Jeux

The Good Life

Aventure | Développé par White Owls

5/10
One : 15 octobre 2021
24.10 à 13h44 par - Rédacteur en Chef

Test : The Good Life sur Xbox One

Chienne de vie

Les joueurs Xbox se souviennent surtout de Hidetaka Suehiro pour nous avoir concocté les étrangetés Deadly Premonotion et D4 (Dark Dreams Don't Die). Celui qui se fait appeler Swery65 est passé par la case Kickstarter pour mettre en route sa dernière production, The Good Life. Un financement participatif réussi, cumulé à une arrivée au sein du Xbox Game Pass, la nouvelle production du développeur nippon est parvenu à charmer son futur public. Mais est-ce que la charrue n'a pas été mise avant les bœufs finalement ?

Bienvenue à Rainy Woods. Petite bourgade (très) tranquille de l’Angleterre, considérée comme le village le plus heureux du monde par ses propres habitants. Criblée de dettes, la journaliste new-yorkaise Naomi Hayward est parachutée dans le countryside britannique par son employeur, avec le bon espoir de trouver le scoop qui lui remettra les comptes au vert. Car comme chacun sait, toutes les villes ont leur petits secrets, parfois bien gardés. Les fans de Simon Pegg y verront sans doute un hommage à la trilogie Blood & Ice Cream, et notamment à Hot Fuzz qui transformait déjà un petit village anglais tranquille en véritable lieu d’horreurs et de (mauvaises) surprises.

The Good Life (2)

Armée de son vieil appareil photo, telle Franck West à Willamette, Naomi s’apprête donc à passer quelques jours au milieu des prés et des quelques maisons en pierres dressée en rase campagne. Le joueur est propulsé dans un vrai monde ouvert avec la possibilité d’explorer l’intégralité de la carte (à quelques exceptions près) dès le début de l’aventure. Campagne oblige, les lieux à explorer sont assez pauvres en bâtiments et en population, pour un univers finalement pas très vivant et plutôt reposant. L’escapade au milieu des murets de pierres est assez agréable au départ, avant de rapidement s’apercevoir que ceux-ci sont là pour vous forcer à faire des détours et rallonger votre chemin.

Heureusement, la carte est parsemée de nombreux temples qui permettent de, moyennant une dizaine de livres sterling, se téléporter et ainsi ne pas perdre trop de temps pour finalement voir défiler toujours les mêmes paysages. Car les environnements ne sont clairement pas beaucoup diversifiés, et on sent que Swery65 a privilégié les balades fidèles, au détriment de son brin de folie habituel. Pour de l’original il faut plutôt aller chercher du côté du scénario, avec notamment une galerie de personnages un peu flippants, mais qui ne tombent jamais dans le cliché des ruraux. On regrette rapidement que le jeu soit sorti sans aucune traduction française, d’autant que les mises à jour Kickstarter parlaient bien d’une localisation à venir pour le marché français. D’autant  longs dialogues, à l’humour parfois subtil, ce qui devrait rapidement décourager les joueurs qui ne sont pas trop à l’aise avec la langue de Shakespeare.

The Good Life

Un défaut qui vient plomber un peu plus une aventure pas franchement passionnante. Si le début du jeu nous laisse espérer le contraire, on se retrouve assez vite à parcourir la campagne anglaise d’un point à l’autre pour faire avancer l’intrigue. L’aspect gestion est également très contraignant avec de nombreux éléments à prendre en compte pour le joueur, avec une barre de vie, une barre d’endurance, une barre de stress, une barre de satiété et quelques autres barres dont on ne comprend pas toujours l’utilité. Beaucoup d’éléments qu’il va falloir gérer en cuisinant ou en achetant de la nourriture, parmi un choix là aussi déroutant. Pas franchement bien décrits, on se retrouve vite à dépenser nos quelques livres sterling dans des plats qui ne remplissent pas la bonne stat. Et l’argent c’est un peu le nerf de la guerre dans The Good Life. Alors quand la quête principale vous demande d’un coup d’aller acheter un objectifs à plus de 3.000 livres, il faut s’armer de patience (et de sa pioche) pour aller farmer les diamants et les pépites d’or dans la carrière du coin. Une augmentation de la durée de vie très rébarbative.

Même les idées de gameplay originales parviennent à se prendre les pieds dans le tapis. A commencer par les photos à prendre, puis à uploader sur l’application Flamingo, une sorte d’Instagram des années 90. Le principe était sympathique sur le papier mais se révèle trop aléatoire malgré la présence de tendances qui sont censés vous orienter dans vos prises de vues. De plus, l’appareil photo se casse régulièrement ce qui demande, encore, de mettre la main à la poche. L’autre originalité se trouve dans la possibilité de se transformer en chat et en chien à tout moment. Le chat peut grimper sur certains murs et se faufiler dans des endroits exigus, tandis que le chien peut amadouer un mouton pour en faire un moyen de transport efficace bien qu’incontrôlable), pister des odeurs et marquer son territoire. Des possibilités peu exploitées et plus gadgets qu’autre chose.

On termine sur la technique du titre, avec quelques intérieurs très soignés à l’image du pub. Mais globalement les textures sont affreuses et les bugs sont bien présents. Pire, les animations sont très peu détaillées et nous renvoient trois générations de consoles en arrière, pour un résultat qui saute aux yeux dès les premiers instants. Le framerate n’est pas non plus exempt de tout reproche non plus. Les musiques sont tout à fait banales et les quelques expressions doublées en anglais deviennent rapidement insupportables car répétées toutes les trente secondes, avec un jeu d’acteur inexistant évidemment.

The Good Life (3)

5/10
The Good Life s'embourbe rapidement dans ses nombreux défauts, et les éclaircies sont bien trop rares pour réussir à embarquer définitivement le joueur dans cette aventure. On s'ennuie ferme la plupart du temps et les missions principales, souvent loufoques et inattendues, ne parviennent pas à maintenir l'intérêt bien longtemps. De plus, l'aspect technique daté et les animations peu soignées découragent un peu plus vite les joueurs qui tenteraient de s'accrocher à cette enquête qui sonne un peu trop creux.

+

  • Ambiance rurale sans trop de clichés
  • Galerie de personnages intéressante
  • Quelques idées originales

-

    • Très inégal techniquement
    • Animations complètement foirées
    • Gameplay ultra rigide
    • Des murets de pierre partout, tout le temps
    • Tout en anglais (ou japonais)
    • Les expressions insupportables et répétées de Naomi