Jeux

Warriors Orochi 3

Beat them'all | Edité par Koei | Développé par Omega Force

3/5
360 : 29 mars 2012
02.05 à 13h59 par - Rédacteur en Chef |Source : www.xbox-mag.net

Test : Warriors Orochi 3 sur Xbox 360

Présente une fois de plus sur toutes les consoles et sous toutes les formes, la licence fétiche de Tecmo-Koei ne semble pas décidée à prendre du repos. Après une année 2011 marquée par un certain regain de vitalité avec des Dynasty Warriors 7 et Gundam 3 plutôt convaincants, la série Musou ouvre le bal 2012 sur Xbox 360 en ressortant une branche que l'on avait pas vu depuis quelques temps : Warriors Orochi. Le démon n'est visiblement pas enclin à lâcher le morceau et fera face une nouvelle fois au mélange improbable des grands guerriers chinois et japonais. Et comme d'habitude, on se demande si les pauvres ne commencent pas à être trop vieux pour ça.

Guan Yu McFly

C’est un fait acquis depuis pas mal d’années maintenant, l’histoire des Trois Royaumes n’est plus le seul théâtre de ces affrontements de masse et aujourd’hui, on se frite sans retenue depuis l’Antiquité jusqu’à la conquête spatiale à dos de Mobile Suit. Parmi les branches de la série qui sortent de l’ordinaire, il y a Warriors Orochi. Un démon et des distorsions temporelles ont déjà permis par deux fois aux guerriers chinois et japonais, pourtant de deux époques bien lointaines et différentes, de s’allier sur le chemin de la guerre. Ces softs, sympathiques au demeurant, remontent tout de même à l’époque où un Dynasty Warriors sur Playstation 2 n’avait pas grand chose à envier à son double sur Xbox 360. Mieux vaut donc les laisser tranquilles. Mais depuis, sans révolutionner sa franchise, Tecmo-Koei a tout de même pu montrer qu’il pouvait offrir aux joueurs des expériences relativement bonnes et dignes de cette génération : Dynasty Warriors 7, Gundam 3 ou Legends of Troy ont su rehausser le niveau en proposant quelque chose de très agréable à jouer et pas trop difficile à regarder. Warriors Orochi 3 se doit donc de confirmer cette relance. La guerre qui oppose Cao Cao, Nobunaga Oda et leurs compatriotes respectifs n’est pas terminée ; pire, elle prend une tournure dramatique avec l’arrivée d’une Hydre dans le camps adverse. Décimant tout sur son passage, elle fait tomber un à un les héros. Seuls survivants de cette hécatombe, Ma Chao, Sima Zhao et Hanbei Takenaka lancent leurs forces dans un ultime assaut contre l’Hydre mais rien n’y fait et la fin semble proche. Sauvés in extremis par l’apparition d’une étrange jeune femme, ils découvrent que celle-ci a un pouvoir qui pourrait permettre de renverser la vapeur : celui de voyager dans le temps. Ainsi débute la quête des héros, partis dans les couloirs du temps pour sauver leurs alliés, retourner un jour face à l’Hydre, et disposer ainsi des forces suffisantes pour la terrasser.



Si ce scénario n’a rien de très original, il est cependant bien amené et agréable à suivre grâce à de nombreuses cut-scenes, de jolies – bien que trop rares – cinématiques et, tradition oblige, une tonne de dialogues. Il permet surtout de faire apparaitre au fil des heures les quelques 120 personnages qui peuplent le casting. Que notre cœur vacille entre Samurais, guerriers du Wei ou du Shu, impossible de ne pas retrouver notre figure emblématique préférée. Le scénario utilise également la distorsion temporelle pour justifier de l’apparition de quelques invités de marque, issus des licences Koei et Tecmo. Ainsi participent à l’histoire et deviennent jouables des personnages comme Ryu Hayabusa, Ayane, Achilles (Legends of Troy) voire même Jeanne d’Arc (Bladestorm). Warriors Orochi 3 se joue en créant une équipe de trois combattants, nous laissant tout loisir pour passer d’un à l’autre en plein combat ; mélanger les genre et les époques avec une équipe composée de Lu Bu, Nobunaga Oda et Ryu Hayabusa par exemple est très appréciable. Le chara-design reprend les traits visibles dans Dynasty Warriors 7 et Samurai Warriors 3, c’est donc plutôt soigné dans l’ensemble, même s’il donne à certains personnages un aspect un peu trop contemporain (Sima Zhao semble sorti d’un boys band). Les voix japonaises font leur effet mais cette fois, comme c’est de plus en plus courant dans la famille Musou, les sous-titres sont seulement en anglais, ce qui peut poser problème en plein combat tant le flot d’informations et de dialogues est important. Tous ces personnages se différencient par leurs armes, la catégorie à laquelle ils appartiennent (puissant, rapide, technique, etc) et sont tous soumis à un système d’expérience similaire à celui des précédents Warriors Orochi. Les points s’acquièrent sur le champs de bataille, surtout face aux officiers, et peuvent être redistribués sur les autres personnages. Utile pour lancer un combattant fraichement acquis sur un niveau avancé. On retrouve également les armes et leurs quatre niveaux, qu’il est toujours possible de fusionner pour les améliorer ou leur attribuer un certain nombre de capacités spéciales (plus d’expérience, plus de puissance, dégâts élémentaires, etc). Sur tous ces points, l’habitué ne sera guère dépaysé.

Lego Orochi

L’avancée en terrain connu se poursuit sur plusieurs aspects caractéristiques de la série, pour le meilleur et pour le pire. Honneur aux bonnes choses avec tout d’abord la durée de l’aventure qui, si l’on se contente de faire le strict minimum en ne jouant qu’aux chapitres obligatoires pour avancer, avoisine la dizaine d’heure. A côté de cela, ce sont des tas d’autres missions, parties intégrantes de l’histoire mais facultatives, qui viennent s’ajouter pour créer un ensemble bien costaud (ces passages sont généralement d’autres retours dans le temps à la recherche des combattants disparus, prétexte à les rendre jouables). On apprécie également que l’accomplissement de certaines missions vienne modifier le déroulement d’une autre déjà terminée, que l’on retrouve ainsi disponible sous deux approches. Tout cela est bien long et la sauce ne cesse de se rallonger avec la gestion des relations entre les personnages. Pour débloquer une partie de ces niveaux facultatifs, il faudra bien s’entendre avec ses compères : en jouant avec, en accomplissant des objectifs annexes ou en organisant une petite réception au campement, la jauge de confiance augmente et ouvre sur de nouvelles aventures. Vous l’aurez compris, boucler tous les niveaux de Warriors Orochi 3 demande un gros investissement. Un temps qui ne sera certes pas perdu tant le gameplay assure là où on l’attend. Sur des champs de bataille pleins à craquer, calqué sur celui de Dynasty Warriors 7, à savoir rythmé et instinctif, et très varié grâce au mélange des licences (le nombre important d’armes différentes représente autant de façons de vivre la bataille), le combat façon Warriors Orochi 3 est, sans bousculer les habitudes, probablement le plus abouti à ce jour. Les temps de chargements apparaissant lorsque s’enclenchent les cut-scenes sont quelque peu pénibles mais ne parviennent heureusement pas à mettre à mal cet immense défouloir. Sans trop de surprise, Warriors Orochi 3 est un titre qui prône le changement dans la continuité. En atteste la bande-son et ses guitares hurlantes qui se font plaisir tout au long du jeu. Mais n’est-ce pas là aussi le problème de la série dans son ensemble ? Car s’il s’emploie convenablement à revisiter les traditions pour les améliorer, Warriors Orochi 3 traine aussi les errements de ses ainés. On est encore et toujours face à un titre qui sauve les meubles grâce à un framerate stable en toutes circonstances, mais qui délaisse surtout le reste.



Warriors Orochi 3 n’a rien de vraiment agréable à montrer et réussit l’exploit d’être moins convaincant que les derniers Dynasty Warriors. Car si le septième épisode n’était pas une franche réussite graphique, il est étonnant de voir ici des ennemis qui apparaissent subitement à un mètre de notre personnage et des attaques spéciales combinées, censées représenter le summum du déchainement de puissance, se dévoiler à l’aide de quelques animations du plus mauvais effet. Cette pauvreté esthétique a de quoi donner un certain sentiment d’amertume, surtout quand continuent d’être reprises – logiquement certes – des cartes déjà connues pour la plupart. Les changements sont minimes (certaines cartes restent trop grandes ou leur configuration ne joue pas vraiment de rôle dans l’approche de la mission) et bien que l’on apprécie certaines excentricités permises par le scénario, force est de constater que l’on ne se mouille toujours pas beaucoup chez Tecmo-Koei. Quoi qu’un peu tout de même, avec le mode Musou Battlefields. Il s’agit simplement de prendre un champs de bataille, d’y appliquer un certain nombre de modifications pour se faire plaisir et surtout le partager sur le Xbox Live. Tout au long du jeu solo se débloquent personnages, musiques, lignes de dialogue, ennemis spéciaux, etc… Cet ensemble, ainsi que des conditions spéciales d’accomplissement, peuvent se mélanger pour créer une mission toute nouvelle. Avec un peu de patience il est possible de créer quelque chose qui paraitrait se trouver là depuis le début. L’idée est bonne, il faut espérer qu’elle se développe pour les productions à venir (en permettant de placer sur la carte des soldats ou des objets par exemple) mais souffre d’un handicap de taille : pas grand monde ne semble être sur le Xbox Live pour participer à la fête. Le constat est logiquement le même quand il s’agit de trouver des partenaires de jeu pour quelques missions : le campement servant de lieu à tout faire en solo permet aussi d’accueillir d’autres joueurs du Xbox Live, si par chance il y en a un. Et puisque, manifestement, chaque joueur se voit cantonné à sa région, on ne peut même pas compter sur nos collègues nippons, certainement plus nombreux. Mieux vaut donc s’entourer de quelques bons amis.

Warriors Orochi 3 est un bon cru. Une grosse durée de vie, un casting de folie appuyé par des invités de choix sont les atouts d'un titre qu'il est aussi et surtout très agréable de prendre en mains. Le rythme est soutenu et faire le ménage aura rarement été aussi plaisant pour cette série. Malheureusement, Warriors Orochi 3 pêche par une réalisation qui se paye le luxe d'être moins propre que dans un Dynasty Warriors 7 sorti l'an dernier et déjà pas franchement magnifique. Et en ne s'écartant que très peu du sentier qu'il s'est tracé depuis si longtemps, Tecmo-Koei livre un titre qui ravira certainement les fans et laissera assurément insensibles les autres.

+

  • Affrontements rythmés
  • Très bonne durée de vie
  • Des invités de marque
  • Possibilités online intéressantes

-

    • Réalisation bancale
    • Temps de chargements lors des missions
    • Textes en anglais uniquement

Fiche succès

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