Test : My Hero Academia: All's Justice sur Xbox
Deku rend coup pour coup (stash stash)
My Hero Academia: All’s Justice est le troisième jeu de l’ère Xbox qui tente de rendre… justice au formidable manga éponyme. Si l’on a pu trouver dans les deux précédents épisodes de quoi satisfaire partiellement notre envie de joueurs les héros aux côtés de Deku, Kachan, All Might et compagnie, force est de reconnaitre que c’est souvent faute de mieux. Pures produits du genre « jeu de combat en arène » un peu opportunistes, les deux My Hero One’s Justice de la Xbox One tiraient plus de Mineta que de Midoriya. My Hero Academia: All’s Justice a donc l’opportunité aujourd’hui de reprendre les bonnes choses qui ont contribué au succès relatif de ses aînés, tout en s’efforçant de mettre de côté leurs nombreuses erreurs.
Cette envie de faire mieux se ressent alors que l’on se lance dans le mode Histoire. Si l’on peut regretter que celui-ci se concentre exclusivement sur le grand affrontement final qui a mis un terme au manga (la saison 8 de l’anime en gros), on apprécie l’effort de mise en scène. Découpé en nombreux chapitres qui s’entremêlent le long d’une frise chronologique répartie entre une demi-douzaine de personnages clés (Deku, Bakugo, Todoroki, All Might, Ochaco, Endeavor et Shigaraki), ce mode Histoire mêle petites saynètes animées avec le moteur du jeu, images fixes issues de l’anime et parfois quelques jolies cinématiques.
Même si cela est souvent bref, on est néanmoins plusieurs crans au-dessus de ce qu’avaient proposé les My Hero One’s Justice et, d’une manière générale, c’est mieux raconté que dans l’essentiel des autres adaptations de mangas. Sans pouvoir prétendre titiller un Naruto Ninja Storm, décidément intouchable en dépit de son âge, on peut dire que My Hero Academia: All’s Justice a fait ici le plus avec le moins. Et c’est déjà pas mal.
Si le mode Histoire est intrinsèquement court (deux à trois heures au maximum), compte tenu du choix fait de ne couvrir qu’une part minime de l’aventure My Hero Academia, sa difficulté en dent de scie est là pour ajouter de longues minutes au compteur. Sans paramétrage de difficulté proposé, on doit donc composer avec une IA parfois passive, souvent omnisciente. Certains affrontements sont vraiment tendus, particulièrement frustrants, notamment dans le rush final. Une atrocité que l’on ne finit par passer qu’à force de recommencer pour profiter à chaque fois d’un boost d’attaque se cumulant au fil des échecs. Si l’on retrouve cette impression de déséquilibre dans les autres modes de jeu où la difficulté est fixée à l’avance, le mode Histoire se place dans le haut du panier. Notons qu’un patch 1.01, déployé depuis le 5 février, doit (a priori) équilibrer les affrontements du mode Histoire. Cependant, à l’heure où sont écrites ces lignes, soit plusieurs jours après cette annonce, l’écran titre du jeu sur Xbox Series X|S affiche toujours « version 1.00 » et la difficulté absurde est toujours au rendez-vous.
Quoi qu’il en soit, My Hero Academia: All’s Justice ne se limite évidemment pas à son seul mode Histoire et propose plusieurs façons de profiter du large casting réuni pour l’occasion. Variantes incluses pour certains personnages comme Deku, My Hero Academia: All’s Justice affiche un solide écran de sélection de 68 personnages. Quand bien même nous nous concentrerions sur les personnages uniques, on en dénombre une bonne cinquantaine. A l’image de leur représentation dans le manga, ils offrent pour la plupart une expérience de combat très diversifiée. On ne peut en revanche pas en dire autant des arènes de jeu disponibles en versus, au nombre de 9 seulement. On en fait vite le tour et on se demande pourquoi n’ont pas été recyclées pour l’occasion certaines arènes des deux précédents jeux. Les musiques jouent de leur côté une drôle de partition, avec de très bons thèmes en mode histoire et à l’inverse des compositions souvent oubliables dans les modes annexes. On apprécie en revanche les doublages anglais et japonais particulièrement (les textes sont quant à eux en français).
Faute d’avoir misé sur les arènes de combat, le développeur Byking a porté son attention sur les modes de jeu annexes à l’histoire principale. On retrouve ainsi une dizaine de combats « flashbacks » qui nous replacent dans certains grands moments des arcs précédents pour un combat bref mais plaisant. Le cadrage historique et la mise en scène sont minimalistes, mais c’est plutôt agréable d’affronter une nouvelle fois Stain ou bien de remettre une droite chargée à bloc dans la figure d’All for One avec All Might. Il y a aussi bien évidemment le mode versus en local ou en ligne ; notons toutefois qu’on ne peut organiser ici des combats qu’à 3 contre 3. Dommage de ne pas avoir laissé disponible l’option un-contre-un, comme dans les précédents jeux. On note d’ailleurs l’absence, très dommageable à notre humble avis, d’un bête mode Arcade. On a l’habitude avec les jeux de combat de passer par là pour s’acclimater de façon simple et rapide aux personnages joués comme à ceux affrontés. My Hero Academia: All’s Justice dispose cependant d’un didacticiel relativement clair.
Ce sont « Missions en Equipe » et son annexe « Journal de Héros » qui sont les vraies propositions principales de ce My Hero Academia: All’s Justice côté solo. Aux commandes de Deku puis avec d’autres personnages de la Seconde A à mesure qu’on les débloque, le mode « Missions en Equipe » nous propulse dans un (tout petit) monde ouvert, une ville virtuelle, où se mêlent missions principales et secondaires. Si vous avez joué à One Punch Man, vous retrouverez ici quelque chose d’assez similaire sur la forme. L’essentiel tourne évidemment autour de la baston, mais on peut aussi se retrouver à devoir compléter une course contre la montre ou bien aller chercher quelque chose pour quelqu’un.
Découpé en chapitres qui prennent place parfois dans différentes zones de la ville et qui s’inspirent vaguement de points clés de l’histoire de My Hero Academia, « Missions en Equipe » a un petit goût d’inachevé. L’idée est bonne, mais sa traduction est vite répétitive, sa progression peu engageante. Les missions annexes sont inintéressantes au possible et se répètent d’un chapitre à l’autre ; les combats prennent régulièrement la même forme, et pour ce qui est des courses à travers des checkpoints, les commandes sont trop peu précises pour rendre cela plaisant. Il est certes sympathique de léviter avec Ochaco ou d’utiliser le grapin de Deku pour se la jouer Spiderman, mais le manque de précision des commandes rend cette fonction au sein d’une épreuve chronométrée tout bonnement imbuvable.
De son côté le mode « Journal de Héros » propose de brefs passages tournés vers un personnage en particulier (il y a une bonne vingtaine de petites histoires comme ça), enchainant discussions et combats. À moins d’être fan absolu d’un personnage et de vouloir absolument le retrouver dans une situation inédite, ce mode n’a pour ainsi dire aucun intérêt. Mention spéciale à ce pauvre Ida qui nous offre la mission la plus pénible (pour ne pas dire débile) que l’on ait croisée dans un jeu vidéo ces derniers temps. Compléter un Journal de Héros permet cependant de débloquer parfois de nouveaux personnages utilisables dans « Missions en Équipes ». A noter que dans ce mode comme partout ailleurs dans le jeu, on compte des centaines d’éléments de personnalisation, que ce soient des personnages et de l’interface de jeu. Les possibilités sont nombreuses, on apprécie en ce sens la générosité de My Hero Academia: All’s Justice.
Le dernier né de la famille My Hero Academia souffre ainsi globalement de ces modes de jeu, lesquels illustrent tous de bonnes idées mal exploitées. C’est dommage parce qu’à côté de ça, All’s Justice est un bon petit jeu de combat pour le genre. Il profite comme on l’a dit d’un large roster, couplé à des commandes que l’on peut éventuellement configurer en mode automatique pour pouvoir enchainer un combo de coups et attaques d’alters (comprenez spéciales) avec un bon vieux Plus Ultra. À la différence de One’s Justice 2 chaque personnage ne dispose que d’une attaque Plus Ultra mais il peut cependant utiliser une ou deux autres fractions de la jauge si disponibles pour enchaîner avec les Plus Ultra des équipiers.
My Hero Academia: All’s Justice met également au cœur de la stratégie la jauge d’éveil (« Rising ») qui une fois enclenchée vient gonfler considérablement la puissance du personnage et modifie également ses alters. Si ce genre de jeu est un peu bordélique par nature et que My Hero Academia: All’s Justice n’y échappe pas (la caméra a parfois du mal avec les obstacles et les limites de l’arène), on prend pas mal de plaisir à jouer. C’est dynamique, les coups ont de la patate et surtout c’est particulièrement bien animé. Bien que tous les personnages ne bénéficient pas forcément du même traitement au moment de lancer un Plus Ultra, on assiste tout de même à de beaux combats. Ce sentiment est renforcé par des graphismes réussis dans l’ensemble et un framerate qui ne s’en sort pas trop mal, sauf en de rares occasions, lorsque se multiplient un peu trop rapidement les destructions de décor.
+
- Belle sélection de personnages
- Prise en main plaisante
- Plutôt réussi graphiquement et bien animé
- Beaucoup d’éléments de personnalisation à débloquer
- Mode Histoire plus soigné que par le passé…
-
- … Mais court !
- Et surtout plombé par une difficulté absurde à la fin
- Modes annexes avec de bonnes idées mal exploitées…
- … Qui font osciller l’expérience entre répétitivité et fan service foireux
- Seulement 9 arènes en versus

