Jeux

MotoGP 21

Course | Edité par Milestone | Développé par Milestone

3/5
One : 22 avril 2021 Series X/S : 22 avril 2021
27.04 à 18h49 par - Rédacteur en Chef

Test : MotoGP 21 sur Xbox One

Un peu d'eau dans les gaz

Quelques semaines après un passage à la nouvelle génération convaincant pour la branche Supercross, Milestone était attendu pour transformer l’essai avec sa licence phare : MotoGP. Fort d’une édition n°20 archi solide et alors porteuse de belles améliorations, le roi du deux roues sur consoles est accueilli avec confiance pour son MotoGP 21. Il est dès lors impensable que cette édition puisse faire moins bien que la précédente, surtout lorsqu’elle est appuyée par la puissance des Xbox Series.

MotoGP 20 nous a offert l’année dernière une prestation d’excellente facture. Sa performance fut d’autant plus belle que, pour lui comme pour le reste du jeu vidéo, la crise sanitaire n’avait en rien simplifié les ultimes efforts des développeurs pour sortir leur jeu à temps. On se souvient des qualités de MotoGP 20 en termes de gameplay et des ajouts intelligents qu’il portait ; la bonne nouvelle, c’est que cela est de retour avec MotoGP 21. En mieux sur certains aspects. Toujours porteur de l’intégralité de l’univers MotoGP (tracés, pilotes, écuries, motos, sponsors, etc), le jeu de Milestone nous invite donc à prendre le guidon de bécanes qui font monter d’un cran le plaisir du pilotage.

Que ce soit dans la catégorie reine, en Moto2 ou en Moto3, MotoGP 21 offre comme ses prédécesseurs une approche intelligemment calée entre arcade et simulation : c’est suffisamment exigeant pour ne pas permettre n’importe quoi, mais on vous offre néanmoins de quoi apprendre à maitriser la moto très progressivement. Les aides au pilotage sont d’ailleurs paramétrables avec une plus grande souplesse cette année, ce qui permet de trouver rapidement un assemblage adapté à nos capacités de pilote. Un tutoriel (facultatif) donne la possibilité de faire le tour de toutes les particularités du jeu et de tester, une après l’autre, chacune des aides disponibles.

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Milestone a fait encore du bon travail côté pilotage. La sensation de vitesse est au rendez-vous et la présence du tremblement de la caméra à haute vitesse renforce le sentiment de fendre l’air comme une balle. Ca fonctionne bien même en adoptant une caméra externe, tandis que l’on a encore une fois quelque chose de tout à fait jouable -avec une bonne dose d’entrainement- depuis la bulle ou vissé dans le casque du pilote. Si les motos donnent le sentiment d’être un peu plus lourdes à manœuvrer que dans MotoGP 20, ce n’est pas un mal.

On gagne ici en précision et aussi en feeling lorsque l’on s’attaque aux cylindrées les plus modestes : oui, il y a matière désormais à passer un assez bon moment au guidon des Moto3. Ce que l’on note surtout dans MotoGP 21 au regard de son prédécesseur, c’est que l’arrière de la moto ne chasse plus dans tous les sens au moindre coup d’accélérateur. Vous pouvez désormais vous lancer sur la piste sans avoir l’air de danser la samba, en gardant toutefois à l’esprit qu’une bonne dose de concentration et d’organisation sera nécessaire pour mener à bien votre week-end de course.

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S’organiser, prévoir, c’est un élément important dans le jeu de Milestone. MotoGP 21 reprend la formule gagnante de l’an passé nous invitant à prendre en compte non seulement l’usure des pneumatiques (en prenant soin de bien les choisir et de gérer leur disponibilité), mais également le niveau de carburant avant et pendant la course. Aussi vrai qu’il est possible de commander en pleine course le niveau d’anti-wheelie et le contrôle de traction, on a également la main sur la cartographie du moteur. Pour rappel, cela permet de modifier en temps réel la puissance délivrée par la moto et cela influence donc la quantité de carburant engloutie par la bécane. Impossible d’imaginer faire une course entière en utilisant seulement le plus haut des trois niveaux proposés, il faut jouer avec cette commande en fonction de notre position en course et de l’objectif que l’on s’est fixé.

Ces fonctionnalités sont facultatives mais on vous conseille à 100% de les intégrer rapidement car cela donne tout son sens à la gestion des courses. C’est d’autant plus vrai cette année que l’on dispose aussi d’un œil sur le choix des disques de freins. Il faut choisir la dimension de ceux-ci en fonction du type de circuit afin d’optimiser le contrôle de leur température. Un petit ajout très appréciable qui donne du corps à l’expérience, en plus des habituels réglages manuels ou automatiques en donnant quelques indications au staff dans les stands.

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Fort d’un passif solide et renforcé côté gameplay, MotoGP 21 est à n’en pas douter un très bon jeu manette en mains. L’immersion fonctionne d’ailleurs un peu plus cette année grâce à des petits ajouts comme la pénalité de tour long en cas d’abus ou encore la feature vous obligeant -si activée- à aller redresser vous-même votre moto après une chute. On ne voit alors plus les erreurs de la même façon ! Rassurez-vous toutefois, il y a toujours la bonne vieille méthode automatique ou le rewind pour faire comme si rien ne c’était passé. Mais alors me direz-vous, si tout ou presque est bon aux commandes de la moto, qu’est-ce qui peut bien clocher autour ?

MotoGP 21 est un bon jeu, mais il manque le coche à bien des égards. Par erreur, par manque de temps de développement peut-être aussi ; mais on a également l’impression que Milestone s’est reposé sur MotoGP 20 pour nous sortir quelque chose qui s’apparente parfois à un MotoGP 20.5. Sur la piste, c’est l’IA qui nous avait déjà bien fait suer l’année dernière qui continue de produire des prestations allant du correct au grand n’importe quoi. Toujours nommée « ANNA », l’intelligence artificielle sensée guider nos concurrents et les faire évoluer au gré des courses ne convainc pas encore. Il suffit de voir les mêmes pilotes se vautrer seuls dans le même virage à chaque tour pour comprendre qu’il y a des choses à revoir. MotoGP 21 offrant une difficulté largement paramétrable, il n’y a pas forcément matière à rager, mais force est de reconnaitre que le plaisir de jeu prend parfois un petit coup.

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L’IA mise de côté (on peut après tout jouer en ligne contre de véritables démons), ce qui gêne dans MotoGP 21 est l’absence d’évolution du côté des modes de jeu. Attention, c’est toujours copieux en Carrière et il y a de quoi faire avant d’en voir tous les contours, surtout si l’on débute par la Moto3 ; on regrette cependant que le système de jeu n’ait pas évolué d’un iota. Gérer le staff, faire de bons résultats pour employer des personnes plus performantes, gagner de la réputation pour signer dans une écurie prestigieuse : tout est de retour avec ses bons et ses mauvais aspects.

Le bon côté, c’est que cela occupe entre les courses et donne vraiment un intérêt à l’aspect managérial du jeu, même si on est dans quelque chose de léger. On peut encore et toujours profiter des phases d’essai pour accomplir des tâches (tour rapide, précis, avec certains pneus ou un objectif de classement, etc) et ainsi gagner des points de développement. Ces points servent ensuite à effectuer des recherches pour obtenir des plans de pièces puis les développer. En fonction du staff alloué à un secteur et de ses compétences dans un domaine, le travail ira plus ou moins vite. Il faut cependant composer, comme l’année dernière, avec des menus pas très pratiques, par vraiment expliqués et qui auraient gagné à être plus clairs. Une véritable écurie, mais pas forcément au sens où on l’attend.

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Il y a toujours cette austérité propre aux jeux Milestone et le plus fort c’est que MotoGP 21 parvient à l’être encore plus que nombre de ses prédécesseurs. Le jeu n’invite pas franchement à faire des folies et on s’en rend compte dès l’écran d’accueil. D’ailleurs en dehors d’un mode Carrière complet et d’une partie personnalisation bien fournie (pilote, moto, écurie… A modifier de haut en bas), le reste se contente du minimum. Ce sera un Grand-Prix, un contre-la-montre ou un championnat en solo ; côté multi on peut créer un salon ou en rejoindre un existant dans une ambiance on ne peut plus morne. Pas de multijoueur local, pas de défis, pas de mode alternatif : les pilotes et motos historiques sont d’ailleurs relégués à trois catégories utilisables pour des courses et ne disposent plus de leur mode dédié. En bref, MotoGP 21 est un jeu qui table sur son expérience sur la piste et aucunement sur son enrobage général.

On termine toutefois sur un aspect positif et important puisque nous avons l’occasion pour la première fois d’accueillir la franchise sur Xbox Series X|S. MotoGP 21 carbure fièrement à 60 images par seconde tout à fait stables et propose une résolution dynamique allant jusqu’au 4k. L’ensemble est très satisfaisant, propre notamment lorsque l’on regarde pilotes et motos et dans toutes les conditions météo. Il est dommage alors qu’il faille se passer encore une fois de conditions dynamiques. A noter côté multijoueur que les consoles de nouvelle génération permettent à plus de joueurs de participer à une course (le tout étant de les trouver). MotoGP 21 est donc un jeu qui valide techniquement son passage en première année de nouvelle génération, offre une bonne prestation sonore, et laisse entrevoir de belles choses pour la suite de la franchise sur Xbox Series X|S. Mais il faudra vraiment aller plus loin sur le fond pour vraiment s’imposer de la façon dont on l’attend.

3/5
Sans être une déception, MotoGP 21 n’est pas tout à fait le jeu que l’on espérait avoir cette année pour ouvrir le bal nouvelle génération sous la forme d’un feu d’artifice. Cette édition se repose grandement sur le travail de son prédécesseur, pour le meilleur et pour le paresseux. On dispose ici d’un jeu qui marque des points côté gameplay avec des petits ajouts intelligents couplés à d’excellentes sensations de pilotage. On peut difficilement trouver mieux fichu en deux-roues. Cependant, bien que son mode Carrière dispose d’une bonne dose de jeu à nous offrir, il reste sensiblement le même que l’an dernier. Lorsque, à côté de cela, le reste de l’offre sombre dans l’austérité et la légèreté, MotoGP 21 prend un petit goût amer. La prestation technique sur Xbox Series X permet à l’ensemble de garder la tête haute mais on avoue que l’on espérait un jeu autrement plus ambitieux. Si vous n’avez pas joué à MotoGP 20, vous pouvez vous lancer sur ce MotoGP 21 sans problème ; dans le cas contraire on le conseille essentiellement aux véritables acharnés en quête de changement aussi petit soit-il.

+

  • On prend vraiment un grand plaisir à piloter
  • Petits ajouts, changements notables manette en main
  • Tout le contenu officiel du MotoGP
  • Difficulté largement paramétrable
  • Beaucoup d’éléments de personnalisation
  • Techniquement satisfaisant sur Xbox Series X
  • Mode Carrière toujours complet…

-

    • … Mais trop semblable à celui de MotoGP 20
    • L’ensemble ne prend d’ailleurs que peu de risques
    • IA pas toujours au point
    • En dehors de la carrière, c’est léger et monotone
    • Toujours pas de météo dynamique