Jeux

Night Book

FMV | Edité par Wales Interactive | Développé par Good Gate Media

2/5
One : 27 juillet 2021
27.07 à 15h00 par - Rédacteur en Chef

Test : Night Book sur Xbox One

Pas toi Wales, pas après tout ce que tu as fait !

L’histoire d’amour qui lie l’éditeur Wales Interactive et le genre du FMV ne semble pas connaitre de limites. Déjà responsable de la cocréation et la distribution de nombreux jeux du genre, au point de devenir l’icône incontestée de la résurrection du FMV sur consoles, la maison galloise remet le couvert avec Night Book. Une histoire d’ile lointaine, de bouquin et de malédiction que nous allons vous présenter sans spoiler… Même si on a franchement du mal à vous conseiller de découvrir tout cela par vous-même.

Night Book c’est l’étrange histoire de Loralyn, une interprète vivant à Londres et officiant depuis son domicile. Au-delà de la simple faisabilité de son métier dans le relatif confort de sa maison, Loralyn exerce à distance pour prendre soin de son futur bébé mais également de son père, Alecis. Ce n’est pas simple, surtout quand le monsieur demeure cloitré dans sa chambre et semble agité. Très agité. Comment est-ce que l’on s’en rend compte ? Eh bien grâce aux différentes caméras que Pearce, mari de Loralyn, a placé un peu partout dans l’habitation. Depuis son PC, la jeune femme peut ainsi observer tout ce qu’il se passe dans son appartement. Pearce étant du genre très prudent (ou vicieux, au choix), il a même ajouté la webcam de Loralyn au système de surveillance. Cela nous permet, à nous autres joueurs, d’observer Loralyn alors qu’elle entame les deux heures les plus tendues de sa vie.

Sans dévoiler quoi que ce soit de trop important pour l’histoire, on peut au moins vous dire qu’il est question dans Night Book d’une malédiction venue d’une ile lointaine nommée « Le Pouce ». Ancienne possession française, l’ile fait l’objet d’un gigantesque projet hôtelier dont Pearce a la charge. Cette ile, Loralyn la connait également car son père Alecis y a travaillé ; ce lien lui a par ailleurs permis d’être capable de parler et de lire le « kannar », la langue locale. Tout cela étant dit, et en ajoutant à la mixture un livre étrange et quelques vieilles histoires de malédictions, on vous laisse imaginer le résultat possible. Bienvenue dans un enfer dont les possibilités de sortie, bonnes ou mauvaises, sont nombreuses.

night book test 1

Night Book compte quinze fins possibles. C’est beaucoup oui, mais on se rend toutefois compte que certaines sont assez semblables et se différencient parfois par de simples détails chronologiques. On retient surtout dans Night Book deux chemins principaux à partir desquels plusieurs issues sont possibles. La façon dont se déploie un embranchement ou l’autre est amené intelligemment, faisant intervenir des personnages liés par l’univers du jeu mais qui, selon la branche choisie, peuvent ne jamais interagir ensemble. Difficile d’expliciter cela sans spoiler (chose que nous ne ferons pas) et c’est en rejouant plusieurs fois l’aventure que l’on se rend compte des liens et des parallèles. Bonne nouvelle d’ailleurs si vous envisagez un maximum de tentatives pour débloquer toutes les fins, le jeu permet la plupart du temps de passer ce qui a déjà été vu (sauf si la scène connue s’inscrit dans une timeline encore non explorée).

Une première tentative pour terminer Night Book dure environ une grosse heure. On vous conseille d’y jouer au moins 4 ou 5 fois afin d’obtenir les principales conclusions, certaines prenant parfois une tournure à la fois glauque et amusante, si l’on peut dire les choses ainsi. La progression à travers les scènes se fait sans souci technique, les choix viennent toujours par deux (avec la possibilité dans les options d’activer la pause dans ces moments-là) et le jeu a le bon goût d’être traduit à l’écrit en français. Vous entendrez d’ailleurs beaucoup de français dans le jeu, la moitié des personnages impliqués dans l’intrigue étant issus de l’hexagone. Cela donne lieu à des scènes quelque peu surprenantes voyant Loralyn interpréter les propos de deux autres personnages, successivement en anglais et en français. On ne sait plus trop où donner de la tête.

Mais que pouvait-il bien se passer de mal, hein ?

C’est peut-être d’ailleurs bien ici que se situe le problème de Night Book : on se demande au fond ce qu’il veut nous raconter. Présenté comme un FMV à mi-chemin entre le thriller et le film d’épouvante, Night Book pèche sur les deux plans. C’est dû, en partie, au choix curieux de laisser apparaitre l’action filmée sur une petite fenêtre du PC de Loralyn et trop rarement en plein écran. Bien peu nombreux, les décors sont ainsi piètrement mis en valeur alors que le reste de l’écran est occupé par la page d’accueil d’un PC où rien n’a la moindre importance. Mais à la rigueur tout cela aurait pu passer si l’histoire était un tant soit peu prenante. Relativement courte, elle souffre pourtant de longueurs, de passages sans grand intérêt, de choix complètement inutiles jusqu’à nous embarquer à un moment précis dans une longue discussion totalement lunaire entre deux personnages secondaires. Un livestream de la Grande Librairie en temps de Covid avec des invités bourrés, en quelque sorte.

L'incarnation du mal

On peine trop rapidement à s’immerger, à s’intéresser au sort de tout ce beau monde. Loralyn, interprétée par la française Julie Dray dans ce qui semble être un cosplay de Charline Vanhoenacker (l’accent belge en moins), donne pourtant beaucoup de sa personne pour élever un tant soit peu le niveau. Mais ça ne suffit pas à sauver Night Book, certains acteurs faisant tout ce qu’ils peuvent pour plomber l’ambiance. On a coutume de dire que surjouer, c’est le propre du bon FMV ; l’ennui avec Night Book c’est que l’on a explosé ce plafond de verre pour voler dans les cieux de l’excès de sérieux. Ca ne fonctionne pas, c’est pataud et comble pour un jeu qui nous prévient de scènes qui peuvent éventuellement choquer le public, rien ne parvient à nous faire ressentir le quelconque poids qui pèse sur les épaules de Loralyn. Hormis une scène en particulier, la peur et la violence ne sont que suggérées, d’une manière qui ne fonctionne pas. Bref, Night Book est un FMV que l’on observe avec curiosité pendant une heure et pour lequel on ne retiendra pas grand-chose d’autre que ses quelques traits d’humour certainement involontaires.

Complément d’enquête : l’avis de Creasy Buscemi sur Night Book

Creasy Buscemi a lui aussi répondu à l’appel du FMV et nous propose son test en vidéo de Night Book. Son ressenti est-il meilleur ou moins bon que celui exprimé ici ? Réponse en vidéo !

2/5
Pour paraphraser le grand philosophe Dewey, on ne s’attendait pas forcément à une grande surprise de la part de Night Book, mais on est quand même déçu. Oui c’est vrai, la seule jaquette du jeu aurait dû nous inciter à la méfiance. Imaginé comme un FMV empli de mysticisme et de mystères, Night Book peine à insuffler quoi que ce soit à son univers, se perdant trop rapidement dans des scènes mollassonnes, des choix sans intérêts, jusqu’à des situations parfois ubuesques. Julie Dray a beau faire preuve d’implication pour donner de la vie à son pauvre personnage, elle n’est pas franchement bien épaulée par le reste du casting. En bref, à moins que vous n’ayez écumé tout ce qui existe d’autre en matière de FMV sur Xbox, on ne saurait honnêtement vous conseiller ce Night Book.

+

  • Sous-titré en français
  • Julie Dray se sauve
  • Deux embranchements intéressants sur la forme…

-

    • … Mais l’ensemble demeure globalement peu intéressant
    • Acteurs qui peinent à convaincre
    • Choix à l’intérêt très variable
    • L’histoire se perd parfois dans des discussions ubuesques
    • Mode de mise en scène qui dessert l’immersion
    • La peur est restée sur l’ile du Pouce

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