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G.I. Joe: Operation Blackout

Action | Edité par GameMill Entertainment | Développé par IguanaBee & Fair Play Labs

2/5
One : 13 octobre 2020
20.10 à 18h51 par - Rédacteur en Chef

Test : G.I. Joe: Operation Blackout sur Xbox One

Cobra cale

Icone des petits enfants que nous fûmes il y a (bien) longtemps, G.I. Joe continue cependant de distribuer de la démocratie à tout-va, en particulier dans la face de l'organisation Cobra. Et pourtant, que diable vois-je ? Les gentils ont été pris par surprise sous le feu des méchants ! Aux armes soldat et courage, le chemin vers la justice que trace GI Joe: Operation Blackout est certes bien droit, mais pas de tout repos.

Développé par IguanaBee et Fair Play Labs pour Gamemill Entertainement, G.I. Joe: Operation Blackout se pose comme un shooter à la troisième personne prenant donc comme cadre l’univers de la célèbre organisation militaire qui orna bien des pieds de sapins de Noël dans les années 80-90. La licence G.I. Joe n’est pas seulement là pour faire joli et c’est sur ses personnages et son univers que se construit la campagne, gros morceau de G.I. Joe: Operation Blackout. Jouable seul ou à deux sur la même console (pas en ligne malheureusement), la campagne du jeu nous invite à suivre et à incarner tour à tour les principaux personnages des camps du bien et mal. L’histoire ne casse pas de briques côté originalité mais les fans absolus apprécieront certainement la place relativement importante laissée aux cut-scenes entre deux missions. Rien de bien délirant sur la forme – il s’agit de dessins inspirés par la BD et très légèrement animés – mais on est assez surpris par leur longueur. Cela dit, si vous êtes là pour tirer et pas franchement pour écouter les héros palabrer, il y a moyen de passer rapidement chaque cut-scene. Les voix sont en anglais, doublées dans la plus grande tradition du shooter AA nanardesque, et les textes en français.

GI joe test 1

Durant 16 chapitres s’étalant chacun une vingtaine de minutes en moyenne, votre mission si vous l’acceptez est simple et sans équivoque : plomber tout ce qui bouge. Il faut bien activer un panneau de contrôle de temps en temps ou détruire quelques petites installations mais pour l’essentiel on avance, on nettoie et on progresse vers la prochaine zone. Difficile de se perdre puisque G.I. Joe: Operation Blackout est un jeu dirigiste au possible, un TPS AA comme on en croisait des camions entiers lors de la précédente génération. C’est surprenant de retrouver ce genre de shooter aux airs pré-2010, mais au moins on sait ce que l’on a à faire et pour ce qui est de la prise en mains, l’ensemble est acceptable. On dit merci bien sûr à l’assistance à la visée (particulièrement réactive) qui permet de s’en sortir avec à peu près tous les types d’armement. On dispose d’ailleurs d’une sélection de pétoires assez large, avec des modèles plus ou moins puissant/rapides/capables de choper les ennemis de loin. Si l’un ou l’autre des personnages imposés en début de mission dispose de sa propre arme, on peut régulièrement en changer et adapter au mieux sa stratégie à la situation. A côté de cela, des grenades et de l’esquive, chaque personnage (il y en a une quinzaine en tout) dispose d’une capacité propre, activable en l’échange de quelques minutes d’attente entre chaque rechargement. Parlant de rechargement, le système pour les armes emprunte directement celui de Gears of War.

La difficulté est globalement bien dosée (quatre niveaux sont disponibles), avec un vrai mode normal. Quelques passages où il faut défendre une zone pendant un temps donné peuvent cependant se montrer un peu plus retords selon la configuration des lieux ; certains boss offrent eux aussi une certaine résistance, en bons sacs à PV qu’ils sont. On regrette d’ailleurs que les affrontements avec les principaux visages de la licence ne bénéficient pas de plus de soin. Le combat final est à ce titre aussi anecdotique que les autres. Si trois niveaux sur les seize nous placent aux commandes d’un tank pour autant de séances de tir aux pigeons, G.I. Joe: Operation Blackout est dans l’ensemble un TPS très (très) conventionnel, sans moment détestable mais sans aucun passage mémorable non plus. Avancer, tirer, avancer, tirer face à une IA qui n’est clairement pas la plus fûtée qui soit. Cela dit, elle s’en sort tout de même mieux que celle de notre allié. Pensé pour être joué de préférence en coopération à deux, GI Joe: Operation Blackout nous colle en solo un allié géré par l’IA. Il s’avère tout bonnement inutile, tirant un coup à côté de temps en temps et passant le reste à vous regarder sans bouger.

gi joe test 2

S’il n’est pas foncièrement désagréable à jouer, G.I. Joe: Operation Blackout ne parvient jamais à emporter le joueur avec lui, à provoquer véritablement du plaisir. Plat, froid et dirigiste, le jeu avance avec le frein à main tiré et paye surtout le prix d’une réalisation d’un autre temps. Même s’il était sorti il y a 7 ans, en même temps que la Xbox One, on l’aurait certainement trouvé daté. Du porte-avions à l’énième base secrète en passant par l’inévitable hangar, le défaut d’originalité des décors n’a d’égal que le manque flagrant de détails. C’est pauvre, baveux, disgracieux. Heureusement le framerate tient le choc mais à ce stade le contraire aurait mérité un procès. En bref, on ne prend pas un plaisir particulier à jouer à G.I. Joe: Operation Blackout, en dépit d’une bande-son correcte et surtout de collectibles nombreux et intéressants : informations sur les personnages, couvertures de bande-dessinées, vidéos… Il y a de quoi faire pour les collectionneurs, sachant que le jeu a en plus la bonne idée de s’accompagner d’un artbook dématérialisé plaisant à consulter. A noter enfin que G.I. Joe: Operation Blackout propose un multijoueur local jouable à quatre sur des modes classiques (deathmatch, capture de drapeaux, roi de la colline, capture de zones). Sympathique si l’on a les joueurs et les manettes sous la main, mais bien loin de justifier de l’acquisition du jeu.

2/5
S'il utilise plutôt honnêtement la licence qu'il met en avant en proposant une campagne d'une durée convenable, beaucoup de personnages jouables et des collectibles intéressants, G.I. Joe: Operation Blackout n'est à côté de ça rien de plus qu'un banal TPS tout droit sorti du milieu des années 2000. Pour sa structure dirigiste, son déroulement très plan-plan et surtout sa réalisation archi-datée. A moins d'aimer profondément G.I. Joe ou être en manque terrible de TPS AA des familles, mieux vaut peut-être se tourner vers d'autres horizons.

+

  • Licence GI Joe pas trop mal utilisée
  • Personnages et armement en bon nombre
  • Jouable en coop locale...

-

    • ... Mais pas en ligne
    • Réalisation d'un autre âge
    • Plat, dirigiste, sans éclat
    • IA des fonds marins

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