Jeux

Marvel’s Guardians of the Galaxy

Action | Edité par Square Enix | Développé par Square Enix Montreal

8/10
One : 26 octobre 2021 Series X/S : 26 octobre 2021
12.11 à 16h03 par - Rédacteur en Chef

Test : Marvel's Guardians of the Galaxy sur Xbox One

Sorcellerie !

Un an après la sortie du jeu basé sur les aventures des Avengers, l'éditeur Square-Enix poursuit ses adaptations de l'univers Marvel avec Les Gardiens de la Galaxie. Après les britanniques de Crystal Dynamics, c'est au tour des Canadiens d'Eidos Montreal de prendre en charge ce projet d'envergure. Après le rassemblement de super-héros, c'est donc l'équipe atypique menée par Peter Quill qui entre en scène, pour un résultat qui étonne et qui détonne.

Baladeur K7 à la main, casque stéréo sur la tête, le jeune Peter Quill mène une vie d’ado paisible dans un coin reculé des Etats-Unis. C’est au son des classiques du rock américain des années 80 que démarre l’aventure proposée par Eidos Montreal démarre. Un flashback qui s’efface rapidement pour nous envoyer à bord du Milano, le vaisseau des Gardiens de la Galaxie. A la dèche, notre groupe d’anti-héros tente de s’organiser pour remplir son porte-monnaie cosmique, mais parvient à déclencher une catastrophe à la place, tout en creusant sa dette au passage. Autant le dire tout de suite, cette adaptation tire sur la fibre scénaristique, en mettant le gameplay au second plan, à l’image de la plupart des productions Sony de ces dernières années.

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C’est pratiquement un film interactif que nous proposent les équipes d’Eidos Montreal, à travers une quinzaine de chapitres et quasiment vingt heures de jeu. Le scénario est plutôt bien écrit, avec des personnages au caractère bien trempé qui font rapidement oublier les acteurs apparus dans les films de James Gunn. Le design choisi pour représenter Peter Quill est bien loin du personnage joué par Chris Pratt, mais on s’y fait très rapidement, d’autant que l’histoire de cette adaptation ne tisse aucun lien avec les deux films sortis en 2014 et 2017. Les personnages de Gamorra, Drax, Rocket et Groot sont également très soignés, aussi bien au niveau de leur design que de leur interprétation scénique.

On se plonge rapidement dans cette histoire inédite qui profite pleinement de l’univers imaginé en 1969, puis modernisé par Dan Abnett en 2008 avec l’équipe que l’on connait. Les développeurs ont même eu la bonne idée de faire un petit clin d’oeil à l’équipe d’origine en incorporant un personnage apparu à l’époque. De quoi satisfaire les amateurs de comics. Et pourtant, cette adaptation imaginée par Eidos Montreal trouve très rapidement un moyen d’exister comme une véritable nouvelle franchise, sans tomber dans le piège de la comparaison avec les œuvres existantes.

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Pour aider le joueur à entrer pleinement dans l’ambiance de cette production, les développeurs québécois ont eu la bonne idée d’incorporer quelques embranchements scénaristiques pour rendre le tout un peu plus interactif. Certains de vos choix auront de véritables incidences sur une poignée de scènes, ce qui incite même à faire un second run pour connaitre l’influence d’une décision différente, avec une conséquence qui arrive parfois plusieurs chapitres après avoir réaliser une action précise. Tout est donc fait pour nous tenir en haleine durant toute l’aventure, avec même quelques tentatives scénaristiques pour déstabiliser le joueur.

Et le scénario tient une place importante dans le jeu, véritable prétexte à nous faire visiter plusieurs lieux différents, à l’ambiance et aux décors toujours très soignés, et aux effets de lumière parfois somptueux. Même si on suit les aventures de l’équipe, le joueur ne contrôle que Peter Quill, avec toutefois la possibilité de donner des ordres aux autres membres de ce commando de choc. En acquérant des points de compétences, il est possible de débloquer de nouvelles capacités, que ce soit pour Peter ou pour ses partenaires. Celles-ci mettent un peu de temps à se recharger mais sont généralement assez efficaces, avec Rocket plutôt adeptes de la puissance de feu, Drax qui se sert de la force brute, Groot qui est capable d’immobiliser les ennemis et Gamora plutôt experte de la découpe.

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Les combats se goupillent bien, mais manquent toutefois de punch, surtout durant les premières heures. La faute à un système un peu trop classique qui prend peu de risques. Peter utilise ses Quad Blasters comme une paire de bons vieux flingues, et reste capable d’aller filer quelques baffes au corps-à-corps. Des actions très simples et peu variées pour un système qui gagne tout de même un peu en profondeur avec le temps. Les Quad Blasters acquierent des pouvoirs élémentaires capables de briser certains boucliers, et gagnent à être utilisés sur des ennemis qui disposent d’un point faible lié à un élément. Une fois l’équipe au maximum de son potentiel, les combats se font plus nombreux, ce qui entraine également une petite monotonie qui casse un peu le rythme pourtant impeccable jusque-là.

Entre une cinématique et un combat, notre équipe suit une ligne droite directrice avec quelques passages de plateforme très simples. Peter Quill utilise les fusées de ses bottes pour réaliser des double-sauts ou un dash. On regrette aussi l’utilisation abusive des phases où Star-Lord se retrouve à devoir glisser sur un plan incliné, tout en regrettant le peu de phases de shoot à bord du Milano. Il est également possible de demander à un camarade de nous aider, avec Drax qui peut soulever des blocs lourds ou Rocket qui est capable de se faufiler dans un endroit étroit. Globalement l’accent est mis sur l’esprit d’équipe, et les dialogues possèdent toujours une bonne touche d’humour pour apporter une grosse dose de sympathie à ce groupe atypique. L’ambiance est bonne, et couplée à une bande-son impeccable matinée de chansons rock des années 80. Le doublage intégral en français est d’excellente facture, même si la synchro labiale est aux fraises durant deux ou trois scènes.

8/10
Avec Les Gardiens de la Galaxie, les développeurs canadiens d'Eidos Montreal font le pari de proposer une aventure plus axée sur la narration que sur le gameplay. Et le résultat est très satisfaisant, grâce à un rythme maitrisé de bout en bout, un jeu d'acteur précis et un univers utilisé à la perfection. Les phases de combats auraient toutefois gagnées à avoir un peu plus de profondeur, d'autant que celles-ci se font plus nombreuses dans le dernier tiers du jeu. Malgré tout,

+

  • Direction artistique exceptionnelle
  • De vraies qualités d'écriture
  • Personnages hauts en couleurs
  • Excellente durée de vie
  • Beaucoup d'humour, jamais trop lourd
  • Bon jeu d'acteurs et doublage très satisfaisant
  • Plusieurs embranchements scénaristiques
  • Plus intéressant que les films de James Gunn

-

    • Gameplay très classique, sans folie
    • Coups spécieux pauvrement mis en scène
    • Des phases de glisse toutes les 10 minutes
    • Problèmes de framerate avec le Quick Resume
    • Un seul personnage jouable