Test : Kingdom Come: Deliverance II – Mysteria Ecclesiae sur Xbox Series X|S
L'Henri ne fait pas le moine
Kingdom Come: Deliverance II, c’est fini. Les développeurs l’ont annoncé il y a quelques semaines, le troisième DLC pour ce grand jeu d’aventures est bel et bien le dernier. Dieu seul sait désormais si l’on aura l’occasion de retourner un jour sous les traits d’Henri de Skalice pour une troisième épopée. Quoi qu’il en soit, il y a encore à faire aux abords de Kuttenberg avec le contenu additionnel « Mysteria Ecclesiae ». Accessible à partir de la moitié de l’aventure environ, ce DLC nous invite à franchir les portes du monastère de Sedlec. Enfin ! serait-on tenté de dire, après l’avoir vu au loin et approché timidement durant la quête principale, sans jamais pouvoir y pénétrer ? L’ironie, volontaire ou non, veut que l’on s’y rende pour finalement ne plus pouvoir en sortir avant la conclusion de cette quête secondaire qui se présente comme une grosse enquête.
Envoyé au monastère par Peter de Pisek pour servir d’escorte au médecin personnel du roi Venceslas, Albich d’Uniczow, notre bon Henri ne tarde pas à se retrouver dans de beaux draps. Une épidémie a éclaté dans l’enceinte du monastère de Sedlec, forçant le Père Jan à déclarer le confinement. Fidèle à son statut d’homme de la situation, Henri entreprend naturellement d’enquêter sur le mal qui rôde à Sedlec pour mieux en découvrir les intérêts véritables d’une poignée d’opportunistes.
Mysteria Ecclesiae se pose ainsi comme un huis-clos qui nous porte à la découverte en premier lieu de la belle et grande propriété ecclésiastique qu’est le monastère de Sedlec. On en enfermé, certes, mais la zone s’étend sur une belle surface mêlant église immense, quartiers des religieux, jardins et autres annexes réservées aux employés du monastère. Parfaitement cohérent avec le reste du jeu, le monastère de Sedlec est plaisant à découvrir. Il en va de même pour le scénario de ce DLC, nourri comme toujours par de nombreux dialogues, moult livres renforçant l’histoire ou octroyant des bonus de statistiques. On regrette toutefois la qualité alternante des doublages français, les éléments d’univers trop peu exploités (mais à quoi sert l’Ordre Teutonique ici ?) et surtout la grosseur de certaines ficelles. On prend assurément du plaisir à suivre et à conclure l’enquête, si possible avec la bonne fin, mais on sent que tout n’a pas été porté aussi haut que prévu. Ou du reste espéré.
Fidèle à son scénario, Mysteria Ecclesiae s’appuie principalement sur les compétences d’érudition, de furtivité, de crochetage et d’éloquence d’Henri pour encadrer la progression de l’histoire. L’alchimie aussi, mais rassurez-vous si ce n’est pas votre truc, le recours y est optionnel. Il n’y a donc naturellement pas beaucoup de combats à mener dans ce DLC. On entre d’ailleurs dans le monastère en étant complètement privé de ses armes et de ses armures (on garde tout le reste, donc pensez bien à arriver équipé en potions et autres crochets). Une part significative de la quête se passe avec Henri en mode ninja, contraint de glaner des informations ici et là en traversant des zones qui lui sont pour la plupart interdites. Se faire pincer plus d’une fois est synonyme d’exclusion du monastère et donc de Game Over. Les choses se simplifient toutefois sur la seconde moitié du DLC, avec l’essentiel des interdictions qui finissent par être levées.
Voilà qui pose la question de la difficulté de Mysteria Ecclesiae. Elle dépend beaucoup du niveau avec lequel le joueur pénètre dans l’enceinte du monastère. Si Henri est a priori déjà un fief aventurier à ce stade du jeu (dans le cas où on se lance dans le DLC aussitôt que disponible), il n’est toutefois pas blindé dans toutes les compétences, précédemment évoquées, qui sont indispensables à l’évolution vers la bonne fin du jeu. Les nombreux livres de compétence aident, cela dit, mais quelques passages peuvent éventuellement être ardus. Lorsqu’il est question de crochetage, par exemple. A l’inverse, attaquer Mysteria Ecclesiae après avoir poncé l’intégralité du jeu (c’est notre cas) fait d’Henri un Deus Ex que rien ne vient contrarier. Avec un niveau 30 en discrétion, en crochetage, en éloquence et une bonne maitrise de l’alchimie, on parcoure le DLC les yeux fermés. Même si l’on doit reconnaitre que la conception labyrinthique de certaines zones et la profusion de gardes ont pu rendre les premiers pas quelque peu trébuchants.
Mysteria Ecclesiae est satisfaisant dans l’ensemble, sans être l’éclatante conclusion additionnelle que l’on pouvait attendre d’un jeu tel que Kingdom Come: Deliverance II. Il faut dire aussi que ce DLC a choisi de s’appuyer presque exclusivement sur son scénario et le lieu qui va avec. On déniche quelques tenues et objets, pas mal de livres et une épée courte de bonne qualité, qui vaut surtout pour sa valeur historique ; les plus patients peuvent aller trouver un nouveau dé à ajouter à leur collection, ou encore une nouvelle potion à concocter sans trop de difficulté. Néanmoins, l’essentiel de ce DLC se vit comme une grosse quête qui occupe environ 6-7 heures, guère plus, à moins d’être du genre à vraiment trainer dans tous les coins. Notons enfin qu’une fois la mission accomplie, il est possible de retourner librement à l’intérieur du monastère. Pour les moins scrupuleux, c’est l’occasion de se remplir les poches de crucifix en or qui valent leur pesant de groschen.
+
- Zone de jeu réussie
- Ambiance monacale particulière, bien exploitée
- S’intègre bien au reste du jeu
- Beaucoup de nouveaux livres
- Histoire prenante et bien mise en scène…
-
- … Mais souvent très prévisible
- Trop facile passé un certain niveau
- Assez peu de récompenses
- Certains doublages en dessous de la moyenne


