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Condemned : Criminal Origins

Survival Horror | Edité par Sega | Développé par Monolith Productions

4/5
360 : 02 décembre 2005
14.12 à 11h18 par |Source : http://www.xbox-mag.net/

Test : Condemned : Criminal Origins sur Xbox 360

Un générique en images kaléidoscopiques bicolores sur fond de musique grinçante nous ouvre les portes de l’antre des damnés. Véritable descente dans l’enfer quotidien des agents du FBI, le titre aux multiples références cinématographiques de Monolith Software nous mène au cœur d’une traque au tueur en série complexe. De la dissection d’une scène de crime aux délires névrotiques d’un assassin aux inquiétants rituels, le soft referme ses portes sur nous et se présente tel un labyrinthe habité par d’étranges individus. Inutile d’en chercher la sortie : elle est cadenassée !

1, 2, 3 nous irons chez toi, 4, 5, 6 pour hanter tes nuits

Il est presque minuit, des relents de bière se mêlent à l’odeur du ketchup séché sur les tables. Sally sert ses derniers clients, une moto vrombit sur le parking et trois hommes sont accoudés au bar. « Hé Eddy, raconte nous l’histoire du mec qui a flingué les deux flics lors d’une enquête » sort celui assis à droite… « C’était une sale nuit pour un agent de la section criminelle du FBI : un code 47 sur la radio de la voiture de patrouille, une demande de renfort, le vent qui vous gifle le visage comme ces soirs d’hiver où t’as pas envie de quitter ta piaule. Ce soir là, Ethan Thomas fut envoyé dans un immeuble désaffecté suite à la découverte du cadavre d’une jeune femme dont le corps faisait partie d’un funeste tableau. La victime fut retrouvée allongée sur le sol et comme tombée de la chaise qui faisait face à une table mise pour le dîner et à un homme au teint sirupeux – une rapide analyse révélant qu’il s’agissait en réalité d’un mannequin en plastique utilisé pour présenter les vêtements dans les vitrines de magasins.Muni d’un matériel de pointe, l’incursion d’Ethan dans le monde des psycho killers débuta par une séance de prise d’indices avec un outillage de médecine légale comme une lampe à UV, un laser, un collecteur de preuves, un scanner 3D ou un appareil photo numérique – vous savez le genre de trucs qu’on voit dans les séries télé pour collecter des résidus, des fibres, des fluides, des empreintes digitales et des tâches de sang pour en analyser la teneur. Dès le début, les mecs ont su que c’était l’œuvre du Match Maker, ce tueur en série qui buttait des gonzesses et mettait en scène leur corps. Seulement, il y a des soirs où tout bascule et des putains de matins où nous sommes loin d’imaginer que quelques heures plus tard la vie va prendre un tournant fatal. Ils entendirent des bruits suspects dans les locaux et se lancèrent à la poursuite du meurtrier qui devait toujours errer dans le coin. Après, on ne sait plus très bien ce qui se passa mais la même nuit, des gars appelés en renfort retrouvèrent les cadavres des coéquipiers d’Ethan. Ils avaient été tués avec son arme de service. Ce dernier disparut de la circulation durant plusieurs jours et fut recherché par toutes les forces de police. Quand il refit surface, il prétendit qu’il avait tenté de prouver son innocence – n’étant relié au quartier général local du FBI que grâce à son téléphone cellulaire et ne bénéficiant de l’appui que d’une laborantine audacieuse et d’un ancien flic sur le retour. Personne ne le crut, de prime abord, mais l’investigation prit une tournure plutôt originale et révéla une sacrée histoire de tueurs en série ».

7, 8, 9 je veux du sang neuf, 10, 11, 12 tu meurs si tu bouges

« Poursuis Eddy, comment Ethan a pu se sortir d’affaire ? » « Contre toutes attentes, il se retrouva dans le sillage sanglant d’un assassin qui lui laissait des messages comme Hansel et Gretel semaient des petits cailloux sur leur chemin. C’était comme si le tueur voulait l’inviter dans un jeu macabre dont Ethan devint l’un des composants. En cours d’enquête, Ethan découvrit que l’assassin avait dans sa cache des photos de lui et des articles de journaux relatifs à ses précédentes enquêtes. A la scientifique, c’était la déroute car nous ne comprenions pas pourquoi celui-ci opérait systématiquement de différentes manières pour nous tromper alors qu’il laissait consciemment des indices en évidence. Débuta alors une chasse urbaine en intérieur et en extérieur et Ethan dut survivre lors de ses descentes dans les endroits délabrés des bas quartiers, infestés de squatters pas vraiment prompts à la discussion si vous voyez ce que je veux dire. Fallait pas qu’il soit angoissé le gars vu qu’il se coltina des espaces confinés comme le métro et vides à perte de vue telle la campagne environnante -sans compter le fait qu’il se crût suivi et espionné à chaque instant. Sans arme de service, il se débrouilla en récupérant des revolvers à barillet, des calibres 45, des fusils à canon simple ou à canons sciés et même une mitraillette sur les corps des gus qui cherchèrent à l’attaquer ; parfois il improvisa en se défendant avec des tuyaux de canalisation, des barres à mine et de renfort, des haches à incendie, des masses, des pelles de chantier, pratiques également pour défoncer une porte ou faire sauter une chaîne. Une fois, il a même bousillé un mec avec un bras en plastique de mannequin de vitrine, mieux valait ne pas le titiller Ethan car c’était un bon en combat rapproché et un sacré violent quand il se sentait acculé. Sa traque le mena à explorer toutes sortes d’endroits, des stations de métro, la bibliothèque municipale fermée pour cause d’incendie dans les étages inférieurs, l’ancien grand magasin de la 45ème, un lycée abandonné et même les alentours de la ville »

Au clair de la lune mon ami le psycho, prête moi ta plume pour lui lacérer le dos

« Est-ce que l’on a retrouvé le vrai coupable Eddy ? », « C’est bien là le problème, un coupable, deux coupables, voire trois…cette histoire devint vite un véritable délire. Il y avait tous les ingrédients présents dans les thrillers hollywoodiens : la cave d’une maison (Le silence des agneaux), un tueur rédempteur qui condamne les pêchés des mortels (Seven), un policier de la vieille école qui parraine un jeune agent (Bone Collector), un passage dans un grand magasin (Souviens toi l’été dernier), un assassin bardé de pointes métalliques (Hellraiser), une scène dans un lycée (Buffy contre les vampires), un matériel d’investigation digne de la série Les experts et même le « Aide moi » de Tru Calling. Personne ne sut comment se passa la rencontre entre Ethan Thomas et le meurtrier mais selon ses dires, l’enquête atteint son paroxysme à ce moment là. L’agent crut devenir fou, plus tard il révéla qu’il entendait des cris d’enfants qui jouent en voyant un parc délabré ainsi que toutes sortes de sons distordant. Il ajouta qu’à plusieurs reprises, il eut des visions sur les lieux des crimes, comme si la scène se déroulait à nouveau sous ses yeux. Faut dire qu’il régnait une drôle d’ambiance dans la ville, les gens étaient flippés et l’on retrouvait un peu partout des oiseaux morts. Ethan avait pris l’habitude de les ramasser ainsi que des bouts de plaque métallique, il fouillait partout dans ses lieux d’investiture – une sorte d’obsession. Le plus étrange, c’est qu’on se sait pas ce qu’il advint du Match Maker et qu’on retrouva beaucoup trop de cadavres !… »

Laissons se clore cette intrusion au milieu d’une conversation privée pour conclure sur Condemned : Criminal Origins – premier survival horror next gen qui obtient indéniablement la palme du titre le plus sujet à crise cardiaque. Le passage au support Xbox 360 a déclenché un renouvellement du genre, non seulement technique mais aussi parce les créateurs y ont introduit une violence rarement vue auparavant et servie par un scénario complexe mais très bien ficelé. Les graphismes sont dignes d’une plateforme de future génération, agrémentés de caméras bien placées pour se mouvoir. On regrettera simplement de devoir un peu trop pousser sur le stick analogique droit pour faire avancer Ethan, la position parfois dégingandée des cadavres, une durée de vie moyenne (exception faîte si vous décidez d’obtenir tous les « exploits » - à noter que vous pourrez trouver des Xbox 360 dans le soft) et l’impossibilité de piocher à volonté dans son matériel, ce dernier se déclenchant automatiquement. Nous rappellerons que le soft est interdit aux moins de 18 ans – une mesure justifiée toutefois. Les amateurs de gore et d’ultra violence adoreront et les fans de films policiers s’accrocheront au suspens insoutenable qui survole tout le jeu. D’ailleurs, le soft s’offre le luxe d’être très probablement le titre le plus flippant jamais conçu sur console.

+

  • Un scénario très cinématographique et bien ficelé
  • Trois niveaux de difficulté (les 2 premiers étant assez aisés)
  • Du vrai survival horror : arrêt cardiaque garantit
  • Des lieux d’investigation originaux
  • Des dialogues qui contribuent pleinement au déroulement de l’enquête

-

    • Position des corps parfois étonnante et de petits bugs visuels
    • Un léger manque de fluidité dans la maniabilité
    • Impossibilité de choisir son matériel à n’importe quel moment
    • Une durée de vie moyenne à moins de trouver tous les « exploits »