu’à Venise, d’où il prendra ensuite un ferry en direction de l’Egypte. Zellner n’est peut-être qu’un « petit policier » mais il est futé et surtout investi dans son rôle : pour lui, quelque chose ne va pas et il entend bien en découvrir la cause.

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De Zurich au Caire, The Raven dépeint une ambiance, des lieux et une galerie de personnages digne d’un roman d’Agatha Christie. De la ressemblance à peine masquée de Zellner avec le célèbre Hercule Poirot (la bedaine en plus) à la présence d’une romancière à succès nommée Lady Wesmacott (pseudonyme qu’utilisa Agatha Christie pour publier six romans), les références vont bon train. Les doublages en anglais assurent l’ambiance, chaque nationalité étant particulièrement reconnaissable avec des accents très prononcés. Sur les rails, dans un ferry et au cœur d’un musée Egyptien, sur fond de musique digne d’un épisode d’une parfaite série télé britannique, une dizaine de personnages aux traits bien marqués se dévoilent peu à peu et entretiennent avec bio un mystère que le jeu parvient longtemps à conserver. Le scénario est assurément le point fort de The Raven, tant il parvient à balader le joueur d’une idée à une autre, d’un début de piste à une révélation pas forcément la plus attendue. Si le sympathique Zellner est le personnage principal de l’intrigue, The Raven place également le joueur dans la peau d’autres personnages ; l’intrigue est vécue dans toute sa largeur et se distille ainsi progressivement.

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La remasterisation du titre n’est pas révolutionnaire mais elle apporte un confort de jeu non négligeable avec en premier lieu la présence de sous-titres en français, grands absents de la version Xbox 360. Attention tout de même car un petit bug se cache dans les options : pour avoir les sous-titres, il faut sélectionner « non ». Espérons que ce petit couac sera prochainement corrigé. Graphiquement, The Raven est très agréable. Le rendu désormais propre et l’amélioration significative des éclairages font honneur à une direction artistique en parfait accord avec l’ambiance sixties et romanesque du titre. On regrette en revanche que les déplacements demeurent un peu lents et les personnages très rigides, tant au niveau des contrôles que des animations. Pour le reste, rien n’a changé : beaucoup de dialogues, quelques petites énigmes sans grandes difficultés qui souffrent comme beaucoup de point’n’click d’un certain manque de cohérence parfois. On récupère des objets dont on n’a pas forcément idée de l’utilité sur le moment. La gestion de l’inventaire est un peu lourde mais celui-ci étant assez peu utilisé, cela n’a rien d’handicapant. Au final, l’aventure The Raven Remastered se vit avec plaisir, le temps d’une dizaine d’heures de jeu, et dispose enfin avec ces quelques ajustements d’une version à la hauteur de l’excellent travail porté par les développeurs sur l’intrigue et les personnages.

4/5
Hommage entier et assumé aux romans d’Agatha Christie, The Raven Remastered fait la part belle à une intrigue et une galerie de personnages soignées que l’on prend beaucoup de plaisir à découvrir. Agréable à regarder et pourvue enfin de sous-titres français, la poursuite du célèbre cambrioleur par un faux Hercule Poirot malgré tout très attachant se vit avec plaisir pour tout amateur de point’n’click. N’espérez tout de même pas vous casser la tête sur des énigmes, The Raven est très facile et globalement plus axé sur les dialogues que sur la réflexion. Un peu rigide dans sa prise en main, le jeu de King Art Games n’en demeure pas moins une belle et passionnante expérience.

+

  • Hommage réussi à l’œuvre d’Agatha Christie
  • Intrigue et narration menées avec brio
  • Zellner, un héros attachant
  • Correctement mis à jour graphiquement
  • Ambiance sonore parfaite

-

    • Personnages rigides
    • Déplacements un peu lents
    • Enigmes faciles et surtout, pas toujours cohérentes

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