Jeux

Sega GT Online

Course | Edité par Sega | Développé par WOW Entertainment

2/5
360 : 06 février 2004
14.02 à 18h03 par - Rédacteur |Source : http://www.xbox-mag.net/

Test : Sega GT Online sur Xbox

C’est en ce joli début de mois de Février que Sega se décide enfin à nous livrer son peu attendu SegaGT Online. Et s’il est aussi peu attendu par les fans de course, c’est bel et bien parce que PGR2 est passé par là, et aussi à cause des reports qu’il a subi. Sortir un tel jeu après l’ogre de Bizarre était un pari risqué pour Sega, et nous allons voir que même s’il ne s’en sort pas si mal, SegaGT rate globalement le coche, la faute à de nombreux défauts qui font tâche.

Une recette plus très fraîche

La partie solo du titre de Sega n’a pas réellement évolué depuis SegaGT 2002. On retrouve le mode SegaGT qui vous fait prendre part à une succession de courses de plus en plus difficiles, tout en passant quelques épreuves intermédiaires appelées Permis (elles n’ont de permis que le nom, puisqu’il suffit juste de boucler un tour dans le temps imparti et en limitant la casse niveau conduite). Les sous engrangés grâce à vos victoires vous permettront de customiser votre bolide et/ou d’en acheter de nouveaux plus puissants.

Intéressant, ce mode est cependant trop facile. Les développeurs ont baissé le niveau de difficulté (en comparaison du 2002) et l’on progresse bien trop aisément dans les niveaux. Par exemple, en moins d’une dizaine de courses gagnées on reçoit une voiture en cadeau, voiture qu’on revend plus de 300000 brouzoufs sans forcer. Résultat, on s’achète un monstre et on grille tout le monde pendant un bon moment, et ainsi de suite. C’est dommage, ça tue un peu challenge qui n’avait pas vraiment besoin de ça pour être abordable.

On retrouve à côté de ça un «mode rassemblement» qui regroupe, comme son nom l’indique, 3 types d’épreuves: la course de distance avec un nombre donné de checkpoints à passer en un temps limité; l’examen technique, qui oblige le joueur à boucler un tour en conduisant proprement (sans tête-à-queue ni sortie de piste, hyper facile…); le dernier est une course de cônes à

la PGR 2 mais en vraiment moins marrant, il faut le dire. En gros, chaque épreuve remportée vous débloque une voiture en plus dans le mode SegaGT, et c’est seulement à cause de ça qu’on progresse car le challenge n’est pas super captivant, ni difficile. Techniquement, SegaGT Online est on ne peut plus cheap. Malgré les quelques efforts des développeurs pour rajeunir le jeu, on se retrouve devant des graphismes d’un autre temps et après un PGR2 orgiaque on frise ici la famine visuelle. Les décors sont à peu de chose près aussi pauvres qu’avant, les seules évolutions étant de nouvelles couleurs pour les courses de nuit ou au crépuscule. Toujours aussi flou, l’ensemble n’est pas rattrapé par la modélisation des bolides qui sont si anguleux qu’on a peur de s’estropier en les regardant. La vitesse d’animation est en revanche au rendez-vous, mais seulement en vue interne, les vues éloignées étant bizarrement très lentes, en plus d’être peu jouables. En parlant de vue interne, j’aimerais signaler à ces messieurs de chez Sega que l’effet qu’ils utilisent pour simuler la vitesse est infâme, qu’il ne fait qu’ajouter à l’illisibilité des graphismes et qu’il aurait été de bon ton de le supprimer.Bonjour les maux de tête pour les fragiles des yeux… Je veux bien que les graphismes ne fassent pas tout, mais un minimum est tout de même exigible et le volet online de SegaGT en est bien loin. L’ambiance sonore est, quant à elle, plutôt réussie. Les musiques ont la patate (plusieurs labels célèbres sont présents, et on peut zyeuter quelques clips ou images des groupes, une bonne idée) et on peut customiser la bande-son à sa guise, ce qui est toujours agréable. Les moteurs me paraissent corrects et les crissements de pneu un poil moins pénibles que dans GT3 par exemple, mais c’est assez subjectif je l’avoue. Rien à signaler donc, on est dans une bonne moyenne, sans excentricités.

Enfin un bon point!

Et oui, à force vous pourriez croire que ce SegaGT est une daube, ou du moins un jeu trop moyen pour mériter votre attention, mais ce serait oublier qu’un jeu de course, c’est avant tout un gameplay, et que de ce côté le soft de Sega fait dans l’efficacité à défaut de proposer une tonne de nouveautés. Evidemment, l’orientation simulation du jeu ne plaira pas à tout le monde, et ceux qui n’avaient pas aimé SegaGT 2002 n’auront aucune raison d’y revenir aujourd’hui, puisque l’on retrouve exactement les mêmes sensations, la vitesse en plus. Les autres trouveront un jeu assez technique, très agréable à jouer et qui change de PGR2. En somme, on a ici tout ce qui a fait le succès des jeux du genre: beaucoup de voitures aux comportements différents selon le placement du moteur, les pièces installées, leur usure, etc.Le réalisme est donc de mise, les amateurs apprécieront.

Abordons maintenant la principale nouveauté, le mode Xbox Live. Le premier constat est franchement mitigé: Primo, le Live n’est pas «intégré» au jeu comme pour PGR2, il faudra donc se connecter à chaque fois et la manip’ n’est pas des plus instinctives (en plus ça empêchera vos amis de vous envoyer une invitation si vous jouez en solo). Deuxio, on ne peut pas rejoindre un ami dont la course est commencée, c’est vraiment très gênant car on doit poireauter comme un idiot en attendant qu’il veuille bien regarder sa liste d’amis, constater que vous êtes connectés et vous inviter… Du jamais vu, mais encore si ce n’était que cela : une fois dans le lobby (sympa, avec une icône personnalisée pour chaque joueur, à choisir parmi une trifouillée), il est totalement impossible d’ajouter quelqu’un dans sa liste d’amis. Bref, vous rencontrez quelqu’un de bien roots et aimeriez l’ajouter dans vos amis?Eh bien il faudra retourner au menu de la console, car dans SegaGT Online c’est pas prévu. Pour un jeu qui base son intérêt sur le Xbox Live, le fait de n’en exploiter aucune possibilité est assez gonflé… Heureusement la course se déroule mieux, et on s’amuse, ce qui reste le principal. Toutefois, le système de collisions est vraiment bizarre et très chiant (autant appeler un chat un chat): les voitures rebondissent littéralement les unes sur les autres, sans réalisme aucun. Enervante, cette gestion fantaisiste tranche avec la conduite coulée qu’on aime à avoir avec ses amis, on évitera donc autant que possible les duels au corps à corps, sous peine de se planter (et d’être quitte pour racheter une manette) ou pousser quelqu’un d’autre et passer pour un fieffé salaud.

Dernière chose, le lag. Assez peu présent tant qu’on joue contre des français, il se montre un peu plus entreprenant dès qu’on taquine le ricain ou le japonais, mais ça paraît plutôt normal. On peut donc émettre quelques réserves sur la partie online du jeu, car si la course en elle-même se déroule relativement bien, le peu d’options et la rapacité d’ensemble fait assez tâche de nos jours (même les premiers jeux online en proposaient plus, c’est dire).

Que retenir de ce SegaGT Online ? Qu’il n’offre pas assez pour le prix demandé, ou bien qu’il est trop cher pour ce qu’il propose, c’est au choix. Le gameplay est dans l’ensemble agréable, la durée de vie à peu près au rendez-vous, mais la réalisation est tellement cheap, et le mode Xbox Live si antédiluvien qu’on a du mal à ne pas regretter ses 50 euros fraîchement dépensés. De plus, quand on voit le prix du jeu aux Etats-Unis (20€ environ), on se sent, nous autres européens, un peu floués, il faut le dire… Je ne saurais que trop vous conseiller d’économiser vos deniers, une baisse de prix prochaine ne m’étonnerait guère de la part de Sega (du moins s’ils veulent en vendre quelques exemplaires de leur SegaGT).

+

    -

      • D'une pauvreté affligeante, SegaGT Online fait peine à voir. Tout ce temps pour proposer un résultat aussi affligeant, c'est inacceptable.
      • La conduite en elle-même est plaisante, mais les collisions rendent les joutes crispées, dans le mauvais sens du terme. Le réalisme des comportements fait quand même plaisir à voir et change agréablement des sensations proposées par PGR2.
      • Le solo est un peu facile mais assez long, alors que le mode Live est trop pénible à utiliser pour retenir le joueur très longtemps.
      • La Bande son est personalisable, et les musiques d'origine sont très rock japonais. Les divers bruitages sont corrects, sans effets particuliers. Une bonne idée que ce "sponsorship" de groupes divers, avec clips et tout le tralala...
      • A 30€, SegaGT Online pourrait être un investissement envisageable pour le joueur en manque de course. A l'heure actuelle, ce jeu d'un autre temps est franchement trop cher et ne tient pas un demi round face à Project Gotham 2.
      • Rapide et fluide, elle ne faillit jamais. Toutefois, en vue extérieure, c'est bien trop lent.
      • Oulala, je ne crois pas avoir jamais joué à un jeu Live aussi peu abouti. Où sont donc toutes les options habituellement proposées dans les autres jeux ? Pour l'ergonomie, on repassera...