Jeux

Windscape

Aventure | Edité par Headup Games | Développé par Magic Sandbox

3/5
One : 27 mars 2019
26.03 à 11h56 par - Rédacteur en Chef

Test : Windscape sur Xbox One

Les fourberies de Windscape

Débutée en 2016 avec une première apparition de Windscape en accès anticipé sur Steam, l’aventure menée par le développeur Dennis Witte parvient avec l’appui de Headup Games à se hisser jusque dans les rangs de la Xbox One. Inspiré selon son créateur par Zelda, Secret of Mana et même Golden Axe, Windscape prend néanmoins le point de vue de la première personne pour nous embarquer dans périple qui ne manque pas de qualités.

Ida est une jeune fille rêveuse et résolument aventurière. Son père le sait et c’est pourquoi, en dépit des dangers qui rôdent sur les chemins, il lui demande de se rendre dans le village le plus proche livrer une commande. Le chemin menant de la ferme familiale jusqu’au village n’est pas très long mais récemment, les habitants ont pu observer que les quelques animaux qui vivent sur ces terres sont devenus étonnamment agressifs. Une rencontre après l’autre, une nouvelle tâche succédant à la précédente, Ida va alors découvrir que quelque chose de terrible se prépare. Il faut savoir qu’Ida vit sur une ile… Flottant dans les cieux. Il en existe trois autres. Toutes semblent se disloquer et menacent de disparaitre dans les abimes. Alors oui, il s’agit bien d’une histoire où c’est à une jeune fille venue de nulle part que l’on refile la patate (très) chaude et c’est seule qu’elle doit régler le problème. Ca peut prêter à sourire mais après tout, on a connu des histoire pas beaucoup plus cohérentes.

windscape test 1

Windscape se présente comme un RPG vu à la première personne, à la manière d’un Eder Scrolls. Mais la première chose que l’on retient, c’est l’hommage évident voulu par le développeur à la saga Zelda en dépit du point de vue choisi. La première ile, zone où l’on passe une bonne moitié de l’aventure, cumule verdure, collines et un petit village peuplé de paisibles PNJ. Difficile de ne pas se sentir en terrain connu lorsque l’on prend soin au milieu de cela de multiplier la casse de vases. Plus tard, on voyage vers une ile désertique aux forts accents orientaux, avant de découvrir quelque chose de moins sexy à Tambora, ile-rocher anciennement active pour ses mines. Puis vient l’ultime zone qui regroupe un peu de tous les environnements. Le point commun à toutes ces régions, c’est une direction artistique très particulière : imaginez qu’un Elder Scrolls soit sorti dans les années 90 sur PSOne/Saturn/N64, mais en HD. C’est polygonal, très épuré et en même temps très propre. Il faut aimer et dans notre cas on valide, en dépit d’animations qui elles aussi semblent arriver d’un autre temps. Mais dans le mauvais sens du terme.

windscape test 2

Dans cet univers porté par des compositions musicales plaisantes, chaleureux en extérieur et tout de suite beaucoup plus oppressant lorsque l’on parcoure un tombeau -ce que l’on fait souvent, surtout dans la seconde moitié- on explore un peu parce qu’en dépit de sa structure open world, Windscape est tout de même très dirigiste. On discute aussi avec quelques PNJ et on découvre que si les voix sont absentes, les textes sont en français. Un français certes approximatif parfois et pas exempt de quelques oublis, mais compte tenu des moyens du développeur, on apprécie l’effort. Mais ce que l’on fait surtout dans Windscape, c’est crafter et combattre. Assez étonnement, le jeu ne dispose d’aucun élément d’évolution du personnage, de système d’expérience ; tout se base sur la qualité des armes et de la protection portées. On oublie alors l’idée d’acheter cela auprès d’un commerçant, ces derniers se contentant de fournir de quoi fabriquer les quelques éléments basiques de soin.

windscape test 3

Il faut piocher, tailler et looter les ennemis pour récupérer de quoi fabriquer un équipement adapté au niveau des ennemis qui croît étape après étape. Epée, marteau, arc puis magie : la sélection est sans surprise mais on a néanmoins l’occasion de faire évoluer tout cela souvent. On trouve très régulièrement les installations nécessaires à la fabrication des armes et consommables, lesquels évoluent peu à peu vers des bonus de défense physique ou magique. Cette relative légèreté des types d’objets disponibles a au moins pour vertu de faciliter la navigation dans des menus qui ont été portés de façon brute depuis le PC. On doit donc composer avec un curseur forcément plus facile à gérer avec une souris, plutôt qu’un pad. On prend vite ses marques cela dit et on apprécie de trouver très souvent et très bien placés des points de sauvegarde.

windscape test 4

Avoir un point de chute pas trop éloigné, il est vrai que l’on s’en passe la plupart du temps. Les combats vus à la première personne fonctionnent bien, à la manière d’un Elder Scrolls pour le citer encore une fois, pourvu que l’on prenne le temps d’observer les patterns ennemis. C’est basique mais n’y voyez aucune connotation péjorative, on a connu plus mal fichu. Mais si les deux-tiers du jeu se déroulent de façon très accessible, au point de nous faire dire que Windscape est un jeu qui convient aux jeunes joueurs plus qu’il ne peut plaire aux habitués, les ultimes moments connaissent une hausse significative de la difficulté. Rien qui ne soit insurmontable certes, mais on vous avoue avoir été surpris de se faire malmener après avoir survolé le reste de l’aventure sans aucune difficulté. Pas même lorsque Windscape pousse à quelques petits passages de plateformes et de (légère) réflexion à base de leviers. Dans l’ensemble, l’aventure est plaisante pour qui adhère à cette vision très dirigiste et épurée d’un mélange Zelda/Elder Scrolls, que l’on aura néanmoins tous l’impression de vivre en mode avance rapide : prévoyez 7-8 heures pour voir le bout du chemin et pas plus de 10 heures en prenant soin de fabriquer toutes les armes et de visiter chaque recoin.

3/5
Pour un jeu créé essentiellement par une seule personne, Windscape a quelque chose de véritablement surprenant. Ne vous attendez pas à une révolution mais vous pourriez être accroché par le soin apporté à ce titre se réclamant des grands jeux d’aventures. Porté par un design singulier et de mécaniques de jeu qui fonctionnent bien en dépit d’une relative simplicité et d’un penchant peut-être trop dirigiste, Windscape se pose comme une bonne introduction aux RPG tels que les Elder Scrolls. Malgré la hausse de difficulté surprenante observée dans la dernière partie de périple et une durée de vie tout de même limitée, Windscape conviendra avant tout aux néo-aventuriers, aux jeunes joueurs qui veulent se lancer dans une expérience "RPG occidental", pour le coup tout à fait recommandable.

+

  • Design « 32bits HD » épuré mais plaisant
  • Globalement soigné
  • Combats simples mais fonctionnels
  • Une bonne introduction au genre
  • Textes en français…

-

    • … Mais tout de même approximatifs
    • Durée de vie un peu juste pour le genre
    • Animations très rigides
    • Tout de même assez dirigiste
    • Difficulté mal dosée sur la fin

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